Ce Jour-là

Marguerite d'Youville

Fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal

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Sainte Marie-Marguerite d'Youville (née Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais) (Varennes, 15 octobre 1701-Montréal, 23 décembre 1771) est une religieuse catholique, fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal, communément appelées Sœurs Grises et administratrice de l’Hôpital général de Montréal. Elle est la première Canadienne à être canonisée. Les Sœurs de la Charité sont aussi la première communauté religieuse fondée au Canada.

Fille de François-Christophe Dufrost de Lajemmerais et de Marie-Renée Gaultier de Varennes, Marguerite est née à Varennes, près de Montréal, le 15 octobre 1701. Issue de la noblesse coloniale, son grand-père, René Gaultier de Varennes, avait été gouverneur de Trois-Rivières et son oncle était l'explorateur Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye. Marguerite comptait aussi deux sœurs et trois frères.

Après avoir étudié chez les Ursulines à Québec de 1712 à 1714, elle doit aider sa mère devenue veuve. En 1719, sa mère se remarie avec Timothy Sullivan, un chirurgien irlandais.

Le mariage de Marguerite et Louis-Hector Piot de Langloiserie, fils du seigneur de l'Île Sainte-Thérèse, aurait été annulé après que Marie-Renée Gaultier de Varennes ait épousé le médecin Sullivan, roturier de surcroît, qui avait fort mauvaise réputation en Nouvelle-France. La famille de Langloiserie considérait le mariage de la mère de Marguerite comme une mésalliance. Marguerite déménage ensuite avec sa mère et son beau-père Sullivan, dépeint généralement comme un homme violent et ayant marqué son développement, à Montréal en 1721.

L'année suivante, Marguerite épouse François-Madeleine d’Youville (1700-1730) à l'église Première église Notre-Dame le 12 août 1722. Ils s’installent d'abord chez la mère de François-Madeleine, Madeleine Just, place du Marché. Le couple aura six enfants :

Joseph-François Youville de la Découverte (1724-1778), prêtre séculier, desservant à Maskinongé (1747-1749)

Marie-Louise Youville (1727-1727)

Charles-Marie-Magdeleine Youville Dufrost (ou Charles d'Youville Dufrost) (1729-1790), prêtre

Le 4 juillet 1730, François-Madeleine d’Youville meurt subitement. Marguerite se retrouve veuve à 28 ans, enceinte de surcroît et avec deux enfants à charge. Pour ajouter à son malheur, son mari lui a laissé une succession grevée par les dettes. Elle choisit d’y renoncer. Pour assurer sa survie et celle de ses enfants, elle tient un commerce au cours des années suivantes, où elle fera montre de ses talents d'administratrice.

Fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal

Son fils Joseph-François entre au Séminaire de Québec en 1737 et Charles-Marie suit le même chemin en 1742. Marguerite accorde elle aussi une place de plus en plus prépondérante à la religion. À cette époque, elle est dirigée spirituellement par le Sulpicien Louis Normant du Faradon.

Le 31 décembre 1737, avec Catherine Cusson, Marie-Catherine Demers Dessermont et Marie-Louise Thaumur de La Source, elles décident de consacrer leur vie aux pauvres. Bien qu'elles ne soient encore qu'une association séculière, elles prononcent tout de même des vœux. Les femmes sont toutefois confrontées à de nombreuses difficultés au cours des années suivantes, marquées notamment par les problèmes de santé de Marguerite et l'incendie de la maison où elles logeaient avec leurs pensionnaires, le 31 janvier 1745. Elle trouve conseil et aide auprès du Supérieur Normant du Faradon, qui rédige les « engagements primitifs » de la jeune communauté en 1747.

À la fin des années 1740, les Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph manifestent le désir de se départir de la gestion de l'hôpital général à Montréal, anciennement l'Hôpital général des Frères Charon fondé dans en 1694, rue Saint-Pierre. Les Sulpiciens, qui leur avait jadis cédé le terrain pour l'érection du bâtiment, tentent de faire en sorte que la direction de l’établissement revienne à Marguerite d’Youville et à sa communauté. Le 27 août 1747, une ordonnance lui confie effectivement l'administration de l'Hôpital général de Montréal. Mais c'est un établissement endetté et en mauvais état dont elle hérite. Qu'à cela ne tienne, le 7 octobre, elle s’y installe avec six consœurs et veille à réaménager les lieux. Jusque-là réservé aux hommes exclusivement, elle ouvre l'Hôpital aux pauvres des deux sexes, ainsi qu'aux soldats infirmes, aux personnes âgées, aux filles mères, aux enfants trouvés et aux orphelins.

Union avec l'Hôpital général de Québec

Trois ans plus tard, le roi fait savoir aux administrateurs coloniaux qu'il souhaite voir diminuer le nombre de nouvelles communautés religieuses au Canada. En octobre 1750, l'intendant François Bigot agit en ce sens et émet une ordonnance révoquant la gestion de l'hôpital par les sœurs grises et unissant l’Hôpital général de Montréal à celui de Québec.

Marguerite d’Youville rédige alors une supplique pour s'opposer à cette décision dans laquelle elle fait état de toutes les améliorations apportées à l'établissement. Elle s’engage également à liquider l'entièreté de la dette des frères Charon (Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph, mieux connus sous le nom de frères Charon). Le 19 juin 1750, mère d'Youville se rend en personne à Québec remettre sa supplique à l'intendant Bigot et à Mgr de Pontbriand. De plus, elle peut compter sur l'appui de Jean Couturier, supérieur de la Compagnie de Saint-Sulpice à Paris, et du Supérieur montréalais Normant Faradon, qui ont tous deux entrepris des démarches auprès de la Cour pour renverser la décision.

Ordonnance révoquée et lettres patentes

En 1751, un arrêt du Conseil du roi annule l'ordonnance de Bigot et demande qu'un contrat soit conclu avec Mère d’Youville pour l’administration de l'hôpital. Le 14 décembre, l’intendant rend donc une ordonnance révoquant la fusion des deux hôpitaux généraux et laissant Marguerite d’Youville à la gestion de l'établissement montréalais. Dans un deuxième temps, le contrat, fortement inspiré de la supplique présentée par Mère d’Youville, est établi dans une ordonnance datée du 28 septembre 1752.

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