Marcelo Ríos, né le 26 décembre 1975 à Santiago, est un joueur de tennis chilien, professionnel de 1994 à 2004. Surnommé « El Chino » (« le Chinois »), Ríos a remporté dix-huit titres en simple messieurs, dont la Coupe du Grand Chelem 1998 et cinq Super 9 (ancienne appellation des Masters 1000).
Finaliste de l'Open d'Australie 1998 et auteur d'un doublé Indian Wells-Miami la même année, il devient, quatre ans après ses débuts sur le circuit professionnel, le premier no 1 mondial sud-américain officiel de l'histoire, en dépit de la controverse qui a existé autour du classement de l'argentin Guillermo Vilas en 1977. Il occupe la tête du classement ATP durant six semaines cumulées.
Seul no 1 mondial à n'avoir jamais remporté de tournoi du Grand Chelem, il a néanmoins été le premier joueur à remporter les trois Super 9 (Masters 1000) sur terre battue depuis la création de cette catégorie en 1990 : Monte-Carlo en 1997, Rome en 1998 et Hambourg en 1999.
Ríos est également le seul joueur de l'histoire à avoir atteint le classement de no 1 mondial sur les trois circuits : junior, professionnel, et senior.
Considéré comme l'un des joueurs les plus talentueux de ce sport, mais également réputé pour ses nombreux écarts de conduite et de langage, il met fin à sa carrière en 2004, en raison de blessures persistantes, âgé de seulement vingt-huit ans.
Fils d'un ingénieur et d'une enseignante, il commence le tennis à l'âge de 11 ans au Sport Francés Club de Vitacura situé près du domicile familial à Santiago.
Remarquablement doué, il se distingue en Junior en remportant l'US Open 1993, atteint la même année la demi-finale de Roland Garros Junior, et devient Champion du Monde et no 1 mondial. Il accède au circuit professionnel un an après.
1994-1997 : montée en puissance
Âgé de seulement 18 ans, il accède à une célébrité immédiate lors de sa première participation à Roland Garros où il affronte au second tour l'Américain Pete Sampras, alors no 1 mondial. Il perd le match (6-7, 6-7, 4-6) au terme d'une rencontre accrochée, mais se fait remarquer par son talent naturel sur terre battue, son jeu de gaucher contreur/puncheur, son toucher exceptionnel et son inspiration, ainsi que pour sa personnalité charismatique. Cette même année il remporte son premier tournoi Challenger à Dresde, en Allemagne.
En 1995, il conquiert son premier titre ATP à Bologne face à l'Uruguayen Marcelo Filippini (6-2, 6-4), et fait son entrée dans le top 50 mondial. Au mois de juin, il remporte le tournoi d'Amsterdam en simple contre Jan Siemerink (6-4, 7-5, 6-4) mais aussi en double avec Sjeng Schalken. Il remporte également le tournoi de Kuala Lumpur en dominant Mark Philippoussis (7-6, 6-2). Il atteint, pour finir, la finale du tournoi de Santiago et termine la saison 25e mondial.
1996 est une année ponctuée de belles prestations en Masters 1000, alors appelés Super 9. Il atteint les quarts de finale à Stuttgart et à Rome, mais surtout les demi-finales d'Indian Wells, Monte-Carlo et Toronto. Il remporte un titre à Sankt Polten, en dominant Félix Mantilla (6-1, 6-4), et atteint les finales de Barcelone, Santiago et Scottsdale. Marcelo devient le premier joueur chilien de l'histoire à entrer dans le top 10 mondial. Il achève cependant sa saison à la 11e place mondiale.
L'année 1997 est marquée par sa première qualification pour des quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, à l'Open d'Australie et à l'US Open, mais surtout par sa première victoire en Super 9 (ancien nom des Masters 1000), à Monte-Carlo. Durant sa semaine il a défait successivement Andrea Gaudenzi, Albert Costa, Carlos Moyà, Magnus Larsson, pour dominer ensuite l'Espagnol Àlex Corretja en finale (6-4, 6-3, 6-3). Deux semaines plus tard les deux hommes d'affrontent à nouveau en finale du Masters de Rome, mais cette fois Àlex Corretja prend le dessus.
Il atteint également les quarts de finale du tournoi de tennis de Stuttgart et la finale des tournois de Marseille, Boston, et une nouvelle fois Santiago.
Même s'il a atteint la 6e place mondiale durant la saison, il termine l'année 1997 à la 10e place, sa première saison terminée dans les dix meilleurs mondiaux.
1998 : finale à l'Open d'Australie, doublé Indian Wells et Miami, victoire à Rome et à la Coupe du Grand Chelem, No 1 mondial
Cette rapide montée en puissance trouve son apogée durant la saison 1998. En début d'année, Marcelo Ríos se hisse en finale du tournoi d'Aukland et remporte le titre contre Richard Fromberg (4-6, 6-4, 7-63). Il prend ensuite part à l'Open d'Australie, où il s'impose contre Grant Stafford (6-1, 6-3, 6-3), Thomas Enqvist (6-4, 7-64, 4-6, 6-4), Andrew Ilie (6-2, 6-3, 6-2), Lionel Roux (6-2, 4-6, 6-2, 6-4), Alberto Berasategui (66-7, 6-4, 6-4, 6-0) et Nicolas Escudé (6-2, 6-3, 6-1), mais il s'incline en finale contre Petr Korda (6-2, 6-2, 6-2).
Quelques mois plus tard, sous l'égide de son entraîneur Larry Stefanki, il remporte le Masters d'Indian Wells face à Greg Rusedski, et réalise dans la foulée le doublé au Masters de Miami en dominant en finale Andre Agassi (7-5, 6-3, 6-4).
Au terme de ce tournoi, Ríos prend la place de no 1 mondial. C'est la première fois qu'un joueur sud-américain atteint le sommet du tennis mondial, le Chili fera d'ailleurs de ce succès un évènement national. Il ne gardera ce classement que 4 semaines seulement, car il ne pourra défendre son titre au Masters de Monte-Carlo, en raison d'une blessure contractée lors du premier tour de la Coupe Davis face à l'Argentine. Le 10 août, il retrouve néanmoins son classement de no 1 pour une période de deux semaines.