Ce Jour-là

Marie Marvingt

Aviatrice, sportive et journaliste française

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Marie Marvingt, née le 20 février 1875 à Aurillac (Cantal) et morte le 14 décembre 1963 à Laxou (banlieue de Nancy, en Meurthe-et-Moselle), est une pionnière de l'aviation, inventrice, sportive, alpiniste, infirmière et journaliste française.

Surnommée « la fiancée du danger », elle se fait connaître avant la Première Guerre mondiale par ses multiples exploits dans des disciplines sportives plus ou moins à risques comme l'alpinisme, le cyclisme, le tir sportif, la natation et de nombreux autres sports, notamment d'hiver. La découverte des sports de l'air est une révélation : aéronaute puis aviatrice, elle est l'une des premières femmes à voler seule et la première à traverser la Manche du continent vers l'Angleterre en 1909. L'année suivante, elle établit le premier record de la coupe Femina.

Ambassadrice de l'aviation sanitaire, elle conçoit un prototype d'avion-ambulance qu'elle ne parvient pas à construire avant la Première Guerre mondiale. Lors de ce conflit international, elle s'invite à deux bombardements avant de se voir émettre le refus officiel de l'armée. Elle retourne à Nancy où elle devient infirmière et correspondante de guerre. Décidant de rejoindre le front comme poilu, Marvingt y reste 47 jours déguisée en homme avant d'être démasquée. La sportive utilise alors ses talents de skieuse dans les Dolomites sur le Front italien où elle aide à l'évacuation des blessés. Durant la Grande guerre, avec le Docteur René Gauthier de Luxeuil-lès-Bains, elle invente un type de suture chirurgicale minimisant le risque d'infection sur le champ de bataille.

Après la Première Guerre mondiale, Marie Marvingt reste journaliste et part vivre au Maroc où elle crée le premier lieu de formation des infirmières pilotes d'avions sanitaires et reçoit la médaille de la Paix. Elle fait partie de ce service pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle continue le cyclisme et prépare son brevet de pilote d'hélicoptère jusqu'à sa mort à l'âge de 88 ans. Comptabilisant trente-quatre décorations, elle est la femme la plus décorée de l'histoire de France.

Marie Félicie Élisabeth Marvingt naît à Aurillac le 20 février 1875. Ses parents sont Félix-Constant Marvingt (1827-1916), fonctionnaire des postes, et Élisabeth Brusquin Pallez (1840-1889), qui se sont rencontrés à Metz avant de se marier dans cette ville le 16 juillet 1861. Cette même année, Félix-Constant, également artiste, expose à l'exposition universelle de Metz en qualité de graveur. Le couple vit au rythme des mutations professionnelles de Félix-Contant : Paris pour débuter, Pont-Audemer en 1864 et Thionville en 1867. Le couple quitte Thionville lorsque la ville tombe sous le contrôle de l'Empire allemand en 1870. Muté à Aurillac, Félix-Constant et sa femme partent alors s'installer en Auvergne où naît leur fille Marie. Les trois premiers enfants du couple, Louis, Charles et Eugène, sont tous morts dans leur petite enfance. Le cinquième et dernier enfant de la famille, lui aussi prénommé Eugène, le cadet de trois ans de Marie, a une santé fragile. Receveur des postes, le père de famille est passionné de sports. Il initie sa fille, dès son plus jeune âge, aux disciplines sportives qu'il aurait voulu enseigner à ses garçons.

La jeune Marie commence le sport très tôt par la natation : elle dit avoir appris à nager en même temps qu'elle a appris à marcher. Alors qu'elle a quatre ans, elle nage plusieurs kilomètres quotidiennement dans la rivière Jordanne. Partenaire d'aventure de son père, Marie Marvingt apprend avec lui les activités sportives une à une, sans concession, de l'escalade au billard.

En février 1879, la famille Marvingt s’installe à Lille, où Félix-Constant Marvingt achève sa carrière professionnelle en tant que receveur principal des Postes, affecté au quartier de la place Saint-Martin. Il est admis à la retraite le 11 octobre 1879. En 1880, la famille Marvingt retourne en Lorraine, dans l'Empire allemand, probablement à cause des problèmes de santé d'Élisabeth, pour qu'elle se rapproche de sa famille restée à Metz. Marie y découvre l'enseignement dans une école dirigée par deux sœurs (école chrétienne de la Miséricorde), les Demoiselles Daurès. Elle apprend l'allemand à l'école et parle français à la maison. L'une des sorties scolaires consiste à assister au spectacle d'un cirque. Intriguée par cet univers, elle supplie son père de recevoir des leçons au cirque jusqu'à ce qu'il accepte. Elle suit une formation de funambule, trapéziste, jongleuse et cavalière avec le cirque Rancy. Ces activités lui permettent de devenir une gymnaste accomplie.

