Ce Jour-là

Margaret Brown

Militante et philanthrope américaine

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Margaret Tobin Brown, née le 18 juillet 1867 à Hannibal (Missouri) et morte le 26 octobre 1932 à Manhattan (New York), est une militante et philanthrope américaine. Issue d'une famille pauvre, dès ses dix-huit ans, elle part tenter sa chance dans le Colorado et rencontre James Brown, qu'elle épousera. Devenu millionnaire à la suite de la découverte d'un filon d'or dans une mine d'Ibex Company, le couple entre dans la haute société et Margaret Brown, engagée et militante, se consacre au service des autres, notamment à travers la défense des droits des femmes, des enfants et des mineurs du Colorado.

Elle en profite également pour voyager à travers le monde, et se rend à plusieurs reprises en France. Son amour pour ce pays la pousse à partir précipitamment en Picardie lorsqu'elle apprend le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Avec d'autres Américaines, elle soigne les soldats, action qui lui vaut de recevoir la Légion d'honneur. Il lui arrive aussi de se consacrer à sa passion pour le théâtre dramatique : elle interprète sur les scènes new-yorkaises et parisiennes le rôle de son idole, Sarah Bernhardt.

Cependant, Margaret Brown est surtout connue pour être l'une des rescapées du naufrage du Titanic (le 15 avril 1912), une tragédie qui lui confère une renommée internationale. Sauvée à bord du canot no 6, dans lequel elle déplore le comportement du quartier-maître Robert Hichens, elle participe ensuite à la création du Comité des Survivants. Un siècle après le naufrage, Margaret Brown est presque exclusivement surnommée l'« Insubmersible Molly Brown », bien qu'elle n'ait jamais été appelée ainsi de son vivant. Il s'agit d'une invention du cinéma hollywoodien, qui s'empare de son histoire pour en faire un mythe, parfois très éloigné de la vérité, notamment dans la comédie musicale La Reine du Colorado (1964) — mettant en scène l'actrice Debbie Reynolds dans son rôle — et le drame Titanic (1997) — son rôle étant interprété par Kathy Bates.

Margaret Tobin est née le 18 juillet 1867, à Hannibal, dans l'État du Missouri. Fille d'immigrants irlandais, John Tobin (1820-1899) et Johanna Collins (1825-1905), elle a trois frères et sœurs, Daniel (1863), William (1869) et Helen (1871) ainsi qu'une demi-sœur, Catherine Bridget Tobin, par le premier mariage de son père et une autre demi-sœur, Mary Ann Collins, du premier mariage de sa mère. Ses parents se sont en effet tous les deux retrouvés veufs très jeunes. À leur arrivée en Amérique, ils intègrent une communauté de catholiques irlandais aux idées progressistes, une mentalité qu'ils transmettent à leurs enfants et que Margaret Brown met en pratique tout au long de sa vie.

Margaret Tobin est scolarisée jusqu'à l'âge de treize ans dans une école dirigée par sa tante, Marie O'Leary, puis part travailler dans une usine de tabac de la société Tobacco Company Garth pour aider à nourrir sa famille. Elle découvre les longues journées de travail, les bas salaires et les luttes de la classe ouvrière. En 1885, alors âgée de 18 ans, Margaret Tobin et son frère Daniel suivent leur demi-sœur, Mary Ann Collins (qui vient de se marier avec un forgeron) à Leadville, une cité minière du Colorado. Tandis que son frère travaille à la mine, elle trouve un emploi au magasin Daniels & Fisher Co dans lequel elle s'occupe du rayon tapis et rideaux.

C'est au cours de l'été 1886 qu'elle rencontre James Joseph Brown (1854-1922), de treize ans son aîné, qui est appelé simplement J.J. Lui-même fils d'immigrants irlandais tout aussi pauvres que la famille Tobin, James Brown travaille à la mine en tant qu'entrepreneur. Margaret Tobin a toujours espéré se marier à un homme riche, mais épouse James Brown par amour. Elle disait :

« Je voulais un homme riche, mais j'ai aimé Jim Brown. Je réfléchissais à la façon de soulager mon père et comment j’avais décidé de rester célibataire jusqu'à ce qu'un homme se soit présenté, qui pourrait donner à ce vieil homme fatigué les choses que j'avais ardemment désirées pour lui. Jim était aussi pauvre que nous l'étions, et n'a pas eu plus de chance dans la vie. À cette époque, j'ai combattu contre moi-même. J'ai aimé Jim, mais il était pauvre. Finalement, j'ai décidé que je serais mieux avec un pauvre homme que j'aimais qu'avec un riche dont l'argent m'avait attiré. Ainsi, j'ai épousé Jim Brown »

Margaret Tobin et James Joseph Brown se marient à l'église de l'Annonciation de Leadville le 1er septembre 1886. Le couple a deux enfants : Lawrence Palmer Brown, né le 30 août 1887 à Hannibal, et Catherine Ellen Brown, née le 1er juillet 1889 à Leadville.

