Mario Ančić, né le 30 mars 1984 à Split, est un joueur de tennis croate, professionnel de 2001 à 2011.
Il a comme surnoms Super Mario et Baby Goran. Le 20 février 2011, il annonce son retrait du circuit dû à de nombreux problèmes de santé.
Mario Ančić est un joueur complet capable de tirer son épingle du jeu sur toutes les surfaces. Il est l'un des rares de son époque à pratiquer un tennis offensif, n'hésitant pas à monter au filet dès que l’occasion se présente. Il est adroit à la volée et doté d’une redoutable première balle. Ses qualités en ont fait un excellent compétiteur sur courts rapides, en particulier sur gazon.
Il est le second fils de Stipe, qui est gérant d'une chaîne de supermarché et de Nilda, une conseillère financière. Il a un frère plus âgé prénommé Ivica, avec qui il voyage et travaille et une petite sœur : Sanja Ančić, qui faisait partie du top 10 junior mondial en 2005.
1999 - 2001 : Des débuts précoces
Mario Ančić fait ses premiers pas en Futures alors qu'il n'a pas 15 ans et remporte deux matchs. Ses débuts prometteurs et sa réputation dans les tournois de jeunes lui valent une sélection extrêmement précoce en Coupe Davis. Il est aligné dans le second simple sans enjeu face à l'expérimenté João Cunha e Silva (défaite en deux sets) et assiste impuissant à la relégation de l’équipe de Croatie en troisième division. Parallèlement, le Croate se fait les dents sur le circuit junior sur lequel il exprime déjà d'excellentes prédispositions. Ses plus beaux faits de gloire sont une finale à Wimbledon perdue en trois sets contre Nicolas Mahut et une demi-finale à l'US Open (défaite contre Andy Roddick) en 2000. La même année, il est sacré sur le Futures de Zagreb où il défait en finale Ivo Karlović. Il prend part également au tournoi de double aux Jeux olympiques de Sydney avec Goran Ivanišević sans franchir un tour.
2002 : Une victoire sur Federer
Le jeune Mario poursuit ses gammes sur les circuits Futures puis Challenger sur lequel il remporte les tournois de Belgrade début 2002. Il obtient une invitation pour les qualifications du tournoi ATP de Miami et donne du fil à retordre à Adrian Voinea contre qui il ne cède qu'au bout d'un troisième set accroché. Le Croate prend part à son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros mais bloque dès son entrée en lice dans le tableau des qualifications.
C'est lors du suivant, sur l’herbe de Wimbledon, que son talent éclate au grand jour. Invité dans le tableau final, il crée la sensation en éliminant le numéro 9 mondial Roger Federer dès le premier tour, devenant ainsi le premier adolescent depuis Björn Borg en 1973 à remporter son tout premier match sur le court central londonien. Il doit cependant rendre les armes au match suivant contre Daniel Vacek. Ce coup d'éclat, à la suite duquel on l'affuble du surnom de Super Mario, se greffe à quelques autres performances de choix comme une victoire sur le 4e mondial Ievgueni Kafelnikov à Indianapolis ou une belle résistance à l'US Open contre Dominik Hrbatý à qui il prend deux sets. Il ajoute deux succès dans les Challenger de Prague et de Milan ce qui lui ouvre les portes du top 100.
2003 : Une confirmation qui tarde à venir
2003 démarre en fanfare pour le Croate avec un huitième de finale à l'Open d'Australie et un nouveau Challenger dans la musette (victoire à Hambourg contre un Espagnol de 16 ans, Rafael Nadal). Préféré à Goran Ivanišević en fin de carrière pour affronter les États-Unis en Coupe Davis, il s'incline contre James Blake mais sa déception est compensée par la victoire de son pays (4-1). La suite est pourtant moins reluisante pour Mario qui accumule les défaites au premier tour sur le circuit ATP, en plus de celles en quart de finale de Coupe Davis contre l'Espagne (revers contre Àlex Corretja et Juan Carlos Ferrero).
