Ce Jour-là

Marguerite Perey

Chimiste française

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Marguerite Perey, née à Villemomble le 19 octobre 1909 et morte à Louveciennes le 13 mai 1975, est une chimiste française.

Elle est connue pour avoir isolé le francium en 1939. En 1949, elle est professeur titulaire de la chaire de chimie nucléaire à l'université de Strasbourg dans l'Institut de recherche nucléaire. Elle est la première femme élue correspondante de l'Académie des sciences en 1962.

Marguerite Perey est née le 19 octobre 1909 à Villemomble. Elle est la plus jeune fille d’Émile Louis Perey, banquier, propriétaire d'un moulin (qui meurt en mars 1914), et d'Anne Jeanne Ruissel. Elle a trois frères et une sœur : Jacques, Jean, Paul et Madeleine.

Elle suit des études à l'École d'enseignement technique féminine, dont elle sort avec le diplôme d'État de chimiste en 1929.

Elle rejoint alors l'équipe de Marie Curie à l'Institut du radium à Paris et y devient sa préparatrice particulière de 1929 à 1934. En 1934, à la mort de Marie Curie, Marguerite Perey obtient un poste de radiochimiste, toujours à l'Institut du radium, auprès du nouveau directeur André Debierne.

En 1939, Marguerite Perey isole par purification de lanthane contenant de l'actinium le premier isotope d'un élément chimique qui se place dans la case 87 encore vide du système périodique, en dessous du césium dans la classification périodique. Il était alors connu sous le nom provisoire eka-césium. Elle nommera cet élément francium en hommage à Marie Curie qui avait nommé le polonium. C'est le dernier élément existant découvert à l'état naturel.

Ayant repris ses études pendant la guerre, Marguerite Perey soutient un doctorat de sciences à la Sorbonne en 1946, sur l'« Élément 87, actinium K » et devient maître de recherches au CNRS à l'Institut du radium sous la direction d'Irène Joliot-Curie jusqu'en 1949. Elle est alors nommée professeur titulaire de la chaire de chimie nucléaire à l'université de Strasbourg, dans l'Institut de recherche nucléaire tout juste créé.

La nomination de Marguerite Perey à l'université de Strasbourg donne lieu à des publications dans les médias qui véhiculent nombre de fausses informations. Son nom est écorché en Pérey, Perrey, Perret, Perez, Pérez.

En 1950, dans la rubrique « Ces Françaises étonnent les Français » du Figaro, le journaliste Fred Lomont donne des informations erronées qui seront reprises par d'autres journaux. On y apprend ainsi que Marguerite Perey aurait subi 12 opérations, qu'elle aurait perdu 2 doigts et qu'on l'aurait amputée du pouce, des informations fausses (en fait, elle avait perdu une phalange).

Le journaliste prétendait également qu'elle aurait fait une thèse en 1935 (1946), qu'elle aurait participé à la découverte de la radioactivité artificielle avec le couple Joliot-Curie, que son père serait mort en 1918 (il est mort en 1914) et que c'était un pasteur protestant (il était meunier).

À partir du début des années 1950, les nombreuses douleurs qu'elle ressent perturbent ses activités. En 1958, le Dr Warren, un Américain, lui fait passer en Suisse un scanner corps entier qui révèle la contamination de l'ensemble de son squelette à l'actinium, du fait des nombreuses manipulations des sources de ce radioélément au cours de sa carrière. Un cancer des os lui est diagnostiqué en 1960. Elle doit arrêter ses activités scientifiques puis s'installer à Nice pour se faire soigner dans une clinique où la progression de la maladie l'affaiblit progressivement.

Marguerite Perey succombe à son cancer le 13 mai 1975.

Elle-même victime des radiations, elle avait eu à cœur d'introduire dans ses laboratoires des mesures de protection.

Dès les années 1870, la communauté des chimistes pensait qu'il devait exister un métal de type alcalin de numéro atomique 87, en dessous du césium dans la classification périodique. Il était alors connu sous le nom provisoire eka-césium. Les chercheurs essayaient de découvrir et d'isoler cet élément manquant.

Au moins quatre annonces prématurées furent faites avant qu'il ne soit effectivement découvert par Marguerite Perey.

Le premier scientifique à annoncer avoir découvert l’eka-césium fut le chimiste russe D. K. Dobroserdov en 1925.

Il baptisa l'élément russium, du nom de son pays.

L'année suivante, en 1926, les chimistes anglais Gerald J. F. Druce et Frederick H. Loring analysèrent des clichés de rayons X du sulfate de manganèse. Ils remarquèrent des raies spectrales qu'ils attribuèrent à l'eka-césium. Ils annoncèrent alors leur découverte de l'élément 87 pour lequel ils proposèrent le nom alkalinium, puisque cet élément serait le plus lourd des métaux alcalins.

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