Martin Michel Charles Gaudin, duc de Gaëte, né le 16 janvier 1756 à Saint-Denis près de Paris et mort le 5 novembre 1841 au château de Gennevilliers, est un homme politique français qui commença sa carrière politique sous la Révolution avant d'être le ministre des Finances du Consulat et de l'Empire entre 1799 et 1814.
Martin Gaudin était le fils de Charles Gaudin, avocat au Parlement de Paris et de Louise-Suzanne Ragot, son épouse, fille d'un subdélégué aux finances. Avant la Révolution, il fut directeur dans l'administration générale des contributions.
En 1773, après ses études au collège Louis-le-Grand, Gaudin entra au cabinet de d'Ailly, un ami de sa famille, premier commis d'Henri d'Ormesson, l’intendant des finances placé par Necker, directeur général du Département des impositions. En 1777, D'Ailly confia au jeune Gaudin une division en chef. Gaudin écrit dans ses Mémoires : « Ce fut là le commencement de ma fortune politique. La Révolution a fait le reste ... ».
En 1789, Gaudin devint membre influent du comité des finances de la Constituante.
En 1791, Louis XVI, sur proposition du ministre Tarbé, le nomma commissaire de la trésorerie nationale, responsable de la Recette lors de sa création, et il y remplit sa tâche avec beaucoup de talent et de courage, dans une période particulièrement difficile.
Gaudin fut l'homme qui fit la jonction entre l'ancien système de collecte des impôts directs avec 24 recettes générales et le nouveau système avec 544 receveurs de district élus. Pierre Joseph Cambon était le nouveau ministre des Finances dans ces temps troublés, où ces postes étaient à risques.
À partir de cette époque, il fut en butte à de continuelles dénonciations, auxquelles il échappa par sa stricte probité et son entente des affaires. Le 10 août 1792, il fut accusé d'avoir avancé au roi sa liste civile.
Cambon et Saint-Just le défendirent toujours et l'écoutèrent parfois, notamment lorsqu'il n'hésita pas à s'opposer au paiement de traites frauduleuses émises par le général Dumouriez, alors tout-puissant. Avec l'aide de Cambon, s'opposant à Robespierre, il parvint à sauver la vie des 48 receveurs généraux des Finances, que la Convention voulait conduire à l'échafaud, dans la même charrette que celle des fermiers généraux.
Néanmoins la situation n'était pas tenable : l'hôtel de la Trésorerie est constamment envahi par la foule, et Gaudin dut plus d'une fois avoir recours à la ruse pour se débarrasser de ses visiteurs. Un décret ayant accordé une paie journalière aux femmes des citoyens qui combattaient pour la patrie, une bande de femmes envahit ses bureaux. Il reçut les plus exaltées, leur dit qu'il était prêt à les payer, mais que, les choses devant être faites régulièrement, elles devaient au préalable lui montrer leur certificat de mariage. Bien peu d'entre elles pouvant sans doute produire cette pièce, elles partirent sans rien réclamer.
Maintes fois dénoncé, il réussit miraculeusement à conserver son poste jusqu'en l'an III (1795), date à laquelle il démissionna « ... au milieu d'inquiétudes de tous genres, excédé de fatigue ... » et se retira à Vic-sur-Aisne, près de Soissons, où il resta trois ans en retraite. Il avait 39 ans et déjà 20 ans de carrière.
En l'an IV (1798), un courrier du président du Directoire le rappela pour remplacer Dominique-Vincent Ramel-Nogaret au ministère des Finances. Il refusa, puis accepta, en floréal de la même année, d'être commissaire général de l'Administration des postes, fonction importante malgré tout, en raison du « cabinet noir ». C'était l'ancienne place « d'intendant général des postes aux lettres et aux chevaux ».
Il décline à nouveau le portefeuille des Finances lorsque Sieyès lui en renouvelle la proposition au début de l'été 1799.
Sous le Consulat et le Premier Empire
Bonaparte le nomme ministre des Finances au lendemain du coup d'État du 18 Brumaire.
Gaudin raconte ainsi leur rencontre :
« Il donnait, lorsque j’entrai, des ordres au commandant de la Garde. Il vint à moi de l’air le plus gracieux :
- Vous avez longtemps travaillé dans les finances ?
- Nous avons grand besoin de votre secours et j’y compte. Allons, prêtez serment, nous sommes pressés... »