Il doit patienter jusqu'à mai et la terre battue de Sankt Pölten pour se refaire une santé avec un quart de finale. De quoi aborder Roland-Garros avec confiance, ce que ne démentira pas Andre Agassi : le jeune Croate lui donne en effet des sueurs froides au second tour, menant deux manches à rien et 2-0. L'expérience et l'abnégation du champion américain ont pourtant raison de la fougue de Mario qui doit finalement s'incliner au terme de 3 h 45 de haute lutte (5-7, 1-6, 6-2, 6-2, 7-5).
Alors très attendu pour la saison sur gazon, Super Mario traverse un passage à vide qui lui vaut une défaite à Wimbledon dès son entrée en lice face Rafael Nadal, puis six mois de disette interrompue par une seule lueur à Stockholm où il atteint les quarts de finale. Seuls les tournois de double lui donnent l'occasion de briller. Il s'adjuge en effet le titre à Indianapolis (en compagnie de Andy Ram) et parvient associé à Ivan Ljubičić en quart de finale de l'US Open où il est bloqué par la redoutable paire Bob Bryan/Mike Bryan 7-6 au dernier set.
2004 : Wimbledon, au bord de l'exploit
Mario débute 2004 avec un parcours mi-figue mi-raisin à l'Open d'Australie où il se faufile non sans mal au troisième tour (deux victoires en cinq manches contre Raemon Sluiter et Àlex Corretja) avant d'être battu par Mark Philippoussis. Il enchaîne avec une défaite en Coupe Davis opposé à Arnaud Clément puis perd le double décisif (associé à Ivo Karlović) face à Arnaud Clement/Nicolas Escudé. Il relève immédiatement la tête en se glissant en finale du tournoi de Milan où il est défait sur le fil par un Antony Dupuis très en forme. Peu de satisfactions jusqu'à la saison sur herbe : Roland-Garros ne lui permet pas de franchir un palier dans un Grand Chelem. En effet, après une belle performance face à Mariano Zabaleta, il est sorti sechemment par le meilleur joueur de terre battue du moment et futur finaliste de l'épreuve, Guillermo Coria. Il ne prend pas sa revanche à Bois-le-Duc, sur une surface qui lui convient pourtant mieux, l'Argentin lui barrant la route en demi-finale.
Rien ne pouvait donc présager sa magistrale performance à Wimbledon. Il souffre pourtant contre Julien Benneteau au second tour, poussé dans un match indécis en cinq sets (4-6, 7-6, 6-2, 5-7, 6-4). Arrivant sans encombre au stade des quarts de finale, il est dans la peau de l'outsider au moment d'affronter le chouchou local Tim Henman, toujours en quête d'un premier sacre à Londres. Sous la pression de l'événement, l'Anglais ne produit pas son meilleur tennis, au contraire du Croate qui se voit pousser des ailes. Le cadet des deux l'emporte en trois sets sans jamais avoir été inquiété (7-6, 6-4, 6-2). Il n'a rien à perdre non plus face au numéro 2 mondial Andy Roddick, un adversaire qu'il avait failli battre deux semaines plus tôt au tournoi du Queen's. Le Croate joue crânement sa chance et sort avec les honneurs après quatre sets serrés (6-4, 4-6, 7-5, 7-5). Mario fait alors enfin son entrée dans le top 50.
Mario prend part à ses seconds Jeux Olympiques à Athènes mais cède dès son entrée en lice dans le tableau de simple contre Tommy Haas. Il se montre par contre nettement plus à son avantage en double avec Ivan Ljubičić : les deux compères éliminent la paire Fabrice Santoro/Michaël Llodra pour parvenir en demi-finale (4-6, 6-3, 9-7). Ils se font surprendre au match suivant par Nicolás Massú/Fernando González au terme d'un match serré (7-5, 4-6, 6-4) et doivent donc disputer la médaille de bronze. Opposés aux expérimentés Leander Paes et Mahesh Bhupathi, ils partent dans une joute interminable qui connait finalement une issue heureuse. Le score parle de lui-même : 7-6, 4-6, 16-14 ! Le bronze olympique n'est pas suivi d'une folle embellie et ce n'est pas la demi-finale à Delray Beach qui console Mario d'une fin de saison très décevante.
2005 : le premier trophée et la Coupe Davis