Marie Jaëll, née Trautmann le 17 août 1846 à Steinseltz, au nord de l'Alsace, et morte le 4 février 1925 à Paris (16e arrondissement), est une pianiste, compositrice et pédagogue française. Son mari, Alfred Jaëll, qu'elle épouse en 1866, est également un pianiste virtuose de renommée européenne. Les deux époux tiennent dans leur appartement un salon dans lequel se presse le Tout-Paris. Elle s'inspire des outils que lui offrent les sciences neuro-psychologiques pour étudier de la technique pianistique. Elle publie plusieurs ouvrages sur son analyse très poussée du toucher et sa pédagogie est encore enseignée en 2026.
Marie Trautmann naît le 17 août 1846 à Steinseltz dans une famille de propriétaires terriens. Son père, Georges Trautmann, est agriculteur et maire du village. Christine Schopfer, sa mère, consciente de ses talents musicaux va organiser ses premiers concerts.
Enfant prodige, elle bénéficie d'une formation musicale de pianiste avec Hamma à Stuttgart en Allemagne, puis avec Herz au Conservatoire de Paris où elle obtient brillamment le Premier prix en 1862, après seulement quatre mois de cours.
En 1866 elle épouse Alfred Jaëll, également pianiste et de 14 ans son aîné. Son époux a un vaste réseau de relations parmi lesquels figurent Brahms, Liszt, Rubinstein.
La future compositrice suit les enseignements (composition) de César Franck et de Camille Saint-Saëns.
Alfred Jaëll refuse le poste de directeur de l'école de musique de Leipzig, pour entamer une tournée de concerts avec sa femme. Les relations diplomatiques entre la France et l'Allemagne se tendent à la suite de la défaite française de 1870 ; Marie Jaëll demande la nationalité française. Alfred Jaëll meurt des suites d'un diabète à 49 ans en 1882. Marie Jaëll est veuve à 35 ans.
La compositrice est également connue comme pianiste virtuose, mais c'est la composition qui la passionne. Saint-Saëns écrit : « Mme Marie Jaëll ne veut plus que l’on parle de son talent de pianiste. Elle en est rassasiée et ne vise qu’à la haute composition. Ses premiers essais ont été tumultueux, excessifs, quelque chose comme l’irruption d’un torrent dévastateur ». Marie Jaëll donne plusieurs concerts mémorables pendant lesquels elle interprète l'intégrale des œuvres pour piano de Liszt, l'intégrale des sonates de Beethoven (une première en France) et des sonates de Schumann.
Compositrice reconnue et appréciée, Marie Jaëll se consacre aussi de manière originale à l'étude de la technique pianistique : elle se livre à une analyse très poussée du toucher. En 1896 elle publie La musique et la psychophilologie.
Mettant à contribution les outils que lui offrent les sciences neuro-psychologiques, qui se développent à l'époque, elle mène des recherches très précises pour connaître le potentiel de la main humaine, et réalise quelques expériences avec le Dr Charles Féré, médecin physiologiste à l'hôpital Bicêtre à Paris. Mettant l'accent sur l'importance du développement des facultés mentales et des capacités auditives et visuelles du musicien, elle propose une méthode d'enseignement du piano toujours pratiquée : Le toucher : enseignement du piano basé sur la physiologie (1899). Elle écrit près d'une dizaine d'ouvrages qui précisent et détaillent sa pensée.
Marie Jaëll meurt le 4 février 1925. Elle est inhumée au cimetière de Passy (3e division).
En 1855, Marie Trautmann, donne sa première audition publique à l'âge de neuf ans, en présence d'Ignaz Moscheles qui lui promet un grand avenir. L'année suivante, Henri Herz, professeur au Conservatoire de Paris, accepte de lui donner des cours ; elle commence en parallèle une série de tournées de près de 200 concerts à travers l'Allemagne, la Suisse, l'Alsace, à Paris et en Angleterre. Sa renommée d'enfant prodige est grandissante.
En 1862, Marie Trautmann devient officiellement étudiante au Conservatoire de Musique de Paris et obtient le Premier prix de piano la même année.
Après son mariage avec Alfred Jaëll, les époux vont donner ensemble une série de concerts à travers toute l'Europe jusqu'en Russie en contribuant à faire connaître les œuvres des grands compositeurs tels que Brahms, Liszt, Beethoven, Schubert, Mendelssohn et Reinecke.
Dans la période située entre 1871 et 1900, Marie Jaëll compose de nombreux morceaux de musique qu'elle présente à la Société Nationale de Paris et s'impose parmi une société de compositeurs très largement masculine. En 1887 elle est admise à la Société des Compositeurs de Musique de Paris comme « membre actif » sur proposition de C. Saint-Saëns et G. Fauré.
Beethoven's Marcia alla Turca des Ruines d'Athènes en collaboration avec Alfred Jaëll
Deux méditations pour le piano (dédiées à Monsieur Théodore Hoffmann - Mérian.
Feuillet d'album pour piano dédié à son cher époux.
Six petits morceaux pour piano (dédiés à Marie-Claire)