Marie-Félicité-Denise Moke, plus connue sous le nom de Marie Pleyel, est une pianiste belge née le 4 septembre 1811 à Paris et morte le 30 mars 1875 à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles).
Elle est une des plus célèbres virtuoses du XIXe siècle.
Marie Pleyel est un esprit libre aussi bien dans sa carrière que dans sa vie privée mais elle est très respectée sur la scène musicale européenne.
Marie-Félicité-Denise Moke est née à Paris le 4 juillet 1811. Son père, Jean Jacques Moke, est un professeur de langues belge, originaire de Torhout, en Flandres. Sa mère, Maria Magdalena Segnitz est allemande et tient un magasin de lingerie à Paris. Elle a deux frères, dont l'historien et écrivain Henri Moke, professeur de l'Université de Gand et membre de l'Académie royale de Belgique. Sa mère qui est aussi pianiste amatrice l'initie à la musique
Fiancée avec Hector Berlioz en 1830, elle rompt, probablement sur l'instigation de sa mère, pendant l'absence de Berlioz, parti pour Rome, et épouse le 5 avril 1831 Camille Pleyel, compositeur et facteur de piano, fils d'Ignace Joseph Pleyel.
Au printemps 1830, Hector Berlioz s'éprend de Marie Moke. Prix de Rome en poche, il doit partir pour l'Italie, mais il se croit assuré d'épouser Marie. À la Villa Médicis, il ne reçoit pourtant ni nouvelles ni lettres de Marie. Il décide de rentrer à Paris. Sur le chemin du retour, à Florence, une lettre de Mme Moke mère lui apprend le prochain mariage de Marie avec le facteur de pianos Camille Pleyel. Berlioz ourdit aussitôt le projet d'un triple assassinat contre Marie, sa mère et Camille Pleyel, en n'oubliant pas son propre suicide.
Il entreprend de quitter l'Italie, malgré le Prix de Rome dont il perdrait le bénéfice s'il quittait l'Italie, et de se rendre à Paris pour tuer les deux femmes et son rival. Heureusement les circonstances et la raison reprennent le dessus et le funeste projet ne se réalise pas. Cependant Berlioz lui garde une rancune féroce qu'il transpose dans une nouvelle des Soirées de l'orchestre, Euphonia ou la ville musicale, où elle apparaît « à peine déguisée » sous le nom anacyclique d'Ellimac (Camille) puis sous celui, plus mystérieux, de Nadira.
Camille et Marie Pleyel ont un fils, Ignace Henry Pleyel (1832-1853) et une fille, Camille Louise Pleyel (1833-1856). Pendant son mariage, Marie Pleyel continue à enseigner le piano et à donner des concerts dans les salons parisiens et dans la salle Pleyel de la société de Camille Pleyel, rue de Rochechouart.
Marie Pleyel mène une vie libre et mouvementée. Elle a d'innombrables admirateurs et beaucoup d'amis intimes : les compositeurs Félix Mendelssohn Bartholdy, Frédéric Chopin, Robert Schumann, Ferdinand Hiller; les écrivains et poètes Félix Arvers, Alfred de Musset, Heinrich Heine, Alexandre Dumas (père et fils), Jules Janin, Emmanuel Gonzalès, Victor Hugo ; les peintres Eugène Delacroix, Adolphe Yvon etc.
Les époux se séparent après quatre ans de mariage et Camille Pleyel obtient le divorce pour infidélité le 29 juillet 1836. Marie Pleyel vit alors quelque temps à Hambourg où elle se produit à plusieurs reprises en concert.
Enfant prodige au piano, Marie Pleyel donne son premier concert à l'âge de huit ans.
Son premier professeur de piano est Jacques Herz (1794–1880), frère de Henri Herz. Plus tard, elle étudie avec Ignaz Moscheles, alors de passage à Paris, puis Friedrich Kalkbrenner qui lui enseigne l'égalité d'aptitude des deux mains et la clarté.
À l’âge de quinze ans, elle est déjà connue en Belgique, Autriche, Allemagne et Russie comme une virtuose accomplie. Elle impressionne le public par l’aisance et la poésie de son interprétation de Beethoven et de l’école romantique.
Elle fait des tournées en Angleterre, en Autriche et en Russie. C’est en Russie qu’elle entend le pianiste autrichien Sigismund Thalberg, qui exerce désormais sur elle une grande influence artistique.
En 1842, elle se rend à Bruxelles où vit désormais sa mère. Pendant cinq ans, elle se consacre à améliorer la puissance sonore de son jeu, développer de nouvelles nuances de couleurs tonales et de nouveaux accents toniques de son diapason dynamique. En 1845, elle reprend les concerts et se produit à Paris, d'abord dans les salons du facteur de piano Jean-Henri Pape, puis lors de deux concerts au Théâtre italien. Elle remporte un grand succès mais doit rentrer à Bruxelles auprès de sa mère, très malade.
En 1846, elle se rend à Londres où le succès est le même. Elle donne un grand nombre de concerts en France, se déplaçant avec ses deux grands pianos de concert.
En 1850, elle s'installe dans un hôtel de maître, l’actuel Hôtel Cohn-Donnay, au n°316 de la rue Royale, à Saint-Josse-Ten-Noode, dans la région bruxelloise où un pavillon de musique est construit pour qu'elle puisse y donner des concerts.
Elle organise aussi des soirées musicales dans les salons de sa maison bruxelloise, pendant lesquelles elle joue elle-même et présente ses meilleurs élèves ainsi que des artistes invités.