Ce Jour-là

Marie-Thérèse de France (1778-1851)

Duchesse d’Angoulême puis dauphine de France puis comtesse de Marnes

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Marie-Thérèse Charlotte de France, surnommée « Madame Royale », née le 19 décembre 1778 à Versailles et morte le 19 octobre 1851 à Frohsdorf en Autriche, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Après une enfance passée à la cour, elle est la seule des enfants royaux à survivre à la Révolution française. Exilée hors de France en 1795, elle retrouve son pays de 1814 à 1830, où elle redevient l'une des personnes les plus influentes de la famille royale auprès de ses oncles Louis XVIII et Charles X. Condamnée à un nouvel exil après la révolution de 1830, elle meurt en 1851 en Autriche, sous le titre de courtoisie de comtesse de Marnes.

Scrutée une bonne partie de sa vie aussi bien par ses admirateurs que par ses détracteurs, rendant compte de ses faits et gestes quotidiens, « Madame Royale » devient bien malgré elle l’héroïne de chansons, de poèmes, de récits au goût du jour, voire d'insultes.

Parce qu'elle reste le dernier enfant survivant de Louis XVI et Marie-Antoinette, « Madame Royale » a profondément marqué certains esprits. Ainsi, Chateaubriand a écrit d'elle : « [S]es souffrances sont montées si haut, qu’elles sont devenues une des grandeurs de la révolution. » De même, la duchesse de Dino affirmait, dès 1833 : « [C]’est, incontestablement, la personne la plus poursuivie par le sort que l’histoire puisse offrir. »

Naissance et baptême à Versailles : « Mousseline la sérieuse »

Marie-Thérèse Charlotte de France est nommée « Madame » (ou « Madame Royale » pour la distinguer de l'autre Madame : la comtesse de Provence, belle-sœur du roi). Sa mère l’appelle toutefois par le surnom de « Mousseline la Sérieuse ». Elle est le premier enfant de Louis XVI et de Marie-Antoinette, né après plus de huit ans de mariage.

Sa naissance est attendue et saluée par le peuple français, et l'on entonne des Te Deum dans toutes les églises du royaume pour la célébrer. Des villes de province, dont Toulouse, ont réalisé des tableaux à cette occasion.

Marie-Thérèse est baptisée le 19 décembre 1778, jour de sa naissance, dans la chapelle du château de Versailles par le cardinal-évêque de Strasbourg Louis de Rohan, grand aumônier de France . Son parrain est un cousin de son père, le roi Charles III d’Espagne, représenté par Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence (futur Louis XVIII), et premier dans l'ordre de succession. Sa marraine est sa grand-mère maternelle, l’impératrice douairière Marie-Thérèse, représentée par la comtesse de Provence.

Marie-Thérèse-Charlotte, couramment appelée par son troisième prénom, connaît une enfance de fille de France dans une cour de Versailles unique en son genre. De nombreux écrits, notamment les mémoires de la baronne d’Oberkirch, témoignent du caractère orgueilleux de la jeune princesse, que Marie-Antoinette se soucie de corriger.

Sous la Révolution : « Les Années Terribles »

Marie-Thérèse a dix ans lors du déclenchement de la Révolution. Le 6 octobre 1789, une foule venue la veille de Paris envahit le château de Versailles, massacre des gardes du corps et ramène dans la capitale la famille royale, qui s’installe au palais des Tuileries.

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, ses parents l’emmènent – avec son frère et sa tante, Madame Élisabeth – dans leur tentative de fuite. À quelques lieues de la forteresse de Montmédy qu’il avait choisie pour refuge, dans le village de Varennes-en-Argonne, le roi est reconnu et la famille royale arrêtée. La princesse, qui n’a pas treize ans, assiste au retour humiliant jusqu’aux Tuileries, en présence des commissaires de l’Assemblée qui prennent place à leurs côtés, sous les insultes d’une foule qui les menace parfois de mort. L’année suivante, Madame Royale est témoin de la journée du 20 juin 1792, au cours de laquelle le palais des Tuileries est envahi par la foule parisienne, qui oblige Louis XVI à coiffer un bonnet phrygien. Quelques semaines plus tard, le 10 août 1792, les Tuileries sont prises d’assaut ; la famille royale doit se réfugier à l’Assemblée, puis est emprisonnée au couvent des Feuillants, avant d’être enfermée le 13 août à la prison du Temple.

« Thérèse Capet » vient d’avoir quatorze ans quand, à l'issue de son procès, son père est condamné à mort ; il est exécuté le 21 janvier 1793. En septembre 1793, sa mère Marie-Antoinette est transférée à la prison de la Conciergerie, où la reine attend d’être jugée puis exécutée, le 16 octobre 1793. Marie-Thérèse demeure désormais seule avec sa tante paternelle, Madame Élisabeth, âgée de 29 ans. Quant à son petit frère Louis, confié depuis le mois de juillet à un « précepteur » révolutionnaire, le cordonnier Antoine Simon, ainsi qu’à son épouse, il vit enfermé à l’étage inférieur et n’a plus de contact avec sa sœur, sinon le 6 octobre, lorsqu’elle est confrontée à lui, lors de l’instruction du procès de la reine ; à cette occasion et sous influence ou contrainte, son frère accuse leur mère de s'être rendue coupable d’inceste. « Elle ne cesse de dire qu’elle ne sait rien, qu’elle n’a rien vu de tout cela ».

Les survivants, Marie-Thérèse, son frère et leur tante, qui n'ont jamais exercé de responsabilités politiques, sont dès lors enfermés uniquement pour ce qu’ils représentent et à cause de leur naissance.

Le 10 mai 1794, Madame Élisabeth est à son tour guillotinée. Marie-Thérèse, coupée du monde, vit alors la période la plus éprouvante de son emprisonnement. Pour se défendre contre ses gardiens, elle ne leur adresse plus la parole. Elle a 15 ans et écrit sur les murs de sa prison ces graffitis :

« Marie-Thérèse-Charlotte est la plus

malheureuse personne du monde.

Elle ne peut obtenir de savoir des nouvelles

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