Jean-Baptiste Antoine Marcelin Marbot, plus couramment appelé Marcellin Marbot (/maʁsølɛ̃ maʁbo/), baron de Marbot, né le 18 août 1782 à Altillac et mort le 16 novembre 1854 à Paris, est un militaire français du XIXe siècle. Il est issu d'une ancienne famille de noblesse militaire du Quercy qui donnera en moins de cinquante ans trois généraux à la France. Il fait sa carrière dans les états-majors de l'armée française sous le Premier Empire, devenant lieutenant général sous la monarchie de Juillet. Ses Mémoires constituent un remarquable témoignage sur l'épopée napoléonienne.
Jean-Baptiste Antoine Marcelin Marbot naît au château de La Rivière, à Altillac, sur les rives de la Dordogne. Il est le fils cadet du général Jean-Antoine Marbot, ancien aide de camp du lieutenant général de Schomberg, inspecteur général de cavalerie au sein de la maison militaire du roi de France.
Après des études au collège militaire de Sorèze (1793-1798), il s'engage comme volontaire le 3 septembre 1799 au 1er régiment de hussards, dit « de Berchény » commandé par son père. Affecté à la brigade du général Seras, il est nommé maréchal des logis par celui-ci à l'issue d'un brillant fait d'armes. Promu au grade de sous-lieutenant le 31 décembre 1799, il participe à la bataille de Marengo et au siège de Gênes, au cours duquel son père meurt.
Il devient aide de camp du maréchal Augereau pendant de la campagne d'Allemagne de 1805, et se distingue à la bataille d'Austerlitz. Nommé capitaine en 1807, il est gravement blessé à la bataille d'Eylau en portant un ordre et sera laissé pour mort sur le champ de bataille. Passé dans l'état-major du maréchal Lannes en 1808, puis dans celui du maréchal Masséna en 1809, il participe aux deux premières campagnes d'Espagne, où il est blessé à Ágreda et à la prise de Saragosse. Fait chevalier de l'Empire le 12 novembre 1811 et colonel du 23e régiment de chasseurs à cheval en 1812, il prend part à la campagne de Russie, se signalant à l'occasion de plusieurs batailles. Chargé de la protection du passage de la Bérézina, il est blessé de deux coups de lance à la bataille de Yakoubowo, puis de nouveau lors des batailles de Leipzig et Hanau en octobre 1813. Le mois précédent, le 28 septembre, il est fait baron de l'Empire.
Pendant les Cent-Jours, il rallie Valenciennes à l'Empereur et contraint son gouverneur, le général Dubreton, qui voulait livrer la ville aux Anglais, à la lui remettre. À la tête du 7e régiment de hussards, il est nommé général de brigade par Napoléon la veille de la bataille de Waterloo. Blessé en chargeant les carrés anglais à la tête de son régiment, il est compris dans la liste des bannis le 24 juillet 1815. L'uniforme qu'il portait lors de la campagne est conservé par le musée de l'Armée dans la salle dédié aux Cent-Jours.
Retiré à Offenbach en Allemagne, il est rappelé en France par l'ordonnance du 15 octobre 1818. Il reçoit alors le commandement du 8e régiment de chasseurs à cheval. Le duc d'Orléans (futur Louis-Philippe Ier) le charge de l'éducation militaire de son fils aîné, le duc de Chartres, puis il est nommé aide de camp du comte de Paris. Sous la monarchie de Juillet, il est promu maréchal de camp (général de brigade) et participe au siège d'Anvers. Passé en Algérie, il assiste à l'expédition de Mascara en 1835 puis à celle des Portes de Fer en 1839 et à la prise de Mouzaia en 1840. Élevé au grade de lieutenant général le 4 octobre 1838, il entre au comité de cavalerie en 1844, avant d'être nommé pair de France le 6 avril 1845.
Commandeur de la Légion d'honneur le 21 mars 1831, Marbot est nommé Grand officier de l'ordre le 30 avril 1836. Après la chute du roi Louis-Philippe Ier, il se retire de la vie publique et meurt à Paris le 16 novembre 1854.
Son père, le général Jean-Antoine Marbot, a deux fils qui atteignent l'âge adulte : Antoine Adolphe Marcelin, l'aîné, maréchal de camp (général de brigade) sous la monarchie de Juillet, et Jean-Baptiste Antoine Marcelin, le cadet. Son grand-père et son arrière-grand-père étaient fils uniques. Par sa mère, il est le cousin de François Certain de Canrobert, maréchal de France sous le Second Empire.
Le 5 novembre 1811, il épouse Angélique Marie Caroline Personne-Desbrières (née vers 1790 et décédée le 31 mars 1873 à Paris), et par cette alliance devient propriétaire du château du Rancy, à Bonneuil-sur-Marne. Deux fils sont nés de leur union :
Adolphe Charles Alfred, dit Alfred (1812-1865) : peintre et historien spécialisé dans la réalisation de planches uniformologiques ;
Charles Nicolas Marcelin, dit Charles (1820-1882) : dont la fille Marguerite publiera les célèbres Mémoires de son grand-père.
Marbot reçoit les décorations suivantes :
Ordre national de la Légion d'honneur :
Ordre royal et militaire de Saint-Louis :
Ordre royal de la Légion d'honneur :
Grand officier : 30 avril 1836.
Ordre de la Couronne de chêne :
Grand-croix : 9 septembre 1842.