Marie Tudor, née le 18 mars 1496 et morte le 25 juin 1533, est la fille cadette d'Henri VII Tudor et d'Élisabeth d'York. Elle est la sœur cadette du roi Henri VIII.
Elle est d'abord promise en mariage à Charles Quint, futur empereur du Saint-Empire romain germanique. Elle épouse finalement le 9 octobre 1514 à Abbeville Louis XII, roi de France, qui la laisse veuve après quelques mois de mariage et dont elle n'a pas d'enfant. En 1515, elle épouse en secondes noces Charles Brandon, duc de Suffolk.
Lorsqu'elle épouse Louis XII de France, Marie Tudor a 18 ans alors que son époux en a 52. Elle est couronnée le 5 novembre 1514 à la Basilique Saint-Denis. Ce mariage redonne un peu de vigueur au roi qui est veuf d'Anne de Bretagne depuis quelques mois seulement et dont la santé se dégrade. De plus, le roi veut un fils de la nouvelle reine pour empêcher que la couronne ne passe à son cousin, le futur roi François Ier.
La reine, quant à elle, souhaite également un fils pour garder son titre et ne pas être renvoyée en Angleterre après la mort de son époux, mais les jours du roi semblent comptés. Le roi meurt le 1er janvier 1515 de consomption, trois mois seulement après que le mariage a été célébré. On interne tout de même Marie 40 jours à l'hôtel de Cluny afin de s'assurer qu'elle ne porte pas d'enfant.
Louise de Savoie fait surveiller étroitement la « reine blanche » (couleur du deuil à l'époque), car toute grossesse pourrait écarter son fils François du trône. Début mars 1515, Marie est surprise avec Charles Brandon, duc de Suffolk, favori du roi Henri VIII. La jeune reine et Brandon, de 12 ans son aîné, sont tous deux renvoyés le lendemain en Angleterre.
Le 31 mars 1515, Marie épouse en secondes noces (sans l'autorisation du roi Henri VIII son frère) Charles Brandon, avec qui elle aura trois enfants : Henry, Frances (mère de l'éphémère reine Jeanne Grey) et Eleanor.
Les relations entre Henri et Marie se tendent vers la fin des années 1520 car elle est opposée à la demande d'annulation du mariage de son frère avec sa première épouse, Catherine d'Aragon. Et elle n'apprécie guère la future reine, Anne Boleyn, qui a été l'une de ses dames d'honneur à la cour de France.
Marie meurt prématurément en 1533, à 37 ans comme sa mère, avant que son frère ne déclenche le schisme qui donnera naissance à l'anglicanisme.
Marie Tudor serait représentée sur les tapisseries de La Dame à la licorne.
Elle est interprétée par Marion Davies dans le film Au temps de la chevalerie (1922), réalisé par Robert G. Vignola ainsi que par Glynis Johns dans le film La Rose et l'Épée (1953), réalisé par Ken Annakin. Elle apparaît dans la série Les Tudors, interprétée par Gabrielle Anwar, et dans la série The Spanish Princess, interprétée par Isla Merrick-Lawless.
(en) Charles Giry-Deloison, « « Une haquenée ... pour le porter bientost et plus doucement en enfer ou en paradis » : The French and Mary Tudor’s marriage to Louis XII in 1514 », dans David Grummitt (dir.), The English Experience in France c.1450-1558 : War, Diplomacy and Cultural Exchange, Ashgate Publishing, 2002, X-228 p. (ISBN 0-7546-0535-3, présentation en ligne), p. 132 – 159.
Jacky Lorette, Mary Tudor Brandon, reine de France, duchesse de Suffolk, éditions Dacres, 2024 (première biographie en français).
(en) Helen Matheson-Pollock, « Counselloresses and Court Politics: Mary Tudor, Queen of France and Female Counsel in European Politics, 1509–15 », dans Helen Matheson-Pollock, Joanne Paul et Catherine Fletcher, Queenship and Counsel in Early Modern Europe, Palgrave Macmillan, 2018 (ISBN 978-3-319-76973-8, DOI https://doi-org/10.1007/978-3-319-76974-5_4), p. 59-82.
(en) Erin A. Sadlack, The French Queen’s Letters. Mary Tudor Brandon and the Politics of Marriage in Sixteenth-Century Europe, Palgrave Macmillan, 2011 (ISBN 978-0-230-62030-8, DOI https://doi-org/10.1057/9780230118560)
(en) Erin A. Sadlack, « Literary Lessons in Queenship and Power. Mary Tudor Brandon and the Authority of the Ambassador-Queen », dans Susan Broomhall, Women and Power at the French Court, 1483-1563, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2019 (lire en ligne), p. 117-138.
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