Ce Jour-là

Massacre de Hama

Massacres de milliers de civils et répression d'un soulèvement islamiste en février 1982 à Hama, en Syrie

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Le massacre de Hama résulte de la répression, par le pouvoir syrien d'Hafez el-Assad, de la rébellion organisée par les Frères musulmans dans la ville de Hama le 2 février 1982. Le massacre prend notamment la forme de bombardements et multiples exactions commises par le régime dans la ville, alors coupée du monde pendant plusieurs semaines, afin de terroriser la population, tuant plusieurs dizaines de milliers d'habitants.

Les Frères musulmans s'établissent en Syrie probablement à Alep en 1935. Une partie de ses membres participe aux violentes émeutes dirigées contre le Parti Baas en 1964 au sein de la ville de Hama.[réf. souhaitée]

Dans les années 1970, Hafez el-Assad conforte son pouvoir en donnant carte blanche aux religieux tout en verrouillant les activités et en écartant les démocrates.

Les Frères musulmans gagnent alors en puissance et en légitimité au point d’apparaître, lors de nouvelles émeutes en 1973 contre le président Hafez, comme la seule formation politique capable de s'opposer à l'hégémonie du Parti Baas. Parallèlement, les Frères commencent à s'infiltrer au sein de l'armée et de la police.[réf. souhaitée]

Les Frères musulmans, qui comptent près de 10 000 militants en 1979, commencent à commettre des attentats contre l'État. Le 16 juin 1979, des officiers sympathisants des Frères ouvrent le feu au sein de l’École d’artillerie d’Alep, tuant entre 32 et 83 cadets principalement alaouites. Cette tuerie provoque un émoi sans précédent au sein de la population et de l’élite alaouite.[réf. souhaitée]

De nombreux autres attentats sont commis la même année contre les installations de l'État syrien et de nouvelles émeutes éclatent dans le pays, notamment à Alep et Hama, contre le Parti Baas. Le pouvoir réagit alors par la répression et fait exécuter plusieurs centaines de sympathisants des Frères musulmans.[réf. souhaitée]

Le 26 juin 1980, alors qu’il reçoit le Président du Mali en visite officielle, le président Hafez al-Assad échappe à un attentat provoqué par un membre de la garde présidentielle. Le massacre de la prison de Palmyre, orchestré par son frère, Rifaat el-Assad, a lieu le lendemain en représailles de la tentative d'assassinat.

Le 7 juillet de la même année, le Parlement adopte la loi no 49 punissant de mort toute personne appartenant ou sympathisant avec l’organisation des Frères musulmans (« est considéré comme criminel et sera puni de la peine capitale quiconque est affilié à l'organisation de la communauté des Frères musulmans »).

En parallèle, la crise économique que connait le pays accroît le mécontentement de la population et par conséquent la force et la popularité des Frères[réf. nécessaire]. De nouvelles manifestations éclatent au nord du pays et un attentat, le 29 novembre 1981, fait 175 morts à Damas.[réf. souhaitée]

Le président Hafez el-Assad lance fin 1981 une importante purge des éléments fréristes de l'appareil de sécurité de l'État, notamment l'armée. 400 officiers sont démis de leurs fonctions et 300 membres du Parti Baas sont exécutés.

Ainsi purgé, le régime syrien se prépare à affronter et à défaire définitivement le mouvement des Frères musulmans.

Acculés par la répression du régime, les Frères musulmans tentent de soulever la population de la ville de Hama, ville majoritairement sunnite, contre le président Hafez el-Assad.

Dans la nuit du 2 au 3 février 1982, un commando des Frères musulmans, composé de 200 hommes armés investit la ville de Hama afin de la libérer de la présence du régime syrien et assassine ainsi 70 personnes.[réf. souhaitée]

À l'aube, l’état-major de l'organisation islamique déclare dans un communiqué que Hama est considérée comme « ville libérée » et exhorte la population à se soulever contre les « infidèles ».[réf. souhaitée]

À l’annonce de ce communiqué, le régime ne recule plus. Le président Hafez al-Assad décrète l'état de siège et mobilise l'armée, en premier lieu les forces spéciales et la 47e brigade blindée, afin de reprendre le contrôle de la ville.[réf. souhaitée]

12 000 soldats se déploient autour de la ville. L’armée coupe l'ensemble des communications entre Hama et le reste du pays, puis procède à d'importants bombardements d'artillerie et d'aviation sur la ville. Une partie importante de la ville — comptant de nombreux joyaux architecturaux — est alors détruite dans les combats, dont le tiers du centre historique.

Les habitants arrêtés sont regroupés au stade municipal et dans des écoles où ils sont torturés puis abattus. Selon la spécialiste américaine Robin Wright, 1 500 habitants de Hama ont été rassemblés au stade avant d'y être fusillés. Au moins 5 000 femmes subissent le même sort, après avoir été violées.

Rifaat el-Assad nie toute implication dans le massacre de Hama, mais ses troupes d'élite, les Brigades de Défense, sous sa direction, mènent la bataille et sont responsables de nombre des massacres de civils de ce qui apparaît comme un « châtiment collectif de plusieurs semaines », et les Syriens le surnomment le « Boucher de Hama ».

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