Maurice Boyau, plus tard renommé Joannès, né le 8 mai 1888 à Mustapha (aujourd’hui Sidi M'Hamed), en Algérie, et mort pour la France le 16 septembre 1918 à Mars-la-Tour (Meurthe-et-Moselle), est un as de l'aviation de la Première Guerre mondiale crédité de trente-cinq victoires aériennes homologuées, la plupart contre des ballons d'observation allemands Drachen.
Il est également international de rugby à XV avec six sélections, quatre en 1912 et deux en 1913 comme capitaine lors des deux derniers matches du dernier tournoi des Cinq Nations avant la déclaration de la Première Guerre mondiale.
Jean Paul Maurice Boyau naît le 8 mai 1888 à Mustapha (aujourd’hui Sidi M'Hamed), à l'époque en Algérie française ; il est le fils de Jean Boyau, entrepreneur de travaux publics landais originaire de Castets (Landes), et de Blanche Nouguier, originaire de Saint-Félix-de-Sorgues (Aveyron).
Maurice Boyau était le cousin de l'acteur de théâtre et de cinéma Pierre Laurel.
Passionné et doué pour tous les sports (1,81 m pour 75 kg), il pratique surtout le rugby à un haut niveau. Il joue au poste de troisième ligne aile ou troisième ligne centre d'abord à l'US Dax de 1907 à 1909 – dont le stade porte actuellement son nom depuis 2001 et où une statue fut érigée en son honneur en 1924 – puis au Stade bordelais pendant cinq ans jusqu'en 1914, avant de rejoindre pendant la guerre de 1914-1918 la région parisienne, avec un passage d'un an à Versailles suivi de deux saisons au Racing Club de France de 1916 à 1918. Il est aussi l'un des plus grands internationaux de l'époque (essentiellement alors aux côtés de Marcel Communeau et Fernand Forgues).
À la veille de la Première Guerre mondiale, son palmarès comprend :
en 1911 un titre de champion de France de rugby à XV avec le Stade bordelais qui remporte le 9 avril sa septième et dernière finale ;
6 sélections en équipe de France : 4 en 1912 et 2 en 1913 comme capitaine lors des deux derniers matches du dernier tournoi des Cinq Nations avant la déclaration de guerre.
Pendant les hostilités, à chaque fois qu'il en a le loisir, Boyau continue à pratiquer son sport favori d'abord au Rugby Club de Versailles lorsqu'il est pilote-instructeur à l'école d'aviation de Buc, puis, à partir de 1916, au Racing Club de France avec lequel il remporte notamment le 28 avril 1918 au Stade du Matin à Colombes la Coupe de l'Espérance.
L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), dont la commission du « football-rugby » est présidée par Charles Brennus, organise le 8 avril 1917 à la piste municipale de Vincennes un match de rugby entre une équipe de soldats français composée d'internationaux d'avant-guerre, engagés sur le front, et une équipe néo-zélandaise composée pareillement d'internationaux néo-zélandais qui combattent sur les champs de bataille de la Somme.
Avec la présence dans ses rangs des internationaux Dutour, Lacoste, Jauréguy, Hedembaigt, Forgues, Domercq, l'équipe française sélectionnée par l'USFSA et rassemblée la veille seulement est censée opposer aux rudes joueurs néo-zélandais pour le moins une solide défense et ne peut certainement pas prétendre à une victoire, car, dans son ensemble, elle ne présente pas la cohésion que l'on trouvera dans le camp des NZEF.
Ces craintes sont avérées puisque les néo-zélandais l'emportent aisément sur le score sans appel 40-0, Maurice Boyau qui commande l'équipe française occupant pour l'occasion le poste de demi d'ouverture.
À l'issue du match, le trophée Coupe de la Somme (en) offert par Le Journal est remis à l’équipe néo-zélandaise : trophée de circonstance, puisqu'il s'agit d'un bronze représentant un combattant français lançant une grenade, modelé par Georges Chauvel quelque temps plus tôt, lors d’un congé de convalescence obtenu à la suite d’une blessure reçue sur le front.
L'année suivante, le 12 février 1918 jour du mardi gras, Maurice Boyau est capitaine de l'équipe de l'armée française qui affronte au Parc des Princes l'équipe de l'Artillerie d'assaut anglaise des Tanks, formée de soldats mobilisés au front venant de diverses nations du Royaume-Uni et qui compte dans ses rangs cinq internationaux dont un colonel qui joue trois-quarts centre.
L'équipe française n'est pas, comme l'équipe de l'armée néo-zélandaise, une équipe de "l'armée française" mais bel et bien une équipe de France réunie par l'USFSA, ce qui explique la présence de Charles Brennus sur les photos. Ce dernier œuvre précisément pour affirmer la primauté de l'USFSA sur le rugby quand certains ministères souhaiteraient reprendre la main sur le sport français. Cela débouchera, à l'issue de la guerre, par la création de fédérations indépendantes, le 13 mai 1919 la Fédération française de rugby (FFR) et le 7 avril 1919 la Fédération française de football.
La liste des neuf matchs internationaux pour lesquels l'USFSA a décerné le titre d'« international de guerre » comprend 56 joueurs.
Le match du 12 février 1918 – qui ne compte pas comme match international de guerre – voit, après une partie des plus intéressantes et remarquablement bien jouée, la victoire de l'équipe française qui l'emporte 15-14 dans les dernières minutes grâce à un essai comme seul Géo André sait les marquer. Il constitue un excellent prologue à la rencontre avec les néo-zélandais programmée le 17 février 1918 au Parc des Princes ; à l'issue de la rencontre est communiquée la composition de l'équipe qui affrontera les NZEF et dont le capitanat est toujours confié à Maurice Boyau.
Boyau ne peut honorer sa sélection moins de huit jours plus tard. La France perd encore la rencontre, mais avec les honneurs – de deux points seulement ! – et grâce à une défense héroïque.