Ce Jour-là

Maurice Allais

Économiste français

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Maurice Allais, né le 31 mai 1911 à Paris et mort le 9 octobre 2010 à Saint-Cloud, est un économiste et physicien français, lauréat du prix de la Banque de Suède en 1988.

Issu d'un milieu modeste, il sort major de l'École polytechnique et rejoint le Corps des mines. Sa vocation d'économiste naît d'un voyage d'études aux États-Unis pendant la Grande Dépression, où il est frappé par la misère et l'incompréhension des élites face aux événements. Ce besoin de comprendre l'amène à s'intéresser à l'économie comme autodidacte et à écrire À la recherche d'une discipline économique (1943).

Son objectif est alors d'établir une théorie générale qui soit en accord rigoureux avec les données de l'observation, et cet ouvrage sera à l'origine de tous ses travaux suivants. Avec ce critère fondamental de l'expérience, il remet en question les « vérités établies » si elles lui semblent incompatibles avec les données de l'observation, ce qui l'a amené à soutenir des propositions iconoclastes, qui ne seront pas toujours accueillies favorablement.

Jusqu'en 1960, il mène en parallèle des travaux en physique et en économie, et œuvre pour le rapprochement de sciences qu'il estime trop séparées : économie, sociologie, psychologie notamment. Ses travaux mettent au jour de nouveaux concepts en économie, parmi lesquels le paradoxe d'Allais, une théorie générale des surplus distribuables, une théorie des choix aléatoires, les principes de la règle d'or et une théorie de la dynamique monétaire, et en physique, l'effet Allais (qui ne fait pas l'objet d'un consensus de la communauté scientifique).

Titulaire de la chaire d'économie de l'École des mines de Paris pendant quarante ans, il enseigne aussi à l'université, à Genève ou aux États-Unis. Il est aussi directeur de recherche au CNRS pendant trente ans.

Maurice Allais reçoit en 1988 le prix de la Banque de Suède pour « ses contributions pionnières à la théorie des marchés et à l'utilisation efficiente des ressources », qui font notamment référence à ses travaux réalisés comme amateur.

Critique de la mondialisation, se disant à la fois libéral et social, il est favorable au libre-échange uniquement à l'intérieur de groupes d'États homogènes économiquement, et donc opposé à l'ouverture douanière entre pays à fortes disparités de développement.

La crise économique que connaît le monde depuis 2008 et les défis que pose la mondialisation, dont il s'était fait l'augure dans de nombreux ouvrages successifs, font connaître à ses analyses un regain d'intérêt aujourd'hui.

Né à Paris le 31 mai 1911 dans une famille modeste, il est rapidement orphelin de père : son père meurt en captivité en 1915. Il est dès lors élevé par sa mère, commerçante crémière, très attentive à ses études.

Élève brillant, il entre au lycée Lakanal à Sceaux en 1921. Il passe en 1928 la première partie du baccalauréat latin-sciences et en 1929 un double baccalauréat de mathématiques et de philosophie.

Après seulement une année de classe préparatoire mathématiques supérieures à Lakanal, il est admis à l'X en 1930. Cependant, insatisfait de son rang d'entrée, Maurice Allais décide de repasser le concours l'année suivante après l'avoir cette fois préparé au lycée Louis-le-Grand. Finalement, il est reçu 53e à l'École polytechnique (X1931) et il en sort major en 1933, ce qui lui permet de choisir un « grand corps ». Il opte pour le Corps des mines et il est élève de l'École des mines de Paris de 1934 à 1936.

Marqué par les récits de la crise de 1929, il entreprend un voyage d'étude aux États-Unis en 1933, où il est frappé par la misère présente partout dans les rues et par l'incompréhension des universitaires rencontrés, frappés de stupeur face à cet événement.

C'est alors que naît sa vocation d'économiste, du besoin de comprendre et d'apporter une explication, pour éviter la répétition de tels événements.

Il fait son service militaire dans une batterie d’artillerie à Fontainebleau. Il sera mobilisé comme lieutenant et dirigera au front quelques semaines cette unité d'artillerie dans le corps des chasseurs alpins à la frontière italienne, près de Briançon en 1939.

Après sa démobilisation en 1940, il reprend ses fonctions dans le service des mines à Nantes, où il s'intéresse alors en autodidacte à l'économie. Il achète et lit tous les ouvrages d'économie alors disponibles et écrit A la recherche d'une discipline économique en moins de trois ans (1943), dans le but de préparer l'après-guerre et de contribuer à « résoudre le problème de fondamental de toute économie : promouvoir une efficacité économique aussi grande que possible tout en assurant une répartition des revenus qui soit acceptable ».

Cet ouvrage est à l'origine de tous ses travaux ultérieurs, dont l'objectif sera d'établir une théorie générale en accord rigoureux avec les données de l'observation, avec la préoccupation dominante de la synthèse. Il est de ceux qui souhaitent apporter la rigueur mathématique des sciences dures à la science économique, mais il estimera à la fin de sa vie que les mathématiques « ont pris au fil du temps une place excessive ».

Avec ce critère fondamental de l'expérience, il remet en question les « vérités établies » si elles lui semblent incompatibles avec les données de l'observation, ce qui l'a amené à soutenir des propositions iconoclastes, contrevenant souvent au consensus de l'époque, qui ne seront donc pas toujours accueillies favorablement.

Jusqu'en 1960, il mène en parallèle des travaux en physique et en économie, et œuvre pour le rapprochement de sciences qu'il estime trop séparées : économie, sociologie, psychologie notamment. Ceux-ci mettent au jour de nouveaux concepts parmi lesquels le paradoxe d'Allais, une théorie générale des surplus distribuables, une théorie des choix aléatoires, les principes de la règle d'or et une théorie de la dynamique monétaire, et en physique, l'effet Allais.

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