Ce Jour-là

Mario Del Monaco

Chanteur d'opéra italien

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Mario Del Monaco est un ténor italien né à Florence le 27 juillet 1915 et mort à Mestre (Vénétie) le 16 octobre 1982.

De 1915 à 1939 : apprentissage et débuts

Il naît à Florence le 27 juillet 1915, d'un père d'origine napolitaine travaillant dans les services administratifs de l'État et d'une mère d'origine sicilienne possédant une voix de soprano assez étendue. Mario est l'aîné d'une famille de trois enfants. La famille déménage plusieurs fois dans son enfance du fait du travail du père. C'est à Pesaro, ville natale de Rossini, que Mario commence à étudier le violon, au Conservatoire. La mairie de Mondolfo ayant été transformée en un théâtre nommé Le Gigli (Les Lys), le ténor, Mario est choisi pour chanter Narcisse de Jules Massenet, lors de l'inauguration. Il a treize ans et demi, et sa voix surprend par sa grave ampleur.

Mario s'initie alors au chant auprès d'une charmante dame déjà âgée et sans doute un peu sourde. Mais, bientôt, le pianiste du Conservatoire, Lamberto Gardelli, se chagrine de ces dons vocaux que l'on malmène et conseille au jeune homme de rendre visite au maestro Arturo Melocchi (en). Mario suit ce conseil et abandonne le violon pour se consacrer au chant mais aussi aux arts plastiques (peinture et sculpture).

À 20 ans, il est reçu au concours d'admission dans la classe de chant du Conservatoire. L'année suivante, il s'inscrit au concours organisé par l'Opéra de Rome visant à la découverte de nouveaux talents. Il y obtient un premier prix à égalité avec cinq autres concurrents, notamment Rina Filippini, soprano, qui deviendra son épouse.

Choisi par le maestro Tullio Serafin, il est pensionnaire du Conservatoire de l'Opéra de Rome et suit les cours de Marcantoni. Le résultat, hélas, désespère l'étudiant qui voit sa voix perdre en médium et en puissance, paiement désastreux d'un registre aigu. On veut lui faire chanter Mozart et Rossini, mais il ambitionne l'opéra dramatique, héroïque, le grand Verdi, Léoncavallo et Wagner. Rina lui arrange alors un retour chez Melocchi qui concède au jeune homme une seconde chance. Melocchi pardonne son escapade au jeune Mario et, en un semestre, lui rend sa voix, celle de Chénier, de Canio, d'Otello, mais qui reste, en fait, d'une grande fragilité.

En 1939, il fait ses débuts dans Cavalleria Rusticana de Mascagni à Pesaro. L'année suivante, il auditionne à Milan au Théâtre Puccini et le directeur, Poli, après avoir entendu l'Addio fiorito asil de Madame Butterfly de Puccini s'écrie : « Si je ne t'engage pas, je suis un imbécile et cela, je ne le serai jamais ! » Ainsi, il a son premier contrat pour quatre représentations de Madame Butterfly. Suit une série de représentations de La Traviata de Verdi et retour sur Puccini : Del Monaco incarne Des Grieux dans Manon Lescaut à Pise sous la direction d'Antonino Votto.

L'Italie entre dans la Seconde Guerre mondiale et il est obligé de s'engager. À l'instar de Carlo Bergonzi ou Giuseppe Di Stefano, les talents de Del Monaco font forte impression sur ses officiers et il bénéficie de permissions reconduites pour peu qu'il les emploie à devenir « Il Grande Tenore del suo tempo » (Le grand ténor de son temps).

De la guerre à 1963 : Succès et l'accident

En 1946, étape importante dans la carrière du ténor qui retrouve Renata Tebaldi, rencontrée quelques mois plus tôt à Pesaro, à Trieste pour André Chénier de Umberto Giordano, qui rencontre un grand succès.

C'est toutefois avec Elisabetta Barbato qu'il enregistre pour la firme « His Master Voice » (La Voix de son Maître).

En août 1946, il apparaît à la réouverture des arènes de Vérone pour Aida , de Verdi, aux côtés de Maria Pedrini et Elena Nicolai. Deux mois plus tard, il se produit au Teatro San Carlo de Naples puis au Covent Garden de Londres où il chante Tosca de Puccini pour la première fois sur une scène étrangère.

En février 1947, il est un flamboyant Don José dans le Carmen de Bizet à Naples sous la direction de Vincenzo Bellezza, puis en avril 1947 au Théâtre Royal de Rome aux côtés de Denise Scharley (Carmen), puis enchaîne avec Manon Lescaut, Fedora de Umberto Giordano et encore Carmen mais cette fois à l'Opéra de Paris.

En Amérique du Sud, il interprète La fanciulla del West de Puccini et le Mefistofele de Boito.

À son retour, il tourne un premier film policier L'homme aux gants gris. Par la suite, il prêtera son concours à de nombreuses productions consacrées aux biographies de compositeurs italiens (Verdi, Mascagni) ainsi qu'aux débuts de Caruso. Il est le partenaire de Gina Lollobrigida dans la Belle des Belles.

Au cours de l'année 1948, il chante à la Scala de Milan André Chénier. Le compositeur Umberto Giordano, le conseille dans son interprétation du poète en annotant une partition de sa propre main que Mario conservera précieusement.

En 1949, lors du premier anniversaire de la mort de Giordano, il est choisi avec Maria Caniglia, Fedora Barbieri et Paolo Silveri pour une grandiose exécution de l'œuvre dirigée par Victor de Sabata. La même année, l'Opéra de Rome l'accueille à nouveau pour une série de Carmen avec la française Denise Scharley.

En juin 1950, il interprète son premier Otello au Colon de Buenos-Ayres avec Carlos Guichandut et Delia Rigal.

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