Ce Jour-là

Martial de Limoges

Saint catholique

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Martial de Limoges ou saint Martial (IIIe siècle), également appelé l’apôtre des Gaules ou l’apôtre d'Aquitaine, est selon la tradition le premier évêque de Limoges, originaire d'Orient.

Fondateur de l'Église d'Aquitaine, fêté le 30 juin, il est le saint patron éponyme de multiples villes, villages et lieux de cultes catholiques, dont le plus renommé est l'abbaye Saint-Martial de Limoges. Son culte reste aussi très populaire en Limousin.

Si les traditions et les légendes le concernant convergent sur de nombreux points, la chronologie a donné lieu à deux versions nettement différentes. Selon la plus ancienne (vers 573-594) trace écrite directement conservée, Martial ferait partie des sept missionnaires qui, au temps de la persécution de Dèce autour de 250, auraient été envoyés évangéliser la Gaule par « les évêques de Rome ».

Mais, d'avant 586 au IXe siècle, plusieurs autres écrits d'origines diverses font remonter Martial au ier siècle, envoyé en Gaule par le premier pape Pierre. Après la guérison du mal des ardents attribuée à son intercession en 994, le prédicateur de Saint-Martial de Limoges, Adémar de Chabannes, développe ce second récit. Longtemps défendue par l'Église catholique, cette thèse, mise en cause par des historiens, n'est abandonnée qu'au début du XXe siècle.

Conservées à l'église Saint-Michel-des-Lions de Limoges, les reliques de saint Martial donnent lieu à d'importantes ostensions septennales.

Premières versions de la légende

Les mentions écrites les plus anciennes relatives à Martial de Limoges datent du début du Moyen Âge. Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont au Ve siècle, affirme qu’Augustoritum (ancien Limoges) reçut Martial comme évêque. Au vie siècle, le martyrologe hiéronymien cite Martial au 30 juin comme évêque : « Lemovicas, depositio S. Martialis episcopi ».

Au vie siècle, avant 586, il était écrit dans le manuscrit 5537 de la BnF dont il ne reste que la copie datant du xe siècle (ou du xie siècle selon des sources plus modernes), originaire du diocèse d'Arles, que Martial, ainsi que Gatien, Trophime, Paul, Saturnin, Valère de Trèves, Austremoine plusieurs autres ont été envoyés par l'apôtre Pierre sous le règne de l'empereur Claude (41-54) pour évangéliser les Gaules.

« Sous l’empereur Dèce il s’éleva contre le nom chrétien un grand nombre de persécutions. [...] Dans ce temps sept hommes, nommés évêques, furent envoyés pour prêcher dans les Gaules, comme le rapporte l’histoire de la passion du saint martyr Saturnin. [...] Voici ceux qui furent envoyés : Gatien, évêque à Tours ; Trophime à Arles ; Paul à Narbonne ; Saturnin à Toulouse ; Denis à Paris, Strémon [Austremoine] en Auvergne et Martial à Limoges. [...] Gatien, Trophime, Strémon, Paul et Martial, vivant dans une éminente sainteté, après avoir gagné les peuples à l’Église et répandu partout la foi chrétienne, moururent en confessant paisiblement le Seigneur. »

— Historia Francorum (Histoire des Francs, 573-594), livre I

« Saint Martial, envoyé par les évêques de Rome, commença de prêcher dans la ville de Limoges. Apres avoir renverse les cérémonies de l'idolâtrie, et rempli la ville de la croyance en Dieu, il sortit de ce monde. A cette époque, deux prêtres étaient avec lui ; il les avait amenés d'Orient avec lui dans la Gaule. Des que leurs jours furent accomplis et qu'ils furent rappelés de la terre, on joignit leurs tombeaux et on les ensevelit dans la même crypte que le saint évêque. [...] »

— De Gloria Confessorum (De la Gloire des Confesseurs), ch. XXVII

En réalité, l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours amalgame des récits d'origines, de dates et de valeurs différentes, pour raconter l'histoire légendaire de ces sept missionnaires : Martial de Limoges, Gatien de Tours, Trophime d'Arles, Paul de Narbonne, Saturnin de Toulouse, Denis de Paris, Austremoine de Clermont. De plus, Grégoire de Tours place Saturnin de Toulouse au Ier siècle dans un autre texte ; implique également une évangélisation locale au Ier siècle du fait de ce qu'il rapporte sur la matrone de Bazas ainsi qu'Eutrope de Saintes ; et Trophime est manifestement bien antérieur aux persécutions de Dèce.

Selon l'historien Jean Julg, la fondation des premiers évêchés n'est connue le plus souvent que par des traditions locales tardives et légendaires qui visent à prouver l'antériorité d'un siège par rapport à un autre.

Une première vie de Martial, appelée vita antiquior (vie primitive), datant d'au moins avant 846 (date de décès du bibliothécaire Regimbertus de Reichenau en Allemagne), aurait été rédigée au VIIIe siècle (voire au vie siècle selon Charles-Félix Bellet qui compare les récits de miracles et les phrasés) par un membre du clergé limousin . D'après elle, Martial aurait vécu au ier siècle et aurait été envoyé en Gaule par saint Pierre. Un poème dédié à Martial, que plusieurs historiens de la fin du xixe siècle attribuent à Venance Fortunat (530-609), bien que cela soit contesté par d'autres historiens qui feront ensuite consensus, pourrait permettre de dater la vita antiquior (bien que le poème parle en plus de la tribu de Benjamin et mentionne Martial comme apôtre) d'au moins le vie siècle. De plus, au début du viie siècle, Eloi de Noyon fait reconstruire ou restaurer à Paris une église dédiée à Martial, témoignant d'une construction antérieure et d'une vita datant d'au moins le vie siècle pour diffuser cette dévotion.

Plusieurs auteurs placent également Martial au Ier siècle, comme Florus (de Saint-Trond (Belgique) au viiie siècle, ou de Lyon au ixe siècle), au ixe siècle Raban Maur (Allemagne), Hilduin de Saint-Denis et l'auteur de la vie de Sacerdos de Limoges, au xe siècle Flodoard et Abbon de Fleury. Ces auteurs très divers auraient comme source la vita antiquior.

Selon cette vita, Martial, accompagné par deux prêtres, est envoyé à Limoges par l'apôtre Pierre. Là, il convertit tant de monde en quelques jours il n'en trouve plus à convertir. Il convertit aussi Valérie, née noble, qui choisit de ne pas se marier. Au décès de Martial, Valérie lui donne sa sépulture. Dix miracles produits grâce à la sépulture de Martial, principalement des guérisons, sont ensuite énumérés.

On sait que le premier évêque fut inhumé dans le cimetière situé près de la via Agrippa.

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