Ce Jour-là

Marguerite de France (1553-1615)

Reine consort de Navarre de 1572 à 1599 et reine consort de France de 1589 à 1599

Anúncio

Marguerite de France ou Marguerite de Valois, surnommée la reine Margot à partir du XIXe siècle, est une princesse de la branche de Valois-Angoulême (maison de Valois) de la dynastie capétienne, née le 14 mai 1553 à Saint-Germain-en-Laye et morte le 27 mars 1615 à Paris. Elle était fille du roi Henri II et de Catherine de Médicis et la sœur des rois François II, Charles IX et Henri III. Par son mariage avec le roi Henri de Navarre, elle devient reine de Navarre en 1572, puis reine de France en 1589 lorsque son époux accède au trône de France sous le nom de Henri IV. Sur la demande de ce dernier, le pape déclare la nullité de son mariage en 1599.

Son mariage, qui devait célébrer la réconciliation des catholiques et des protestants en 1572, fut terni par le massacre de la Saint-Barthélemy six jours après et la reprise des troubles religieux qui suivirent. Elle-même participa à la fronde des princes pendant la conjuration des Malcontents ; ce qui lui valut la rancœur de son frère le roi Henri III. Dans le conflit qui opposa ce dernier aux Malcontents, elle prit parti pour François d'Alençon, leur frère cadet.

En tant qu'épouse du roi de Navarre, elle essaya de jouer un rôle pacificateur entre son mari et la Couronne de France. Ballottée entre la cour de France et la cour de Navarre, elle s'efforça de mener une vie conjugale heureuse, mais la stérilité de son couple et les tensions politiques propres aux guerres de religion eurent raison de son mariage. Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari volage et opportuniste, elle choisit en 1585 la voie de l'opposition. Elle prit le parti de la Ligue et fut contrainte de vivre en Auvergne, d'où était originaire sa grand-mère maternelle, Madeleine de La Tour d'Auvergne, dans un exil qui dura vingt ans.

Femme de lettres reconnue, esprit éclairé, mécène généreuse, elle joua un rôle important dans la vie culturelle de la cour, en particulier après l’annulation de son mariage et son retour d'exil en 1605. Elle fut un vecteur de la pensée néoplatonicienne qui prône notamment la suprématie de l'amour platonique sur l'amour physique. Au XIXe siècle, son existence a donné naissance au mythe de la « Reine Margot », d'après le surnom popularisé par Alexandre Dumas dans son roman du même nom.

Jeunesse d'une fille de France

Née au château de Saint-Germain-en-Laye, elle est le septième enfant de Henri II et de Catherine de Médicis. Elle est baptisée dans la religion catholique et a comme marraine sa tante paternelle, Marguerite de France, fille de France, future duchesse de Savoie (d'où le choix de son prénom) et comme parrain le prince de Ferrare Alphonse II d'Este. Trois de ses frères devinrent rois de France : François II, Charles IX et Henri III. L'une de ses sœurs, Élisabeth de France, fut la troisième épouse du roi Philippe II d'Espagne ; l'autre, Claude de France, fut mariée au duc Charles III de Lorraine.

Elle ne connaît pas beaucoup son père, mortellement blessé lors d'un tournoi en 1559. Avec sa mère, elle entretient des rapports froids et distants, éprouvant pour elle un mélange d’admiration et de crainte. Elle est principalement élevée avec ses frères Alexandre, duc d'Anjou (le futur Henri III), et le dernier-né Hercule (ensuite renommé François), duc d'Alençon, puisque ses sœurs partent également en 1559 se marier à l’étranger. Lorsque Charles IX monte sur le trône à la mort de François II en 1560, elle vit à la cour de France aux côtés de ses deux frères aînés, ainsi que du jeune Henri de Navarre (fils et héritier de la reine de ce pays, Jeanne III). Elle est présente aux États généraux de 1560 aux côtés de Renée de France, duchesse de Ferrare, fille du roi Louis XII. Elle accompagne également le roi durant son grand tour de France de 1564 à 1566. C'est à cette occasion que Catherine de Médicis fait organiser de petits spectacles mettant en scène ses enfants, notamment une bergerie de Ronsard dans laquelle Henri, alors duc d'Orléans, tient le rôle d'Orléantin, François, duc d'Alençon celui d'Angelot et Marguerite celui de Margot, si bien que Charles IX prend l'habitude d'appeler sa sœur Margot.

