Ce Jour-là

Marie Noël

Auteure et poétesse française

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Marie Noël, nom de plume de Marie Rouget, née le 16 février 1883 à Auxerre et morte le 23 décembre 1967 dans la même ville, est une poétesse française, appréciée par Valéry, Montherlant ou Aragon et ayant reçu, de son vivant, de nombreuses distinctions.

Marie Noël est particulièrement connue pour son œuvre poétique se rattachant à la chanson traditionnelle, ses contes, ainsi que pour ses Notes intimes publiées en 1959.

Elle a entretenu des correspondances avec plusieurs intellectuels de son époque.

Elle naît d'une famille catholique pratiquante et dans une ville bouleversée par l'anticléricalisme et le jansénisme. Elle ne s'éloignera que très peu de sa ville natale et de la maison de ses parents, si ce n'est pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le 23 décembre 2017, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, est ouvert son procès en béatification. Elle reçoit alors le titre de servante de Dieu.

Marie Noël naît dans une famille très cultivée, respectueuse de la tradition catholique, mais sans aller au-delà de l'assistance aux offices lorsqu'il le faut. Louis Rouget, son père, est agnostique ; il est agrégé de philosophie, professeur de philosophie et d'histoire de l'art au collège d'Auxerre, mais aussi grand botaniste. Sa mère, née Marie Emélie Louise Barat, est croyante et d'un naturel plus ouvert et plus enjoué que son père. Elle est issue d'une vieille famille auxerroise, compagnons de rivière depuis les années 1400, puis charpentiers de bateaux, et enfin entrepreneurs en bâtiment depuis le XVIIIe siècle.

Auxerre est au tournant du siècle très influencée d'un côté par l'anticléricalisme de la IIIe République et de l'autre par des siècles de jansénisme, mettant l'accent sur la crainte de Dieu.

La famille a l'habitude de se réunir au salon de musique pour jouer de la musique. Les grands-parents qui demeurent à côté sont très présents et sa grand-mère Marie-Théodorine raconte avec force détails les anecdotes du passé.

Marie, bonne pianiste et férue de lectures, reste célibataire et s’éloignera très peu de sa ville natale. Sa vie n'en fut pas lisse pour autant : un amour de jeunesse inavoué et déçu (et l’attente d’un amour qui ne viendra jamais), son jeune frère, Eugène, retrouvé mort dans son lit un lendemain de Noël 1904 (drame familial qui fut à l'origine de son pseudonyme), les crises de sa foi… tout cela sous-tend une poésie aux airs de chanson traditionnelle. Elle correspond avec l'abbé Mugnier dans sa jeunesse et rencontre Vincent d'Indy.

De 1895 à 1941, elle vit dans la grande maison construite par son père en 1895, puis, lorsque les Allemands en occupent le rez-de-chaussée, déménage dans la maison contiguë de ses grands-parents, au premier étage, avec sa mère et sa tante.

L'été, elle loue à l'année une grande maison à Diges, près d'Auxerre, pour profiter de la campagne.

Le 18 mai 1960, sur proposition de Charles de Gaulle, elle est promue au grade d'officier de la Légion d'honneur. La croix d'officier lui est remise le 3 juillet 1960 à Auxerre par Léon Noël, grand-officier de la Légion d'honneur, ambassadeur de France, membre de l'Institut et président du Conseil constitutionnel.

Devenue presque aveugle, elle meurt apaisée la veille de Noël 1967, ayant communié une dernière fois.

Ses obsèques ont lieu en l'église Saint-Pierre d'Auxerre, sa paroisse. Elle est inhumée dans la sépulture familiale du cimetière Saint-Amâtre d'Auxerre.

Toute son œuvre, sa maison, ses meubles, sont légués à la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne.

Femme passionnée et tourmentée, elle n'est souvent connue que pour ses œuvres de « chanson traditionnelle », au détriment de ses écrits plus sombres dont la valeur littéraire et la portée émotive sont pourtant plus fortes, notamment le poème pour l'enfant mort, véritable « hurlement » (titre d'un autre de ses poèmes) d'une mère écartelée entre sa souffrance quasi animale et sa foi en Dieu appelant à l'acceptation (Marie Noël était profondément catholique, voire mystique). Le déchirement entre foi et désespoir, qui culmine dans un cri blasphématoire aussitôt repenti, est ici particulièrement poignant, selon la lecture que fait Jeanne-Marie Baude des Notes intimes. Dans cette même veine, Marie Noël rédige dans ces mêmes Notes intimes une prière intitulée « Mon Dieu, je ne vous aime pas ».

Elle entretint une importante correspondance avec des intellectuels de son époque : Henry de Montherlant, François Mauriac, Jean Cocteau, Colette, la princesse Bibesco, et fut notamment une grande amie de l'ambassadeur Léon Noël (1888-1987) (sans lien de parenté).

En 1962, le compositeur Roger Boutry, grand prix de Rome, a choisi son Rosaire des joies pour texte d’un oratorio donné en première audition au théâtre des Champs-Élysées, en février 1963, avec un grand succès.

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