Ce Jour-là

Maria Pia de Saxe-Cobourg Bragance

Fille bâtarde présumée du roi Charles Ier de Portugal, compositrice et femme de lettres portugaise

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Maria Pia de Saxe-Cobourg Bragance, née le 13 mars 1907 à Lisbonne et morte le 6 mai 1995 à Vérone, est une femme de lettres portugaise. Elle est surtout connue pour avoir prétendu être la fille illégitime du roi Charles Ier de Portugal et, de ce fait, la prétendante au trône du Portugal et au titre de « duchesse de Bragance ». Elle a aussi publié des livres sous le pseudonyme de Hilda de Toledano.

Maria Pia de Saxe-Cobourg et Bragance est née le 13 mars 1907 avenue de la Liberté, dans la paroisse du Cœur de Jésus, à Lisbonne, au Portugal, prétendument fille adultérine du roi Charles Ier de Portugal, alors marié à la princesse Amélie d'Orléans, et de Maria Amelia de Laredó e Murça, née à Cametá, dans l'État de Pará, au Brésil. Cette dame était la fille d'un couple de riches brésiliens installés au Portugal à la fin du XIXe siècle : Armando Maurício Laredó e Laredó et Maria Amelia Murça e Berhen. Si la baronnie dont ses parents se prévalaient ne semblait pas légitime, elle ne fut cependant jamais remise en question publiquement et parfois tolérée en société.

Dans ses Mémoires d'une infante vivante, Maria Pia de Bragance indique que la famille se serait ensuite installée à Madrid où elle aurait été baptisée à l'église Saint Firmin de los Navarros le 15 avril 1907. Le registre, détenu à l'église de la Vierge Marie du Mont Carmel et de Saint-Aloysius, aurait mentionné que le père était « D. Carlos de Saxe-Cobourg et Savoie de la maison de Bragance du Portugal », soit le roi Charles Ier de Portugal, à l'époque marié à la princesse Marie-Amélie d'Orléans, fille aînée de Philippe d'Orléans et de Marie-Isabelle d'Orléans.

En 1925, Maria Pia de Bragance épouse Francesco Javier Bilbao y Batista, un playboy cubain de 20 ans son aîné et divorcé, héritier d'une riche famille d'éleveurs. Le mariage, qui a lieu à l'ambassade de Cuba à Paris, est uniquement civil et aboutit à un divorce. De cette union naît en 1932 une fille, Fátima Francisca Xaviera Iris Bilbao de Saxe-Cobourg et Bragance, chez laquelle on diagnostique un retard mental et qui meurt [sans alliance, ni descendance] en 1982. Après un court séjour à Cuba, le couple se réinstalle en Espagne où Francesco Javier Bilbao y Batista meurt le 15 novembre 1935.

Pour échapper à la guerre civile espagnole, Maria Pia de Bragance s'installe à Rome avec sa mère et sa fille. Elle se marie clandestinement [civilement et religieusement] en 1939 avec le colonel Giuseppe Blais (1891-1983) – petit-fils de Giuseppe Francesco Blais, fonctionnaire piémontais fait chevalier de l'ordre de la Couronne d'Italie –, officier des carabiniers et dont l'interdiction leur est faite, à l'époque, d'épouser des étrangères. L'enregistrement civil n'a lieu de ce fait que le 5 août 1946. Cette même année naît María Cristina Blais de Saxe-Cobourg et Bragance, qui épouse plus tard le sculpteur espagnol Miguel Ortiz Berrocal (1933-2006). Installés à Vérone, ils ont deux fils : Carlos Miguel Berrocal de Saxe-Cobourg et Bragance (né en 1976) et Beltran [Beltrão] José Berrocal de Saxe-Cobourg et Bragance (né en 1978).

Giuseppe Blais meurt en 1983. En 1985, à l'âge de 78 ans, Maria Pia de Bragance épouse en troisièmes noces Antonio João da Costa Amado-Noivo (1952-1996), de 45 ans son cadet. Elle meurt à Vérone le 6 mai 1995 et est enterrée dans le caveau familial des Blais au cimetière monumental de Vérone.

Au début des années 1930, Maria Pia de Bragance fait paraître quelques articles dans deux journaux espagnols, Blanco y Negro et le Diario ABC, tant par désœuvrement que comme revenus d'appoint.

En 1937, elle publie sous le pseudonyme de Hilda de Toledano son premier livre, La hora de Alfonso XIII, édité à La Havane par Ucar, Garcia y Companía. Écrit en espagnol, il s'agit d'une défense du roi Alphonse XIII d'Espagne, alors en exil. En 1954, elle publie, sous le même pseudonyme, son deuxième livre, Un beso y... nada más: confidencia consciente de una pecadora inconsciente, édité à Madrid, un roman en partie autobiographique.

