Ce Jour-là

Marthe Robin

Mystique catholique française

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Marthe Robin, née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure (Drôme) et morte dans la même ville le 6 février 1981, est une mystique catholique française, déclarée vénérable en novembre 2014 par le pape François, fondatrice des Foyers de charité. Elle est connue pour des phénomènes supposés tels que des visions religieuses, des stigmates et une inédie. Leur authenticité a été remise en cause, notamment par deux ouvrages parus en 2020 et 2021.

Marthe Robin naît le 13 mars 1902 dans la Drôme, au hameau des Moïlles, lieu-dit « la Plaine », dépendance de Châteauneuf-de-Galaure, village d'environ 1 200 habitants. Elle est la dernière enfant d'une fratrie composée de cinq filles et un garçon. Ses parents, Joseph-Michel Robin et Amélie-Célestine Chosson, mariés en 1889, exploitent une ferme de 13 hectares dans laquelle travaille l'ensemble de la famille.

En 1903, Marthe est atteinte de la fièvre typhoïde, maladie qui emporte sa sœur Clémence et atteint d'autres membres de sa famille, dont son frère et l'une de ses sœurs qui en garderont des séquelles. Elle-même échappe de peu à la mort « sans que l'on sache le poids que cet épisode aura sur sa santé future. ».

Ses parents sont catholiques mais pratiquent peu. Marthe Robin reçoit cependant une éducation chrétienne. Elle suit le catéchisme, fait sa première communion à l'âge de 10 ans, puis sa communion solennelle deux ans plus tard. Elle fréquente l'école communale jusqu’à l’âge de 13 ans. Elle suit le cours complémentaire, mais ne passe pas le certificat d’études primaires. Elle aide à la ferme familiale. Elle est décrite par les témoins de l'époque comme « une fille intelligente, joyeuse, ouverte et taquine ».

Marthe Robin tombe malade à l'âge de 16 ans, au début de l'été 1918. Elle souffre de maux de tête, de douleurs oculaires et de vomissements. Elle est soignée par le médecin de Saint-Sorlin. Une « crise nerveuse » ou une épilepsie sont évoquées. La fin de l'année est marquée par des poussées de fièvre. Un côté de son corps est paralysé et elle éprouve de très vives douleurs. À partir du 1er décembre, elle demeure inconsciente durant quatre jours. Deux médecins de Saint-Vallier qui l’examinent pensent à une tumeur cérébrale. Elle reçoit l'extrême-onction du curé du village, l'abbé Payre. Son état s'améliore pendant quelques semaines, mais en février elle s'évanouit dans la cuisine. Ses membres inférieurs ne la soutiennent plus et elle tombe dans une longue phase de léthargie accompagnée d'une perte de la vision. L'on pense alors à une encéphalite. Elle connaît une période de rémission au printemps 1921. Elle aurait eu une première apparition de la Vierge Marie en 1921 ou 1922.

Elle ne marche que péniblement en s'aidant de béquilles. Les médecins pensent à une poussée de rhumatismes et l'envoient en octobre 1923 suivre une cure de bains chauds résineux durant trois semaines à Saint-Péray en Ardèche. Au mois de juin 1925, elle apprend qu'elle est inscrite pour un pèlerinage à Lourdes : elle cède sa place. Elle fait le 3 octobre 1927 (ou 1926 selon les sources) une grave hémorragie digestive et reçoit à nouveau les derniers sacrements. Elle tombe dans le coma, à l'issue duquel elle affirme avoir eu une première vision de Thérèse de Lisieux. Les premières apparitions du démon remonteraient aussi à cette époque selon ses déclarations lors de l'expertise médicale de 1942. Elle vit douloureusement l’incompréhension de son entourage : celle de l'abbé Léon Faure nommé curé du village en 1923, mais aussi celle de son père.

Le 25 mars 1928, elle connaît une paraplégie complète qui la laisse définitivement alitée : les « jambes se replient sous elle, les talons posés sur le haut des cuisses ». Lors d’une mission paroissiale organisée à Châteauneuf-de-Galaure, deux prêtres capucins, le père Jean et le père Marie-Bernard, rendent visite à Marthe Robin le 3 décembre 1928. Ils la convainquent d'entrer dans le Tiers-Ordre franciscain. Marthe Robin rapporte à l'abbé Faure, curé du village, que le Christ lui serait apparu dans la nuit du 4 au 5 décembre 1928. Le 2 février 1929 ses bras eux-mêmes deviennent raides, puis ses mains. Cet état d'impotence est décrit par différents témoins qui se sont occupés d'elle. Le 8 mai, veille de l'Ascension, elle aurait vu à nouveau le Christ, puis la Vierge le 15 août, jour de l'Assomption.

