Ce Jour-là

Marie de Hohenzollern-Sigmaringen

Comtesse de Flandre, princesse de Belgique et graveuse (1845-1912)

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Marie de Hohenzollern-Sigmaringen, née le 17 novembre 1845 à Sigmaringen et morte le 26 novembre 1912 à Bruxelles, est un membre de la maison de Hohenzollern devenue en 1867 comtesse de Flandre en épousant le prince Philippe de Belgique, comte de Flandre. Elle est la mère du roi des Belges Albert Ier.

Princesse de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen, la branche catholique de la famille des rois de Prusse, elle est princesse héritière consort de Belgique de 1869 à 1905. Elle est l'ancêtre de tous les membres actuels de la dynastie régnant sur la Belgique. Elle est également l'ascendante du grand-duc Guillaume V de Luxembourg, et du prétendant au trône d'Italie.

Petite-fille de la princesse impériale Stéphanie de Beauharnais, fille adoptive de l'empereur des Français devenue grande-duchesse de Bade, la princesse Marie grandit dans un environnement francophile. Élevée dans les diverses résidences de sa famille, elle se révèle très tôt indépendante, pieuse et douée pour les arts. En 1852, elle s'installe avec sa famille à Düsseldorf où son père, Charles-Antoine, chef de sa maison depuis 1848, exerce ses commandements militaires avant de devenir ministre-président de Prusse (de 1858 à 1862).

L'union de sa sœur Stéphanie avec le roi de Portugal Pierre V, en 1858, témoigne de l'importance de la famille sur la scène européenne. Charles-Antoine garde jusqu'à la fin de sa vie un rôle majeur à la cour de Berlin. C'est la reine Victoria qui, comme pour sa sœur aînée, joue les intermédiaires dans la conclusion du mariage de Marie et Philippe en 1867, anéantissant toute velléité annexionniste de la France envers la Belgique.

Mère de cinq enfants, dont quatre parviennent à l'âge adulte, Marie de Hohenzollern représente, avec son époux, l'avenir de la dynastie belge après la mort du duc de Brabant, Léopold, l'unique héritier successible au trône du roi Léopold II. Son existence, circonscrite dans un univers luxueux, est jalonnée par de nombreux séjours en Ardenne belge, en Auvergne, en Allemagne et en Suisse.

Recevant beaucoup de sollicitations, elle exerce un rôle caritatif, parfois remis en cause par la mouvance anti-monarchiste, tout au long de sa vie en Belgique. Artiste, la comtesse de Flandre s'adonne aux arts de l'aquarelle, de l'eau-forte et de la peinture de paysages qu'elle expose en Belgique, en France et aux États-Unis. Mécène, elle soutient des peintres tels Jean-François Portaels ou Ernest Blanc-Garin, des écrivains comme Charles Van Leberghe et Isabelle Kaiser et des musiciens tels Édouard Jacobs ou Arthur De Greef.

La mort de son mari, en 1905, la prive du statut de princesse héritière consort de Belgique. Cependant, l'accession au trône, en 1909, de son fils le roi Albert Ier lui confère un rôle protocolaire plus important, en sa qualité de mère du roi. Elle meurt à soixante-sept ans, en 1912, et est inhumée dans la crypte royale de Laeken.

Marie (qui porte quatre prénoms en allemand : Maria Louise Alexandrina Karoline), née à Sigmaringen le 17 novembre 1845, est la seconde fille et la dernière des six enfants du prince Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen qui fut, de 1848 à 1849, prince régnant de Hohenzollern-Sigmaringen, et de 1858 à 1862, un ministre-président de Prusse pacifique et libéral et de la princesse Joséphine de Bade, elle-même fille du grand-duc Charles II de Bade et de la grande-duchesse née Stéphanie de Beauharnais, fille adoptive de Napoléon Ier et cousine de l'empereur des Français Napoléon III.

Sa sœur aînée, Stéphanie, éphémère reine consort de Portugal de 1858 à 1859, meurt à vingt-deux ans de la diphtérie. Marie a aussi quatre frères, dont deux jouent un rôle politique notable : Carol Ier, premier souverain de la Roumanie moderne, et Léopold, dont la candidature un temps avancée en vue de ceindre la couronne espagnole a été à l'origine de la guerre franco-allemande de 1870. Ses deux autres frères sont Antoine, qui participe activement à la guerre austro-prussienne et meurt en 1866 à la suite de ses blessures lors de la bataille de Sadowa, et Frédéric, militaire dans sa jeunesse et homme assez flegmatique, peu désireux de jouer un rôle de premier plan.

