Martin Schongauer , né vers 1440/1445 à Colmar et mort en 1491 à Vieux-Brisach, est un peintre et graveur alsacien de la fin du Moyen Âge. Graveur germanique le plus célèbre avant Dürer, il est l'un des premiers artistes à acquérir une reconnaissance à l'échelle européenne.
Il est le fils de Caspar Schongauer, un orfèvre originaire d'Augsbourg ayant acquis le droit de bourgeoisie à Colmar en 1445.
En 1465, Martin Schongauer est inscrit à l'université de Leipzig avant de suivre une formation itinérante dont on sait peu de choses.
Après un possible passage à Nuremberg dans l'atelier d'Hans Pleydenwurff, il se serait rendu dans les Pays-Bas méridionaux où il aurait été en contact direct avec l'art des peintres de cette région (Hans Memling, Dirk Bouts, Rogier van der Weyden). L'hypothèse selon laquelle Schongauer aurait séjourné à Beaune, en Bourgogne, et y aurait copié à la plume le Christ du Jugement dernier de Rogier van der Weyden est désormais écartée par les historiens de l'art. En effet, le dessin semble avoir été exécuté d'après une source secondaire, et non directement d'après le retable. De la même manière, l'hypothèse d'un séjour en Espagne est aujourd'hui complètement écartée.
Bien qu'il fût peut-être l'élève d'un peintre alsacien (peut-être Caspar Isenmann), Martin Schongauer rapporte de ses voyages une connaissance approfondie de l'art flamand du XVe siècle qu'il intègre avec beaucoup de finesse à un style pictural joignant l’expressionnisme et l'idéalisme du gothique international au naturalisme de la Renaissance nordique.
De retour à Colmar vers 1470, Schongauer y exécute La Vierge au buisson de roses (1473) et fait l'acquisition de la maison dite « Au Cygne » (1477).
Le peintre Hans Burgkmair aurait été son élève entre 1488 et 1490. Et le monogrammiste AG travailla lui-aussi certainement dans l'atelier du maître. Cependant aucune documentation concernant l'atelier de peinture et de gravure de Schongauer n'est connue actuellement.
Albrecht Dürer l'Ancien envisage de placer son fils, Albrecht Dürer en apprentissage à Colmar, mais pour des raisons inconnues le projet reste sans suite. Grand admirateur de Martin Schongauer, Albrecht Dürer s'inspirera durant toute sa carrière de l’œuvre de son prédécesseur.
Les œuvres les plus célèbres de Schongauer sont les retables de Jean d'Orlier (musée Unterlinden, Colmar) et de La Vierge au buisson de roses (église des Dominicains, Colmar). Ce dernier tableau est considéré par beaucoup comme un chef-d'œuvre de la peinture allemande en raison de son caractère harmonieux, délicat et équilibré, et de la finesse de sa composition (dont la perception cependant est aujourd’hui faussée par le fait que le tableau, à l'origine rectangulaire et de dimensions colossales, a été par la suite découpé des quatre côtés) et de son coloris. Les musées de Berlin, de Vienne (Autriche) et de Munich possèdent quant à eux de petits tableaux, représentant eux aussi des motifs religieux.
La cathédrale de Vieux-Brisach (ville dont le peintre acquit le droit de bourgeoisie en 1489) est ornée de ses fresques représentant le Jugement dernier, sa dernière œuvre, inachevée et très dégradée, mais qui n'en est pas moins impressionnante par ses grandes dimensions (v.1489-1491).
Martin Schongauer a été surnommé « le beau Martin » (Hübsch Martin - orthographes alternatives Hüpsch ou Hipsch, litt. « beau Martin »), en raison de la grâce et du fini de son travail, mais plus probablement encore en raison du raccourcissement de son patronyme en Martin Schön (schön = beau).
Seules huit œuvres peintes sur panneaux sont attribuées à Martin Schongauer, quatre retables monumentaux et quatre petits panneaux de dévotion privée. À celles-ci s'ajoutent les fresques du Jugement dernier de la cathédrale Saint-Étienne à Vieux-Brisach. Aucune de ses peintures n'est signée.
vers 1470 : le retable de saint Barthélemy et de sainte Madeleine (musée Unterlinden, Colmar, huile sur tilleul)
1473 : La Vierge au buisson de roses, 1473, huile et tempera sur bois de résineux, 200 x 115.5 cm, église des Dominicains, Colmar ;
1475-1480 : La Sainte Famille, huile sur bois, 26,5 × 17 cm, Alte Pinakothek, Munich ;
vers 1480 : le retable des Dominicains (musée Unterlinden, Colmar, huile sur sapin), triptyque présentant la Passion du Christ (seize panneaux en intérieur) et les Sept Joies de la Vierge (huit peintures extérieures) ;
vers 1475 : L'Adoration des bergers, huile sur bois, 38,6 × 27,9 cm, Gemäldegalerie, Berlin ;
vers 1470-1475 : Retable de la Vierge (Retable d'Orlier) (musée Unterlinden, Colmar, huile sur sapin) qui provenait de la commanderie des Antonins d'Issenheim ;