Dans un premier temps, les jeunes mariés vivent à Stumptown, une cité minière fondée en 1876 qui abrite une petite communauté irlandaise. Les mineurs et leurs familles vivent ici pour être à proximité des mines, mais dans des conditions souvent précaires, surtout durant l'hiver lorsque la neige, abondante dans le Colorado, rend impraticable la route qui relie Stumptown à Leadville.

En 1891, James Brown commence à travailler pour la Ibex Company, une compagnie alors nouvellement créée. Il devient le surintendant des différents puits de mines, dont le puits no 1, appelé Little Johnny, d'où est extrait de l'argent.

Afin de stopper les nombreux effondrements des galeries souterraines, James Brown met au point un procédé avec du bois et des ballots de foin pour soutenir les voûtes. La méthode se révèle efficace et les mineurs ont désormais la possibilité de creuser en profondeur plus en sécurité, tant et si bien qu'ils découvrent des gisements d'or. Les dirigeants d'Ibex Company deviennent rapidement très riches et ils cèdent 12,5 % des parts de la société à James Brown, ainsi qu'un siège au conseil d'administration, pour le récompenser.

La mine connaît une période prospère jusqu'à la panique de 1893 où l'abrogation du Sherman Silver Purchase Act fait s'effondrer le prix de l'argent. Les mines de Leadville ferment les unes après les autres. Little Johnny est abandonnée à son tour et Stumptown se vide de ses habitants jusqu'à ce qu'elle soit définitivement désertée en 1914. De nos jours c'est une des nombreuses villes fantômes des États-Unis où subsistent quelques bâtiments en bois. Cette même année, les Brown (dont la fortune s’élève désormais à 5 millions de dollars) s'offrent leur premier voyage au cours duquel ils passent à Chicago pour visiter l'exposition universelle. À leur retour en 1894, ils achètent une maison à Denver, sur Pennsylvania Street, en plein cœur du prestigieux quartier de Capitol Hill. En plus du couple et de leurs enfants, la nouvelle et grande maison de Denver accueille aussi leurs parents respectifs, ainsi que les trois filles de Daniel Tobin, le frère de Margaret Brown, qui est devenu veuf quelques années après son mariage. Cinq ans plus tard, en 1898, James Brown donne le nom de sa femme à la maison.

En 1902, les Brown entreprennent un tour du monde, en commençant par l'Irlande où James Brown envisage sérieusement de revenir passer sa retraite. Le couple se rend ensuite en France, puis en Russie, au Japon, et bien d'autres destinations. Lors d'un passage en Inde, Margaret Brown s'intéresse tout particulièrement au système des castes.

Cependant les voyages ne suffisent plus à consolider le couple et après vingt-trois ans de mariage, Mrs Brown découvre que son mari la trompe. D'un commun accord, ils décident de se séparer en 1909. Elle reçoit un règlement en espèces et obtient la possession de la maison de Denver. James Brown s'engage également à lui verser 700 dollars par mois afin qu'elle puisse continuer ses activités et ses voyages. Ils ne seront jamais officiellement divorcés, aussi Margaret Brown conserve-t-elle le nom de son mari tout en gardant contact avec lui. Elle devient veuve en 1922 lorsque James Joseph Brown meurt d'une crise cardiaque à l'hôpital de Nassau à New York, sa fille Helen à ses côtés.

Le fils de Margaret Brown, Lawrence Palmer Brown, (mort le 2 avril 1949), et son fils, Lawrence Palmer Junior, lèguent par la suite toutes les photos familiales au musée consacré à sa grand-mère. La fille de Lawrence Junior, Muffet Laurie Brown, fait quant à elle des recherches sur la vie de son arrière-grand-mère. C'est l'une des premières de sa famille à collaborer avec les historiens du Titanic. Elle a d'ailleurs rédigé la préface de la biographie de Margaret Brown écrite par Kristen Iversen et publiée en 1999. La fille de Margaret Brown, devenue Mme Benziger à la suite de son mariage en 1913, a quant à elle vécu jusqu'à l'âge de 97 ans, avant de mourir le 17 octobre 1993 à Greenwich dans le Connecticut.

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