Maurice Bourgès-Maunoury, né le 19 août 1914 à Luisant (Eure-et-Loir) et mort le 10 février 1993 à Paris 8e, est un homme d'État français, compagnon de la Libération.
Maurice Bourgès-Maunoury est le fils de Georges Bourgès (1887-1974), ingénieur du génie maritime, président et administrateur de sociétés, et de Geneviève Maunoury (1892-1968).
Son grand-père maternel, Maurice Maunoury (1863-1925), fut ministre sous la Troisième République, et son arrière-grand-père, Pol Maunoury (1824-1899), fut député d'Eure-et-Loir.
Sa sœur, Simone Bourgès-Maunoury, née en 1925 et morte en 1993, psychologue et psychanalyste, chargée de cours aux facultés de lettres et sciences humaines de Paris, est l’auteur de l’ouvrage Approche génétique et psychanalytique de l’enfant (1975).
Élève de l'École polytechnique (X 1935) ;
licencié en droit et diplômé de l'École libre des sciences politiques.
Avant-guerre il est un des Jeunes-Turcs du Parti radical-socialiste, se situant donc dans l'aile gauche de ce parti.
Officier dans l'artillerie de 1935 à 1940, il s'engage dans la Résistance, où il participe à X-Libre et est ami de Jacques Delmas (surnommé Chaban dans la Résistance) et de Félix Gaillard. Blessé le 2 septembre 1944 dans le mitraillage de sa voiture passant par Broye, il reçoit du général de Gaulle la croix de compagnon de la Libération. Il devient en 1945 commissaire de la République à Bordeaux.
En 1956, ministre de l’Intérieur, il refuse de rendre compte devant le bureau du parti radical de la politique algérienne contestée du gouvernement. Il n’acceptera de répondre à l’invitation du bureau de ce parti que le 10 avril 1957, et pour refuser violemment de se justifier face aux critiques des jeunes militants portés par la réorganisation du Parti voulue par Pierre Mendès France. À cette époque, la majorité des députés radicaux favorables à la participation gouvernementale menacent de rejoindre les partis nouveaux créés par des exclus, Edgar Faure et le maire de Nantes André Morice.
En 1953, Shimon Peres est nommé directeur général du ministère de la Défense d'Israël. Dans cette fonction, il s'implique particulièrement dans l'achat d'armes pour le jeune État. Il se rend en France en 1954 et fait la rencontre d'Abel Thomas, directeur général du ministère de l'Intérieur, qui lui présente son ministre Maurice Bourgès-Maunoury. Ensemble, ils mettent en place une collaboration entre les services de renseignement dans la lutte contre l'ennemi commun égyptien, accusé par la France de soutenir les indépendantistes algériens. En 1956, Bourgès-Maunoury devient ministre de la Défense dans le gouvernement de Guy Mollet. Une étroite coopération franco-israélienne s'amorce. Les efforts de Peres sont efficaces et il réussit à acquérir, auprès de la France, le premier réacteur nucléaire de Dimona et, auprès de l'avionneur français Marcel Dassault, le Mystère IV, un avion de combat à réaction.
Il occupe les fonctions de président du Conseil des ministres :
du 13 juin 1957 au 6 novembre 1957 : voir gouvernement Bourgès-Maunourysuccédant à Guy Mollet (gouvernement Mollet), et étant à son tour remplacé, le 6 novembre 1957, par Félix Gaillard (gouvernement Gaillard). Dans cette fonction, il fait ratifier le traité de Rome instituant la Communauté économique européenne.
Il assure également diverses fonctions ministérielles :
secrétaire d'État au Budget du gouvernement Schuman I (du 26 novembre 1947 au 26 juillet 1948) ;
secrétaire d'État aux Forces armées du gouvernement Marie (du 26 juillet au 5 septembre 1948) ;
secrétaire d'État aux Forces armées du gouvernement Schuman II (du 5 au 11 septembre 1948) ;
ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Queuille II (du 2 juillet au 12 juillet 1950) ;
secrétaire d'État à la Présidence du Conseil du gouvernement Pleven I (du 12 juillet 1950 au 10 mars 1951) ;