Ce Jour-là

Mary Marquet

Actrice française

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Mary Marquet est une actrice française, née le 14 avril 1895 à Saint-Pétersbourg et morte le 29 août 1979 à Paris.

Sa carrière, étalée sur plus de soixante ans, débute dans les années 1910 et se termine peu avant sa mort dans les années 1970. Elle est sociétaire de la Comédie-Française pendant dix-sept ans, de 1928 à 1945. À partir des années 1960, elle est présente au cinéma et à la télévision

Micheline Marie Marguerite Delphine Marquet, dite Mary Marquet, compte dans sa famille de nombreux artistes et comédiens. Elle est la fille du comédien Anatole Marquet, lui-même fils de la comédienne et pensionnaire de la Comédie-Française Delphine Marquet, et de Louise Loisel, actrice de théâtre et de cinéma. Une de ses tantes est danseuse étoile. Elle naît le 14 avril 1895 à Saint-Pétersbourg, lors d'une tournée de ses parents.

En 1913, elle entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique et suit les cours de Paul Mounet. Elle y remporte un second prix de tragédie en 1914, mais elle échoue à l'examen de sortie. Cependant, elle est aussitôt engagée dans la troupe de Sarah Bernhardt, cette dernière étant une grande amie de sa famille. Elle joue à ses côtés dans La Cathédrale d'Eugène Morand. Son physique — elle mesure près d'1,80 m — la prédispose aux rôles tragiques et romantiques. Elle interprète avec succès le duc de Reichstadt dans L'Aiglon d'Edmond Rostandet commence avec lui une liaison de trois ans jusqu'à sa mort en 1918.

Elle mène en parallèle, dès 1914, une carrière au cinéma muet puis parlant.

En 1920, elle épouse Maurice Escande, futur administrateur de la Comédie-Française, pour en divorcer neuf mois plus tard, « le temps de ne pas faire d'enfant » comme le précise, sous forme de boutade, l'intéressé.

En 1921, elle est au Théâtre Antoine, engagée par Firmin Gémier, avec lequel elle monte plusieurs pièces. Il devient son amant et de leur liaison nait, en 1922, un fils, François, dont Gémier suit l'éducation.

En 1923, elle entre finalement à la Comédie-Française et en devient sociétaire en 1928. Elle y interprète pendant 17 ans les grands rôles du répertoire : Marion Delorme, Phèdre, Andromaque, Bérénice, Roxane, Lucrèce Borgia ... Elle joue également dans les pièces plus contemporaines de d'Annunzio, Geraldy ou Jean Sarment…

Elle rencontre, en 1927, le président du Conseil, André Tardieu, dont elle devient la maîtresse quasiment officielle.

En 1928, l'année de son nouveau statut de sociétaire de la Comédie-Française, elle associe son nom à celui de la maison Offenthal pour la sortie de leur rouge à lèvres et clame : « le rouge à lèvres Offenthal embellit le baiser ».

Elle joue, en 1932, dans Sapho, d'après la pièce d'Alphonse Daudet et Adolphe Belot dans laquelle elle jouait déjà le rôle de Fanny Legrand. En 1934, le film parlant permet au grand public d'apprécier la qualité de sa voix et de sa diction.

Elle épouse, en 1933, l'acteur Victor Francen qui légitime son fils François, mais le mariage ne dure pas. Quelques années plus tard, il la quitte le jour où elle interprète Athalie. L'interprétation de cette pièce lui vaut d'obtenir la Légion d'honneur en 1939.

Durant l'Occupation, elle reste à Paris. Poétesse, elle crée, en 1940, des récitals poétiques qu'elle poursuivra tout au long de sa carrière et qui lui valent le qualificatif de « Prêtresse de la Poésie » ainsi que le Prix du Brigadier en 1976. Elle est souvent citée parmi les sympathisants de l'occupation allemande. La mort de son fils, arrêté en 1943, déporté à Buchenwald, où il succombe trois mois plus tard d'une septicémie, la marquera profondément.

À la Libération, elle est arrêtée, soupçonnée de collaboration à cause de ses chroniques dans le quotidien pro-nazis Aujourd'hui, elle aurait aussi tenté d'intervenir pour faire libérer son fils. On la soupçonne également d'avoir une responsabilité dans l'arrestation et la mort de son fils. Retenue au Vel'd'Hiv', envoyée à Drancy, puis à Fresnes, elle est finalement relâchée faute de charges suffisantes. Elle relate cet épisode marquant de sa vie dans son livre Cellule 209 publié en 1949.

En 1945, elle est interdite de retour à la Comédie Française, tout en continuant une carrière théâtrale sur les boulevards, excellant dans les rôles comiques aussi bien que dans des œuvres plus denses (la Mère courage de Bertolt Brecht, La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt - enregistrée pour la télévision en 1971, Le Coup de Trafalgar de Roger Vitrac, etc.). En 1954, elle monte, à Orange, L'Arlésienne d'Alphonse Daudet dans laquelle elle interprète le rôle de Rose Mamaï.

Elle tourne également pour l'ORTF, des adaptations de pièces de boulevard, quelques Maigret, dans Les Cinq Dernières Minutes, Les Saintes Chéries ou encore dans l'adaptation télévisée du roman de Stendhal, Lucien Leuwen.

Sa carrière cinématographique est également bien remplie. Parmi ses films les plus réussis, on peut retenir son rôle de Madame de Maintenon dans Si Versailles m'était conté…, en 1954, de Sacha Guitry et celui de Marie-Angélique Guillain dans Landru, en 1962, de Claude Chabrol. Elle campe une truculente mère supérieure dans La Grande Vadrouille en 1966 de Gérard Oury. On la trouve dans La vie de château (1966) en mère de Philippe Noiret et belle-mère de Catherine Deneuve, dans Le Malin Plaisir (1975) en compagnie de Claude Jade et Anny Duperey et dans Le Casanova de Fellini en 1975.

Elle écrit plusieurs livres de souvenirs : Ce que j'ose dire (1974), Ce que je n'ai pas dit (1975), Tout n'est peut-être pas dit... (1977) et Vous qui m'aimiez, vous que j'aimais (1979).

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