Ce Jour-là

Marie-Jean Hérault de Séchelles

Homme politique français

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Marie-Jean Hérault de Séchelles, né à Paris le 15 novembre 1759, mort guillotiné dans la même ville le 16 germinal an II (le 5 avril 1794), est un homme politique de la Révolution française.

La famille Hérault de Séchelles est issue de la famille Hérault des seigneurs de Plomb (Manche), originaire de Normandie, établie en Bretagne et à Paris, qui a prouvé sa noblesse jusqu'en 1456 avec Jean Ier Hérault, écuyer, seigneur de Plomb et de Saint-Jean-du-Corail (diocèse d’Avranches).

Citée en 1379 et 1390, cette famille a formé plusieurs branches, celles des seigneurs de Plomb, La Véronne, La Benoîtière [Benastière], [La] Bassecourt, Séchelles, Fontaine l'Abbé, etc, toutes issues de Geoffroy II Hérault, seigneur de Plomb et de La Benoîtière, vivant en 1530.

Maintenue noble en 1669 et 1704, elle portait : D'argent, à trois canes de sable, becquées & membrées d'or, posées deux & une.

Il est le fils de Jean-Baptiste Martin Hérault de Séchelles et de Marie-Marguerite Magon de La Lande, le petit-fils de René Hérault et l'arrière-petit-fils de Jean Moreau de Séchelles, contrôleur général des finances du roi Louis XV. Il est toutefois admis que son père Jean-Baptiste Martin Hérault de Séchelles serait le fils naturel du maréchal Louis Georges Érasme de Contades, amant de sa mère (Hélène Moreau de Séchelles, madame René Hérault) à l'époque de sa conception, et non celui de René Hurault.

Il est élève au collège de Juilly.

Il est avocat du roi au Châtelet à 18 ans. Grâce à une dispense d'âge très fréquente dans les familles d'héritiers, il est en 1785 le plus jeune avocat général au Châtelet, où il se fait remarquer par ses « chaleurs antiphysiques » selon Charles-Pierre Coste d'Arnobat, c'est-à-dire ses inclinations homosexuelles.

Il dit avoir figuré parmi ceux qui ont pris la Bastille.

En septembre 1791, la France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution. Le même mois, Marie-Jean Hérault de Séchelles, alors commissaire du roi près le tribunal de cassation, est élu député du département de Paris, le quatorzième sur vingt-quatre à l'Assemblée nationale législative.

Il siège à gauche dans l'hémicycle. En février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. En août enfin, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est destitué et incarcéré à la tour du Temple avec sa famille.

En septembre 1792, Hérault de Séchelles est réélu député, le dixième sur quatorze pour le département de Seine-et-Oise, à la Convention nationale.

En novembre 1792, Hérault de Séchelles est élu président de la Convention, et ses secrétaires sont l'abbé Henri Grégoire, Bertrand Barère et Jean Debry. À la fin du même mois, il est désigné commissaire pour le département du Mont-Blanc aux côtés de l'abbé Henri Grégoire, de Grégoire Jagot et Philibert Simond.

En mission, Hérault de Séchelles et les autres commissaires ne participent pas aux votes lors du procès de Louis XVI. Le 13 janvier 1793, ils rédigent une lettre à la Convention dans laquelle ils s'expriment « pour la condamnation de Louis Capet par la Convention nationale, sans appel au peuple ». Le même jour, ils écrivent à Jean-Bon Saint-André, député du Lot, pour lui assurer qu'ils sont « pour la mort de Louis, sans appel au peuple », lettre publiée dans le journal Le Créole Patriote. Le 3 février, ils écrivent une lettre à Georges-Jacques Danton pour lui confier « le net refroidissement de la population savoyarde à l'égard de la Révolution ».

En avril 1793, Hérault de Séchelles ne participe pas au scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. En mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze. Le même mois, il est adjoint au Comité de Salut public, aux côtés de Georges Couthon, Jean-Baptiste-Charles Mathieu, Dominique Ramel-Nogaret et Louis-Antoine de Saint-Just afin de rédiger le projet de constitution. Il est reconduit dans ses fonctions au Comité de Salut public le 10 juillet, le cinquième sur neuf, par 175 voix. En août, il est de nouveau élu président de la Convention et ses secrétaires sont Jean-Pierre-André Amar, Léonard Bourdon et Joseph Fayau.

Entre brumaire et frimaire an II (fin octobre- 10 décembre 1793), Hérault de Séchelles est envoyé en mission dans le département du Haut-Rhin. Pendant son absence, François-Louis Bourdon, député de l'Oise, le dénonce comme « ci-devant noble » et pointe ses liaisons avec les militants hébertistes "exagérés" Pierre-Ulric Dubuisson, Jacob Pereira et Berthold Proly. De retour à la Convention, Hérault de Séchelles rend compte de sa mission, se défend des accusations portées contre lui et démissionne du Comité de Salut public. Hérault de Séchélles est arrêté le 25 ventôse an II-15 mars 1794 par un décret cosigné par les comités de salut public et de sûreté générale.

Hérault de Séchelles est décrété d'accusation la nuit du 10 au 11 germinal an II (du 30 au 31 mars 1794) sur motion de Saint-Just et est guillotiné le 15 du même mois (le 5 avril), aux côtés de Camille Desmoulins, Georges Danton, Jean-François Delacroix et Pierre-Nicolas Philippeaux.

Loris Chavanette a retrouvé dans L'Abbréviateur universel un article qui souligne que la mort d'Hérault eut lieu le jour même de la première de La Réunion du dix août, la pièce de Gabriel Bouquier et Pierre-Louis Moline dans laquelle il figure : "Une circonstance vraiment unique dans l'histoire & qu'elle n'aura garde d'oublier, c'est que Hérault de Séchelles présidoit la convention nationale le 10 août 1793, jour de la cérémonie dont la sans-culottide est l'image fidelle (sic), & que ce même homme qui prononça publiquement alors toutes les harangues de cette fête, fut représenté sur le théâtre de l'Opéra national, vouant à l'exécration des siècles & à la mort infâme tous les contre-révolutionnaires au pied de la statue de la Liberté, dans la place de la Révolution, ci-devant place Louis XV, au moment où, dans cette même place, au pied de la même statue, un jugement révolutionnaire faisoit tomber sur l'échafaud la tête de ce conspirateur & de ses complices."

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