Ce Jour-là

Marion Cotillard

Actrice et productrice française

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Marion Cotillard, née le 30 septembre 1975 à Paris, est une actrice et productrice française.

Active au cinéma depuis la fin des années 1990, elle est révélée au grand public par son rôle de compagne du personnage principal dans la saga Taxi, qu'elle incarne dans les trois premiers films de la franchise. En février 2005, elle reçoit la première des grandes récompenses qui vont jalonner sa carrière : le César de la meilleure actrice dans un second rôle, pour seulement huit minutes de présence à l'écran dans le film Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.

En 2008, c'est la consécration internationale : son interprétation de la chanteuse Édith Piaf dans le film biographique La Môme d'Olivier Dahan lui attire de nombreuses récompenses, dont le César, le Golden Globe, le BAFTA et l'Oscar de la meilleure actrice. Elle devient notamment la première Française à être désignée « meilleure actrice » par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (Oscars) pour un film tourné en langue française, et la deuxième actrice à gagner ce prix pour un rôle parlé dans une langue étrangère.

Ce triomphe critique l'accompagne également dans les années 2010 pour ses interprétations dans les films De rouille et d'os, The Immigrant, Deux jours, une nuit et Macbeth, et consacre une carrière internationale aux choix artistiques variés, la menant à plusieurs reprises au Festival de Cannes. Régulièrement louée pour la qualité de son jeu d'actrice, elle collabore notamment avec des réalisateurs renommés tels que Ridley Scott, Tim Burton, Woody Allen, Christopher Nolan, James Gray, Jacques Audiard, les frères Dardenne, Xavier Dolan, Arnaud Desplechin ou Leos Carax. Dans les années 2020, c'est sous la direction de réalisatrices importantes qu'elle trouve un nouvel envol en collaborant avec Nicole Garcia, Vanessa Filho, Ellen Kuras, et Lucile Hadžihalilović.

Née le 30 septembre 1975 dans le 12e arrondissement de Paris, Marion Cotillard est issue d'une famille d'artistes. Ses parents sont tous deux comédiens et professeurs d'art dramatique ; sa mère Niseema Theillaud, de son vrai nom Monique Theillaud, est comédienne de théâtre et directrice d'acteurs, et son père Jean-Claude Cotillard, spécialiste du mime et du burlesque, fait des tournées en Europe et en Asie et deviendra plus tard directeur de l'École supérieure d'art dramatique de Paris (ESAD). Elle a deux frères, les jumeaux Quentin et Guillaume, nés en 1977 et eux-mêmes artistes. C'est son cousin, le comédien Laurent Cotillard, qui dirige Marion Cotillard pour sa première apparition sur scène, en 1997 dans Y a des nounours dans les placards.

Marion Cotillard est assez solitaire dans sa jeunesse, isolée hors de la symbiose entre ses frères jumeaux et à l'école. Élevée dans un cadre familial très ouvert, bourgeois et bohème, le monde extérieur ne lui apparaît par contraste « pas à la hauteur », et c'est le théâtre qui lui permet de sortir de cette phase de mutisme :

« Avec le théâtre, j’ai recommencé à m’exprimer en employant des mots que d’autres avaient déjà utilisés. Parler redevenait simple pour moi. Le théâtre m’a aidée à retrouver les mots qui m’avaient tellement manqué, à m’ouvrir ». Son père lui montre des films muets et l'initie à l'art du mime.

Elle vit plusieurs années en banlieue parisienne, dans une tour d'Alfortville, près de Créteil. Élève au collège Victor-Hugo de Puiseaux, au lycée Voltaire à Orléans, où elle a pris une option théâtre, puis au lycée Molière à Paris, elle entre enfin en 1994 au Conservatoire d'art dramatique d'Orléans. Elle y étudie pendant quatre ans et y suit notamment les cours de son père.

Débuts et révélation commerciale (1994-1999)

En 1994, elle obtient le premier prix du conservatoire d'art dramatique d'Orléans. En plus d'une première reconnaissance, cette distinction lui offre une courte apparition de quelques minutes dans l'épisode 21 de la saison 1, Nowhere to run, de la série télévisée à succès Highlander. Diplômée du conservatoire, elle déménage ensuite à Paris, près de la gare du Nord, où elle enchaîne les apparitions dans des projets modestes ; entre deux rôles, elle tente de vendre des figurines en pâte à modeler de sa confection, pour joindre les deux bouts. Elle fait notamment en 1996 de brèves apparitions dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) d'Arnaud Desplechin ou La Belle Verte de Coline Serreau.