Bien qu'obligée de rester dans sa chambre, Marthe Robin fait de nombreuses rencontres. À partir de 1928, elle est accompagnée spirituellement par l’abbé Faure, curé de sa paroisse. En octobre 1934, à son initiative, une école de filles est créée à Châteauneuf-de-Galaure. Celle-ci va se développer rapidement. Elle rencontre, en 1936, l'abbé Georges Finet, prêtre lyonnais qui devient son père spirituel et le restera jusqu’à sa mort. Il l’aidera à fonder le premier des Foyers de charité à Châteauneuf-de-Galaure.

Des laïcs participent à la vie de ce foyer, sous la responsabilité d’un prêtre. Celui de Châteauneuf-de-Galaure organise des retraites de cinq jours auxquelles participeront jusqu'à 2 000 retraitants chaque année. Les hommes et les femmes font séparément des retraites pendant les premières années du Foyer, mais peuvent y prendre part en commun à partir de l'automne 1941. La majorité d'entre eux, à l’issue de chaque retraite, rendent visite à Marthe. En cinquante années, le nombre de personnes qu'elle rencontre individuellement est estimé à environ 103 000 personnes, dont des centaines de prêtres et de nombreux évêques. Certains visiteurs attendaient d’elle des conseils pour leur vie. Selon Bernard Peyrous, elle ne donnait, généralement, « pas de conseils affirmatifs, encore moins catégoriques. Elle posait des questions, faisait des suggestions, dégageait les fausses pistes et laissait la personne conclure elle-même. » Elle a également tenu une importante correspondance.

Début février 1981, elle est prise de quintes de toux de plus en plus violentes. Le jeudi 5 février, elle est très fiévreuse. Ce soir-là, comme chaque semaine, elle prie pour s'unir à la Passion du Christ. Des membres du foyer disent le chapelet près d'elle puis la laissent seule. Le lendemain, vers 17 heures, quand Georges Finet entre dans sa chambre, il trouve Marthe inanimée sur le sol, des chaussons aux pieds, près de son lit dont elle n'était pas censée pouvoir sortir. Elle est morte probablement dans les premières heures du vendredi 6 février, à l'âge de 78 ans. Le Père Colon, docteur en médecine, et le Dr Andolfatto, médecin à Châteauneuf-de-Galaure, constatent le décès. Aucune autopsie n'est toutefois réalisée.

Ses obsèques ont lieu le 12 février, dans le sanctuaire de Châteauneuf-de-Galaure, en présence de quatre évêques, un archevêque, près de deux cents prêtres et plus de 5 000 autres personnes. Elle est enterrée au cimetière de Saint-Bonnet.

Le 10 février 1986, l'évêque de Valence, Didier-Léon Marchand, demande l'ouverture du procès canonique. Jacques Ravanel, fondateur du Foyer de charité de La Flatière (Haute-Savoie), est nommé postulateur. Il est aidé par Marie-Thérèse Gille, membre du Foyer de charité de Châteauneuf-de-Galaure et responsable de l'école de filles de 1972 à 2005. Une commission d'enquête est créée et un appel à témoignages est lancé ; il recueille « 1 029 lettres, de tous les continents, témoignant de grâces reçues par l'intercession de Marthe, avant ou après son décès ». 111 témoins sont interrogés sous serment. Une dizaine d'experts sont désignés : théologiens, historiens, médecins, exorcistes. L'ensemble, appelé la copia publica, composé de 700 témoignages et de 25 expertises, représente 17 000 pages. Le père carme Conrad De Meester, spécialiste de Thérèse de Lisieux et d'Élisabeth de la Trinité, est choisi en 1988 pour étudier la correspondance et les écrits de Marthe Robin, soit 4 000 pages dactylographiées. Il rend en 1989 un rapport qu'il complète en 1994.

Après cette étape diocésaine de 10 ans, la Congrégation pour la cause des saints nomme en 1996 un nouveau postulateur, Bernard Peyrous, prêtre de la communauté de l'Emmanuel, et une vice-postulatrice, Marie Thérèse Gille. Ils s'attellent en 1998 à l'établissement de la positio, un corpus restreint (environ 2 000 pages) des documents recueillis durant l'enquête diocésaine avec le concours de l'historien Joachim Bouflet qui avait travaillé à la cause en béatification d'Anne Catherine Emmerich.

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