Sainte Maria Goretti, née le 16 octobre 1890 à Corinaldo et morte le 6 juillet 1902 à Nettuno, est une jeune fille italienne qui fut assassinée par un voisin qui voulait la violer. Son martyre de la pureté fut reconnu par l'Église catholique, qui la vénère comme sainte depuis 1950.
Les informations sur la vie de Maria Goretti ont été influencées par les récits successifs sur sa vie, et certaines sources ne concordent pas sur tous les aspects de sa biographie.
Maria Goretti, dite Marietta, est née le 16 octobre 1890 à Corinaldo, dans la région des Marches italiennes, dont la capitale est le port d'Ancône sur la mer Adriatique ; elle est la fille de journaliers (braccianti) et sa famille est pauvre.
En 1899, le lopin de terre que sa famille cultive ne suffisant plus à les nourrir, les Goretti sont contraints de déménager à Le Ferriere di Conca (it), dans le diocèse d'Albano, au sud de Rome.
La famille vit dans un minuscule logement qu'elle partage avec Giovanelli Serenelli, un veuf qui a un fils de dix-sept ans, Alessandro Serenelli (1882-1970).
Peu de temps après, Maria, âgée de neuf ans, perd son père, Luigi Goretti (1859-1900), emporté par la malaria. Étant l'aînée, c'est elle qui s'occupe de ses frères et sœurs, de la cuisine, du ménage pendant que sa mère Assunta Goretti, née Assunta Carlini (1866-1954) et son frère Angelo (neuf ans) travaillent aux champs toute la journée.
Elle vend régulièrement des œufs de pigeon à Nettuno.
Le propriétaire, abusant de l'illettrisme des villageois, leur a fait signer à tous un contrat d'embauche qui les désavantage. La mère de Marietta, veuve avec trois enfants à charge, n'a pu faire autrement que d'accepter.
Marietta est préparée à sa première communion par les pères passionnistes de Nettuno. La pauvreté de la famille est connue par leur entourage et les gens du village se cotisent pour offrir à Marietta sa robe de première communion.
À l'âge de onze ans, Maria Goretti est victime d'Alessandro Serenelli, vingt ans, . Certaines sources le décrivent comme un jeune homme du même village, d'autres au contraire indiquent que Serenelli vit sous le même toit que Maria Goretti. D'autres indiquent que c'est un voisin. Profitant du fait qu'elle est souvent seule, Serenelli la harcèle de manière agressive, cherchant à avoir des relations sexuelles avec elle.
La fillette n'ose en parler à sa mère, tout en prenant garde à ne jamais rester seule avec le jeune homme.
Le 5 juillet 1902, Alessandro Serenelli et Maria Goretti sont seuls. Le jeune homme veut lui imposer un rapport sexuel sous la menace d'une arme (tantôt décrite comme une dague, un couteau, une machette ou un stylet). Maria Goretti refuse et Serenelli la poignarde à quatorze reprises. Il arrache également ses vêtements, et pourrait l'avoir agressée sexuellement, mais d'après la plupart des sources, il ne pénètre pas la fillette et sa virginité est ainsi considérée comme intacte.
Alertés par le chahut, les voisins interviennent. Marietta est transportée à l'hôpital Orsenigo de Nettuno où elle meurt le lendemain, 6 juillet 1902, jour de la fête du précieux sang de Jésus. Elle est enterrée deux jours plus tard. Plusieurs milliers d'habitants des campagnes environnantes, venues en ville pour la fête religieuse, assistent à ses funérailles et les commerces ferment pour la journée.
Les journaux qui évoquent le drame la nomment « l’émule d’Agnès de Rome », insistant sur son innocence d’enfant et sur sa virginité.
Alessandro Serenelli est condamné à une peine de trente ans de prison. Après huit années d'incarcération, une nuit de 1910, il affirma avoir rêvé que Maria lui offrait des lys, qui se transformaient en lumières scintillantes. Ce rêve lui aurait fait réaliser le mal qu'il avait fait et il se repentit. Il fut libéré en 1929, après vingt-sept années de détention. Il était âgé de 47 ans.
Après sa mort, Goretti est érigée en modèle à suivre par l’Église catholique, et sa vie est enseignée dans les écoles en Italie. Elle est souvent comparée à deux autres femmes martyres, Agnès de Rome et Agathe de Catane, toutes deux torturées et tuées car ayant refusé de se soumettre à un rapport sexuel avec leur bourreau.
Maria Goretti est canonisée par l’Église catholique le 24 juin 1950, seulement 48 ans après sa mort, ce qui est un délai très court ; seuls Maximilien Kolbe et Françoise-Xavière Cabrini ont été canonisés en aussi peu de temps. Le pape Pie XII décrit la violence sexuelle subie par Maria Goretti comme « un plaisir attirant » le comparant à un acte de séduction auquel elle aurait su résister.
Dans la nuit de Noël 1934, Serenelli alla jusqu'à Corinaldo, où était retournée la mère de Marietta, Assunta Goretti, qui à cette époque était au service du curé. Il la supplia de lui pardonner. Elle accepta en disant : « Dieu vous a pardonné, ma Marietta vous a pardonné, moi aussi je vous pardonne. »[réf. nécessaire]