Après avoir reçu son premier prix d'interprétation aux Rencontres cinématographiques d'Istres en 1998 avec le court métrage Affaire classée et une mention spéciale du jury pour La Guerre dans le Haut Pays au festival du film de montagne d'Autrans, le grand succès commercial du film Taxi, produit par Luc Besson, la révèle au grand public en 1998 et lui vaut une première nomination aux César, à 23 ans. Elle reprend son personnage dans les deux suivants, mais après Taxi 3, sorti en janvier 2003, elle avertit le producteur et scénariste Luc Besson qu'elle ne veut plus faire partie de la saga, dans laquelle son personnage est toujours « en retrait » et, de plus, elle est déjà prise par le tournage d'un projet plus ambitieux pour elle, La Môme, qui va lui offrir un rôle-titre.

De ces premières années de carrière, le journal Libération estime rétrospectivement qu'elle « a d’abord longtemps traîné une image de godiche du cinéma français, pas vraiment aidée par son rôle de compagne de Samy Naceri dans Taxi et par sa propension à rouler des yeux. Elle égrène ensuite des films dont personne ne se souvient. »

Progression critique (années 2000)

En parallèle du grand succès populaire de Taxi, où elle n'interprète qu'un personnage secondaire, elle apparaît dans des films plus discrets, tel que le court-métrage de Nils Tavernier La Mouette, segment du film engagé L'amour est à réinventer, dix histoires d'amour au temps du sida (1997), ou dans Lisa (2001) de Pierre Grimblat, avec Benoît Magimel et Jeanne Moreau. En 2001, elle joue le double rôle principal des Jolies Choses, face à Patrick Bruel, pour lequel elle est à nouveau nommée au César du meilleur espoir féminin, trois ans après Taxi. Elle donne également la réplique à Thierry Lhermitte dans le thriller Une affaire privée de Guillaume Nicloux dans lequel elle incarne un second rôle d'étudiante.

Mais le succès et la notoriété grandissante apportés par la série des Taxi lui font craindre d'être enfermée dans l'image d'une « actrice-poupée ». À cet égard, l'appel du réalisateur américain Tim Burton qui lui offre un petit rôle dans Big Fish lui paraît providentiel ; ce film de 2003, à l'univers travaillé, marque également sa première incursion dans le cinéma américain. En 2002, pour la seconde édition du Festival de Marrakech, elle intègre le jury des courts-métrages.

En 2003, elle tient le premier rôle féminin de la comédie romantique Jeux d'enfants qui lui vaut, au Festival de Cannes 2004, le Trophée Chopard de la révélation féminine. Il s'agit de sa première collaboration avec l'acteur et réalisateur Guillaume Canet, avec qui elle retravaillera de nombreuses fois. Le film cumule plus de 1 million d'entrées en France.

Cette année-là, elle tient aussi et surtout le petit rôle du personnage de Tina Lombardi dans l'adaptation du roman Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet, une présence à l'écran qui « tend à colorer un peu le sépia tout lisse du film de Jeunet », d'après Écran Large. Son interprétation d'une prostituée qui cherche à venger la mort de son amant dans l'enfer des tranchées lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle, malgré un temps d'apparition à l'écran de seulement quelques minutes.Le réalisateur britannique Ridley Scott l'engage l'année suivante pour faire face à Russell Crowe dans sa comédie dramatique Une grande année, adaptation d'un roman dans lequel un trader anglais se métamorphose au contact de la Provence. L'actrice s'impose notamment lors des auditions face à Eva Green ou Vahina Giocante, et impressionne peut-être par sa maîtrise de l'anglais, qu'elle mobilise à nouveau quelques années après Big Fish ; Le Monde note cependant que le film ne « lésine [pas] sur les clichés », opinion que rejoint Télérama qui estime que le film « inflige à peu près tous les clichés possibles » et que « la magie […] ne traverse jamais l'écran ». Elle apparaît aussi notamment dans la comédie belge Dikkenek, d'Olivier Van Hoofstadt (2006).

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