Elle entretient d'abord d'excellents rapports avec ses frères (à tel point que des rumeurs feront par la suite état de relations incestueuses avec Henri et François — voire Charles). C'est ainsi que lorsque Henri part en 1568 prendre le commandement des armées royales, il confie à sa sœur âgée de 15 ans la défense de ses intérêts auprès de leur mère. Ravie de cette mission, elle s’en acquitte consciencieusement mais, à son retour, il ne lui en témoigne aucune gratitude. C'est du moins ce qu'elle raconte dans ses mémoires qu'elle rédige à partir de 1594.

Entre-temps, une idylle était née entre la princesse et Henri de Lorraine, duc de Guise, l'ambitieux chef de file des catholiques intransigeants. Les Guise étant partisans d’une monarchie placée sous la tutelle des grands et préconisant des mesures radicales contre les protestants (soit l’opposé de ce que souhaitent les Valois), une union est absolument inenvisageable. La réaction de la famille royale est donc très violente, d’autant que des négociations matrimoniales sont en cours. Cet épisode est peut-être à l'origine de la « haine fraternelle durable » qui s’établit entre Marguerite et son frère Henri, ainsi que du refroidissement des relations avec sa mère.

Le duc de Guise est le premier d’une longue série d'amants prêtés à Marguerite. La princesse avait reçu une éducation raffinée et possède toutes les qualités pour briller à la cour, à commencer par son éclatante beauté (« S’il y en eust jamais une au monde parfaicte en beauté, c’est la royne de Navarre », écrira Brantôme ; Tallemant des Réaux la décrit « belle en sa jeunesse, hors qu'elle avoit les joues un peu pendantes, et le visage un peu trop long »). Toutefois, il est difficile de faire la part de vérité et de la rumeur parmi les liaisons qu’on lui prête. Comme pour les autres membres de sa famille (notamment sa mère et son frère Henri), les ragots circulant sur son compte pendant cette période troublée ont été particulièrement nombreux. Parmi ces prétendues aventures, certaines, telles les relations incestueuses avec ses frères, sont sans fondement, d'autres simplement platoniques.

À la fin des années 1560, Catherine de Médicis propose en mariage sa fille au fils de Philippe II d'Espagne, l'infant Charles, mais le mariage ne se fait pas. De sérieuses négociations ont aussi lieu pour marier Marguerite au roi de Portugal Sébastien Ier, mais elles sont aussi abandonnées.

Resurgit donc l’idée, déjà évoquée par Henri II, d’une union avec le jeune chef du parti protestant, le jeune futur roi Henri de Navarre. Héritier présomptif de la couronne de France après les fils de France — mais la perspective d'une accession au trône de France est alors très lointaine —, Henri est aussi l’héritier de vastes possessions dans le Sud-Ouest. Cette union a surtout pour objectif la réconciliation entre catholiques et protestants à la suite de la troisième guerre de religion.

Des négociations s'engagent entre Catherine de Médicis et la mère d'Henri, la très huguenote reine de Navarre Jeanne d'Albret. Les discussions sont longues et difficiles. Jeanne d’Albret se méfie de la reine mère de France, et exige au préalable la conversion de Marguerite au protestantisme. Mais elle doit céder face à l’entêtement de la princesse à conserver sa religion et finit, sous la pression du parti protestant, par donner son consentement, non sans avoir obtenu pour sa future belle-fille une dot considérable. Elle meurt peu après, et Henri devient roi de Navarre sous le nom d’Henri III de Navarre (avant d’accéder au trône de France en 1589 sous le nom d’Henri IV). Quant à Marguerite, c'est non sans réticences qu'elle consent à épouser le souverain hérétique d’un résidu de royaume.

Sans attendre la dispense pontificale requise en raison de la différence de religion et du cousinage des futurs époux — tous deux sont les arrière-petits-enfants de Charles d’Angoulême —, l’« union exécrable » — selon les termes du général des jésuites — est célébrée le 18 août 1572. Le déroulement des noces a été réglé de façon à satisfaire les protestants, venus nombreux assister au mariage de leur chef : la bénédiction nuptiale a lieu devant le parvis de Notre-Dame de Paris, leur évitant ainsi d’assister à la messe ; et elle est donnée par le cardinal de Bourbon en qualité d’oncle d’Henri et non de prêtre. Les noces sont suivies de trois jours de fêtes somptueuses (19 au 21 août 1572) ; la reine Catherine y fait notamment réaliser le ballet-mascarade Le Paradis d'Amour (20 août 1572).

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Marguerite de France (1553-1615) | World in Stories