Marie de Hohenzollern-Sigmaringen est élevée dans les différentes résidences de la famille : d'abord dans une demeure dépendant du château de Sigmaringen, ainsi qu'au château de Krauchenwies, résidence solitaire et forestière occupée par sa famille lors de la saison de la chasse. Jusqu'à ses quatre ans, la princesse séjourne également dans l'ancien couvent des sœurs augustines d'Inzigkofen. Son père devient chef de sa maison en 1848 et occupe, dès l'année suivante, l'ancestrale demeure de famille, le château de Sigmaringen dominant le Danube.

La grande-duchesse Louise de Bade, fille du Kronprinz de Prusse, décrit sa cousine Marie, qu'elle rencontre pour la première fois en 1850, comme « gaie, espiègle et très entreprenante […]. Rieuse, causante, et toujours expansive, elle charmait tout le monde. ». L'enfant aime particulièrement jouer au billard avec ses frères. Proche de Frédéric, son aîné de deux ans, elle ressent beaucoup de tristesse lorsque ce dernier rejoint ses frères dans leurs études militaires. Elle les retrouve avec plaisir lors de leurs vacances, notamment au château de la Weinbourg où les exigences de l'étiquette sont suspendues. Le prince Charles-Antoine tente alors de distraire ses invités en organisant des loteries ou des jeux de quilles.

En 1852, Marie est âgée de sept ans lorsque sa première gouvernante, Agnes Schäfer, est désignée. Trop calme, celle-ci ne réussit pas à s'accorder pleinement à la nature vive et indépendante de son élève, qui s'attache davantage à Élise von Werner, dame d'honneur et amie de sa mère. Madame von Werner accompagne fréquemment Stéphanie et Marie lors de visites à l'église ou aux pauvres et leur inculque le sens pratique de la vie. Hortense Cornu, amie du futur Napoléon III, recommande à Joséphine de Bade une demoiselle Naudin pour enseigner la musique et la peinture à Stéphanie, puis à sa sœur cadette Marie. De temps à autre, Marie effectue également de longues randonnées à cheval, notamment dans les Alpes.

En automne 1852, la famille de Marie s'installe définitivement au château de Jägerhof, à Düsseldorf, où le prince Charles-Antoine est appelé au commandement des troupes rhénanes. En 1856, Marie, sa mère et sa sœur vont à Londres rendre visite à Marie-Amélie de Bade, épouse de William duc de Hamilton et sœur de Joséphine de Bade, en s'arrêtant à Bruxelles. En Grande-Bretagne, les princesses assistent au retour des troupes de Crimée passées en revue par la reine Victoria. Léopold Ier, roi des Belges, et ses trois enfants, Léopold, Philippe et Charlotte, sont présents dans les tribunes officielles.

En 1858, Stéphanie se fiance avec Pierre V, roi de Portugal, qu'elle n'a jamais rencontré ; ce départ pour Lisbonne constitue une épreuve pour la famille de la mariée. La même année, Marie effectue sa première communion, un événement important pour elle et qui renforce sa piété. Le 17 juillet 1859, Stéphanie meurt de la diphtérie à Lisbonne. Marie, résidant cet été-là au château de Benrath, se souvient : « Un télégramme de mon père annonçait l'état grave de ma sœur […] Nous passâmes la journée dans les plus affreuses inquiétudes […] Le matin à 7 heures, mon père et mes frères arrivèrent… Tout était fini ; notre chère sœur n'était plus de ce monde, l'affreux mal l'avait emportée, déjà, la veille !. ». Au printemps 1860, la presse allemande évoque une union entre Pierre V, roi de Portugal, veuf de Stéphanie, avec Marie sœur de la défunte, mais ce projet ne se concrétise pas.

À l'automne 1861, Marie et sa famille séjournent à Hyères jusqu'à la fin de l'hiver 1862. Ce séjour est marqué par la phlébite qui atteint le prince Charles-Antoine et lui laisse des séquelles au niveau des jambes jusqu'à la fin de ses jours. Durant l'hiver 1863, Marie, âgée de 18 ans, assiste avec joie aux fêtes de la cour de Berlin à l'invitation de la reine de Prusse Augusta. Les relations entre Marie et la famille du roi de Prusse sont étroites : Marie devient, en mai 1866, la marraine de la princesse Victoria de Prusse, fille du Kronprinz. Trois mois plus tard, le 5 août 1866, un nouveau deuil frappe les Hohenzollern-Sigmaringen : Antoine, l'un des frères de Marie, succombe à ses blessures après la bataille de Sadowa. Cet événement clôt, en quelque sorte, la première période de la vie de Marie qui s'apprête à envisager son mariage.

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