Ce Jour-là

Mario Zatelli

Footballeur et entraîneur français

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Mario Zatelli, né le 21 décembre 1912 à Sétif en Algérie et mort le 7 janvier 2004 à Sainte-Maxime en France, est un joueur international et entraîneur de football français.

Bien qu'il ait porté le maillot et entraîné de nombreux clubs, son nom est particulièrement associé à l'Olympique de Marseille, dont il est un attaquant prolifique dans les années 1930 et 1940, puis l'entraîneur ayant, encore aujourd'hui, dirigé le plus grand nombre de matchs.

Né en Algérie de fils d'immigrés italiens, Mario Zatelli grandit au Maroc à l'époque du protectorat français. Son premier club de football est un patronage de Casablanca, qu'il rejoint à 12 ans. Particulièrement doué au poste d'attaquant, il commence une carrière de footballeur à l'Union sportive marocaine de Casablanca, avec laquelle il débute en équipe première en 1929, à 16 ans, et remporte le championnat d'Afrique du Nord trois années de suite, en 1932, 1933 et 1934.

Mario Zatelli est décrit comme un « attaquant de surface de réparation », doté d'une belle frappe de balle et capable de gestes spectaculaires, mais aussi d'une vision du jeu qui lui permet de trouver le coéquipier le mieux placé. C'est un spécialiste des reprises de volée et un excellent remiseur pour ses coéquipiers. Just Fontaine, qui jouera également pour l'USM au début des années 1950, le cite parmi ses modèles.

En 1935, il est recruté par l'Olympique de Marseille en championnat de France professionnel, sur la recommandation de Charles Elkabbach, recruteur pied-noir du club marseillais. Le club mène les négociations contractuelles avec Zatelli et Georges Janin, un autre Français de l'USM, par télégramme, durant des semaines pendant lesquelles le club et les joueurs utilisent les noms de code « Lisette » et « Jeanette » afin d'éviter d'être démasqués. L'important trafic télégraphique entre Marseille et l'Afrique du Nord conduit la gendarmerie à soupçonner un temps un trafic de femmes. Zatelli et le club s'accordent finalement sur une prime de 50 000 francs au moment de la signature et un salaire mensuel de 1 500 francs (environ le double du salaire d'un ouvrier), plus primes. Il travaille en parallèle comme employé de banque.

Sous le maillot de l'OM et la direction de l’entraîneur József Eisenhoffer, Zatelli remporte le championnat de France en 1936-1937. Le 10 janvier 1937, il inscrit un quadruplé contre le Racing Club de Roubaix. La saison suivante, le club termine à la seconde place du championnat et remporte la Coupe de France face au FC Metz. Zatelli joue la finale, qui va au bout des prolongations, malgré une mauvaise grippe, et parvient même à être à l'origine des deux buts de son équipe. Parmi ses coéquipiers emblématiques, Joseph Alcazar, Emmanuel Aznar, Abdelkader Ben Bouali, Willy Kohut, Edmond Weiskopf et les gardiens de but Laurent Di Lorto et Jaguaré. Zatelli figure lors de chacune de ses trois saisons à Marseille parmi les dix meilleurs buteurs du championnat : il est 9e en 1936 (en n'ayant joué que 19 matchs sur 30), 2e en 1937 avec 28 buts (en 21 matchs !), et 7e en 1938. Le « beau Mario », comme on le surnomme du fait de sa coiffure et de son attitude décontractée, n'en est pas moins une « personne passionnée et modeste » en privé.

En 1938, Zatelli est transféré pour 380 000 francs - record de l'époque en France - au Racing Club de Paris. Diminué par une blessure, il ne peut jouer que 14 des 30 matchs de championnat, que son équipe termine au 3e rang. Le Racing remporte aussi la Coupe de France mais Zatelli ne joue pas la finale.

En septembre 1939, la France mobilise son armée et déclare la guerre à l'Allemagne, le championnat professionnel de football est suspendu. Convalescent après une opération de l’appendicite, Zatelli quitte Paris pour le Maroc, ou il rechausse ses crampons avec son ancien club de l'US Marocaine. À son retour en France, le pays est occupé. Zatelli signe en 1940 au Toulouse FC, avec d'autres joueurs internationaux français comme Maurice Dupuis, Raoul Diagne, Curt Keller et Jean Bastien, son coéquipier à Marseille et Paris. Ils forment alors une des meilleures équipes du pays. Toulouse remporte en 1941 la finale de coupe de la « zone non occupée », Zatelli marquant le seul but du match contre l'AS Saint-Étienne, avant de s'incliner en finale interzone contre les Girondins de Bordeaux. Deuxième des championnats de zone Sud 1941 et 1942, le T.F.C. termine enfin en tête de son championnat en 1943 devant Grenoble.