Sa mère Élisabeth meurt en mars 1889. La famille s'installe alors à Nancy, au no 8 de la place de la Carrière. Outre l'équitation apprise au cirque, Marie s'initie au vélo et scandalise les habitants de la commune de Nancy, peu habitués à voir une jeune femme à bicyclette. Son père, désormais retraité depuis près de 10 ans, s'implique totalement dans l'entraînement de sa fille. Elle réalise ses premiers exploits, accomplissant à quinze ans le trajet de Nancy à Coblence en canoë par la Meurthe et la Moselle. Le 13 novembre 1896, la 9e Chambre du tribunal de première instance du Département de la Seine condamne Marie Marvingt à trois mois de prison avec sursis pour vol « commis au préjudice des magasins du Louvre, du Bon Marché et du Printemps ».

En 1897, un nouveau drame touche la famille Marvingt : son frère Eugène meurt d'une attaque cardiaque à l'âge de 19 ans. Sa sœur s'investit encore plus dans l'entraînement et la compétition.

En 1899, elle devient l'une des premières femmes titulaires du certificat de capacité pour conduire des automobiles. Elle participe plus tard à plusieurs courses automobiles dans le Sahara.

Elle aurait passé une licence de lettres et se serait inscrite dans plusieurs facultés. Elle étudie la médecine et le droit, apprenant au passage à parler cinq langues dont l'espéranto et obtenant son diplôme d'infirmière de la Croix-Rouge.

Marvingt dort quatre à cinq heures par jour seulement et prévoit son emploi du temps à l'avance pour s'organiser plus facilement. Elle refuse catégoriquement de se marier ou de devenir mère. Dans son temps libre, elle rédige et publie des poèmes sous le pseudonyme de Myriel.

En 1904, elle participe à sa première course cycliste, de Nancy à Bordeaux. Elle prend part l'année suivante à une autre grande course routière : Nancy-Milan, puis Nancy-Toulouse en 1906. Les femmes n'étant pas autorisées à porter un pantalon et le pédalage s'avérant complexe en jupe, elle adopte la jupe-culotte pour améliorer ses performances.

De nombreuses sources, qui se recopient les unes les autres, indiquent qu'en 1908, elle aurait posé sa candidature pour participer au Tour de France, mais que devant le refus des organisateurs, elle aurait effectué le même parcours que les hommes en prenant le départ quelques minutes après eux et serait parvenue à terminer la compétition, comme 36 des 114 compétiteurs hommes. Il n'existe pourtant aucune preuve d'une telle allégation, qui relève de la légende urbaine.

Nageuse, elle est la première Française à accomplir les 12 km de la traversée de Paris à la nage, en juillet 1906, se classant quinzième au général et troisième féminine dans un temps de 4 h 11 min 23 s, en deçà du précédent record d'Annette Kellermann battu cette même année par la Suissesse Marthe Robert, classée dixième, avec un temps de 3 h 20 min 01 s. En septembre 1907, elle remporte la traversée de Toulouse dans un temps de 1 h 26 min 50 s, devançant ses plus proches poursuivantes de plus de trois minutes.

Marie Marvingt s'illustre aussi dans de nombreux sports de montagne. En juillet 1905, elle fait la première féminine de la traversée Charmoz-Grépon en compagnie des guides Edouard et Gustave Payot, en dix-huit heures. Cet exploit — notamment l'escalade de la réputée difficile aiguille du Grépon — lui vaut d'être mentionnée comme l'une des pionnières de l'alpinisme français dans le magazine français Femina en septembre 1911. Elle a également gravi la dent du Géant, la dent du Requin, le mont Rose, la Jungfrau, les aiguilles Rouges, le Wetterhorn ou encore l'aiguille du Moine. Entre 1908 et 1910, elle remporte plus de vingt médailles d'or à Chamonix dans différentes disciplines : en ski, patinage artistique et patinage de vitesse, au concours de saut ou encore en gymkhana sur glace. Le 26 janvier 1910, elle remporte la première compétition féminine de bobsleigh à Chamonix, au cours de la Coupe Léon Auscher.

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