En 1957, elle écrit en français Mémoires d'une infante vivante, publiées à Paris par Del Duca sous le nom de Maria Pia de Saxe-Cobourg Bragance. Il s'agit de sa première tentative de reconnaissance publique en tant qu'enfant illégitime bien qu'elle ne comporte aucune prétention monarchique. Le livre se termine par ces mots : « Je ne réclame d'autre sceptre que ma plume, d'autre couronne que celle léguée par mes père et mère : ma dignité. » Elle suggère même que l'héritière légitime du trône de Portugal, laissé vacant à la mort prématurée en 1932 de Manuel II, seul enfant survivant de Charles Ier, serait la « princesse » Isabelle d’Orléans (née en 1932), fille aînée du « comte de Paris » et d'Isabelle d'Orléans et Bragance.

Le 15 juillet 1957, à la suite de la publication de son livre, un groupe de monarchistes portugais lance une pétition en faveur de Maria Pia. Elle se rend en 1958 au Portugal où elle rencontre le président Francisco Craveiro Lopes mais pas le tout puissant président du Conseil, António de Oliveira Salazar, qui refuse l'entrevue. Elle soutient cette même année le candidat à la présidence Humberto Delgado, qui est ensuite battu et s'exile au Brésil.

À cette époque, Maria Pia de Bragance revendique le titre de « duchesse de Bragance », soutenue par une petite minorité de monarchistes anti-salazariens alors que la majorité soutient Édouard Nuno de Bragance, aussi prétendant au titre de « duc de Bragance » et allié de Salazar dans l'espoir que celui-ci serait favorable à une restauration de la monarchie portugaise, tout comme Francisco Franco le fera en Espagne en 1975.

Cet affrontement entre la branche miguéliste et la lignée des Saxe-Cobourg et Gotha Bragance remonte à 1828 lorsque Michel Ier de Portugal destitue sa nièce, Marie II de Portugal, héritière légitime du trône, avant d'être à son tour exilé et déchu de ses droits par la constitution de 1838. L'arrière-petit-fils de Marie II, Manuel II, étant mort sans descendance, les descendants de Michel Ier pouvaient revendiquer sa succession, d'autant que la constitution de 1838 avait été abrogée par Salazar en 1950. Mais de nombreux monarchistes, rapprochant les comportements autocratiques de Michel Ier et de Salazar, souhaitaient privilégier un membre de la branche constitutionnelle, occasion saisie par Maria Pia qui se présente comme une prétendante « démocratique ».

Dès lors, elle multiplie les déclarations dans les journaux portugais et italiens. En février 1965, alors qu'elle s'est rendue au Portugal sur la tombe du roi Charles Ier, elle est arrêtée et ne doit sa libération au bout de vingt-quatre heures qu'à l'intervention de l'ambassade d'Italie.

Fréquentant la jet set, elle affirme entretenir des relations étroites avec le roi déchu et en exil Alphonse XIII d'Espagne et son fils Jacques-Henri de Bourbon, bien que cela ait été confirmé par la femme de ce dernier[pas clair], Emmanuelle de Dampierre. De même, de nombreux courriers adressés par Maria Pia de Bragance aux différentes familles royales européennes dans une volonté de reconnaissance ne lui ont valu pour la plupart que des réponses polies et non de réels soutiens.

En 1982, Maria Pia de Bragance déposa une requête en restitution de propriété sur la maison royale du Portugal. Celle-ci fut rejetée par le Tribunal suprême de justice de Lisbonne le 14 avril 1983 au motif que Maria Pia de Bragance n'avait pas fourni la preuve de sa filiation, malgré la présentation du même certificat de baptême que celui déposé au Vatican.

Validité du certificat de baptême

Les registres de l'église ayant été entièrement détruits durant la guerre civile, le vicaire général du diocèse de Madrid-Alcalas délivre, en 1939, à la demande de Maria Pia de Bragance une reconstitution d'acte de baptême, établie d'après les indications d'un membre du parlement, Antonio Goicoechea y Cusculluela, également gouverneur de la Banque d'Espagne et témoin supposé du baptême. Maria Pia de Bragance prétend également que, parmi les archives détruites, se trouvait une copie d'une reconnaissance en paternité signée par le roi le 14 mars 1907, indiquant qu'elle pouvait légitimement prétendre au nom paternel « avec tous les honneurs, prérogatives, rang, devoirs et avantages dus aux princes de la maison de Bragance du Portugal ».

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