Zatelli retourne à Marseille en 1943, où il joue pour la nouvelle Équipe fédérale Marseille-Provence créée par les autorités en remplacement des clubs professionnels. L’équipe termine à une anecdotique 9e place en championnat. La saison suivante, les clubs sont de nouveau autorisés, et Zatelli retourne semble-t-il à Toulouse.

En 1945, alors que la guerre prend fin et que les compétitions professionnelles sont remises sur place, Zatelli fait son retour à l'Olympique de Marseille. Il fait deux saisons pleines entre 1945 et 1947. En 1947-1948, il ne joue que deux rencontres de championnat. Il marque lors de son dernier match officiel en octobre 1947 contre le RC Strasbourg, et fait sa toute dernière apparition sous le maillot olympien lors d'un match amical contre une sélection de Budapest en janvier 1948. En fin de saison, l'OM est sacré champion de France. Pour Mario Zatelli, il s'agit de son deuxième titre. Son bilan à l'OM est de 87 buts en 114 matchs de championnat, et 146 buts en 187 matchs au total.

Zatelli met alors fin à sa carrière professionnelle de joueur et devient entraîneur-joueur à un niveau amateur, d'abord à Saint-André, semble-t-il en Division d'honneur, pendant deux ans, puis au SC Draguignan, en Championnat de France amateur, et plus tard, en 1953-1954, de l'Olympique Hussein Dey, en Division d'honneur en Algérie.

À l’époque du protectorat français au Maroc, Zatelli joue pour la sélection marocaine, alors représentative du championnat marocain. Il participe notamment à une victoire contre l'équipe de France B.

Il est sélectionné en équipe de France pour la Coupe du monde de 1938. Alors au meilleur de sa forme, il s'attend à jouer mais n'est pas utilisé, le sélectionneur Gaston Barreau lui préférant Jean Nicolas à son poste, puis Désiré Koranyi après le tournoi. Plus tard, il se plaindra d'un traitement inégal des joueurs venus du Sud, notamment des pieds-noirs comme lui.

Mario Zatelli joue finalement son seul match international A pour les Bleus en janvier 1939 lors d'une victoire 4-0 sur la Pologne, au cours de laquelle il marque son seul but sur un service de Larbi Benbarek, autre ancien de l'USM Casablanca.

Devenu entraîneur-joueur à Saint-André dès la fin de sa carrière professionnelle en 1948, Mario Zatelli obtient en 1950 son diplôme d'entraîneur. Il est major de sa promotion. En 1950-1951, il dirige le SC Draguignan, qu'il mène au sommet du groupe Sud de Championnat de France amateur, avant de s'incliner en finale nationale contre l'UA Sedan-Torcy.

Son premier club professionnel est l'OGC Nice, champion de France en titre, dont il est nommé directeur sportif en 1951-1952 car l'entraîneur Numa Andoire n'a pas de licence d'instructeur de football. L'équipe remporte cette année-là le doublé coupe-championnat et atteint la finale de la Coupe latine, perdue face au FC Barcelone (0-1). En novembre 1952, Zatelli est nommé officiellement entraîneur, alors que l’équipe niçoise connaît un début de saison décevant. Elle termine finalement au 13e rang, un point seulement devant le Racing de Paris, premier relégué. Il est remplacé par l'Anglais George Berry pour la saison suivante.

Après cet épisode, Zatelli dirige en 1953-1954 l'Olympique d'Hussein-Dey, en Division d'honneur en Algérie, puis pendant cinq saisons le FC La Voulte-Valence, en Championnat de France amateur.

Il fait son retour dans le football professionnel en 1959, quand il est nommé par le Football Club de Nancy, qui vient d’être relégué en deuxième division. Il parvient à faire remonter immédiatement l’équipe nancéienne, puis à la maintenir brillamment en première division. En 1962, le FCN termine à une excellente 4e place en championnat, et accède à la finale de la Coupe de France après un parcours délicat, Nancy devant éliminer Reims et Metz. Plus de 12 000 supporters viennent de Lorraine soutenir l’équipe à Colombes face à l'AS Saint-Étienne, fraîchement reléguée en D2. Donnés favoris, les hommes de Zatelli s'inclinent pourtant en fin de match (1-0). Les Rouge et Blanc connaissent ensuite deux saisons beaucoup plus difficiles, et finalement sont relégués en fin de saison 1963-1964.

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