Marcel Van ou Marcel Nguyễn Tân Văn, né le 15 mars 1928 à Ngăm Giáo, Bắc Ninh (Viêt Nam), et décédé le 10 juillet 1959, est un religieux rédemptoriste, mystique et martyr vietnamien. Souhaitant devenir prêtre très jeune, il suit très tôt une scolarisation chez un curé où il souffre de la faim et de mauvais traitements. Il finit par entrer à 16 ans chez les pères Rédemptoristes du Vietnam où il peut enfin suivre un enseignement scolaire et spirituel normal. Il meurt dans un camp de travaux forcés au Vietnam du Nord après l'indépendance du pays.
Durant sa vie, il aurait eu des dialogues avec sainte Thérèse de Lisieux, Jésus et la Vierge Marie. Ses « colloques » ont été publiés dans l'édition de ses œuvres complètes. Sa cause de béatification, ouverte en 1997 par le vénérable cardinal Nguyen Van Thuan, est en cours. Il est nommé « l'apôtre de l'amour », suivant l'enseignement de la « petite voie » donné par Thérèse de Lisieux.
Joachim Nguyễn Tân Văn (davantage connu sous le nom religieux de frère Marcel qu'il prendra plus tard) est né le 15 mars 1928 à Ngam Giao (petit village au nord du Viêt Nam), dans une famille profondément chrétienne. Van est baptisé le lendemain de sa naissance sous le patronage de saint Joachim. Durant son enfance, il fait montre d'un caractère joyeux et espiègle. À l'âge de 3 ans déjà, il exprime souvent le désir de devenir saint. En 1932 naît sa sœur Anna Nguyễn Thị Lê. On envoie alors le petit Joachim Van demeurer chez sa tante, parce qu'il accapare un peu trop sa petite sœur. Il reviendra chez ses parents vers l'âge de 6 ans.
Parce qu'il souhaite faire sa première communion, le curé l'envoie au catéchisme. Van, bien éduqué par sa mère, la fait 6 mois plus tard malgré son jeune âge.
Ce jour béni, il demande deux grâces à Jésus :
De garder son cœur pur afin de l'aimer de tout son cœur.
D'accorder à tous les hommes une foi solide et parfaite.
Peu après, Van commence à fréquenter l'école, mais il doit arrêter après 2 mois, à cause d'un épuisement dû à la grande sévérité du maître.
À la cure de Huu-Bang (1935-1941)
Sa mère conduit Van chez l'abbé Joseph Nha, à la cure de Huu-Bang, pour qu'il puisse se préparer à devenir prêtre. Van est autorisé à communier tous les jours, permission déjà donnée par le curé de Ngam-Giao. Cela suscite l'admiration de ses petits camarades, mais rend les catéchistes jaloux. L'un d'eux, le maître Vinh, lui rend la vie particulièrement dure. Il tente par deux fois de le violer, le bat, l'empêche de communier, le prive de nourriture et tente même de l'empêcher de réciter son chapelet. Courageusement Van résiste, en s'appuyant sur une inébranlable confiance en la Vierge Marie. « Grâce à elle », écrit-il, « le démon n'a jamais réussi à me vaincre ». Finalement, Vinh est chassé de la cure avec quelques autres catéchistes, ce qui laisse un court répit à Van.
En 1938, des inondations provoquent une famine dans la région. Van est contraint d’effectuer de durs travaux à la cure. De plus, sa famille tombe dans la misère à cause des inondations et ne peut plus supporter financièrement l’éducation de son fils. Elle confie alors l'entière responsabilité de l’enfant à l’abbé Nha, qui se met à l’exploiter comme son boy. À 12 ans, après qu'il a obtenu son certificat d’études primaires, l’abbé Nha arrête définitivement la formation de Van.
Van finit par prendre la fuite. Il erre durant un certain temps, manque même d'être vendu et finit par aller retrouver sa famille. Sa mère le ramène à la cure de Huu-Bang. Là, il s'associe avec d'autres jeunes pour former une sorte de ligue de résistance pour combattre les mauvaises mœurs de certains catéchistes.
Au petit séminaire (1942-1943)
En décembre 1941, âgé de treize ans, Van apprend qu'il est accepté au petit séminaire de Lan Song, tenu par les Dominicains. Quelques mois plus tard, le petit séminaire doit fermer car il a été réquisitionné par l'armée japonaise. Van a la chance de pouvoir poursuivre ses études à la cure de la paroisse Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus de Quang Uyên. C'est là qu'il découvre durant l'été 1942 l'autobiographie de la carmélite de Lisieux Histoire d'une âme, après avoir vénéré la Sainte Vierge, lui demandant de l'éclairer. En effet, Van ressent en son cœur un désir ardent de devenir un saint mais il connaît sa faiblesse. La sainteté lui semble impossible à réaliser. Est-ce une tentation du démon ? Le livre de Thérèse de Lisieux va être pour lui une révélation. Oui, la sainteté est possible même pour les petits. À travers ce livre, il rencontre pour la première fois la spiritualité de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, qu'il choisit alors comme sœur spirituelle. Peu de temps après, Van raconte avoir reçu une très grande grâce. Van raconte dans sa biographie que sainte Thérèse lui apparaît et discute familièrement avec lui. Il ajoute également qu'il va alors s'entretenir régulièrement avec elle. Van raconte qu'elle lui enseigne sa « petite voie », ce qui est pour lui une révélation. Il dit aussi que Thérèse lui demande de prier pour les Français.
Van indique que leur première rencontre, en 1942, se déroule sur la colline proche de Quang Uyên. Thérèse lui aurait parlé de Dieu, de son amour, de sa paternité et l'invitait à converser avec Dieu comme le feraient deux amis. Elle aurait dit que Dieu, en effet, s'intéresse même aux petites choses de la vie quotidienne. Van qui relate cet évènement dans son autobiographie explique que l'ensemble de l'enseignement qu'il a reçu de Thérèse est un développement de ce qu'elle lui a dit ce jour-là sur la colline.
Quelque temps plus tard, Van aurait eu une vision de saint Alphonse de Liguori, fondateur des Rédemptoristes. Mais Van qui ne le connaissait pas encore, croit alors que c'est Notre-Dame des Douleurs qui lui est apparue. Il raconte que quelque temps plus tard, dans une autre vision, Thérèse lui aurait indiqué l'identité du saint en lui disant que c'était dans son ordre religieux qu'il était appelé. En juin 1943, Van est chassé du petit séminaire et retourne à la cure de Huu-Bang, puis pour un bref séjour dans sa famille.
Chez les Rédemptoristes (1944-1959)
En juin 1944, Van est reçu au couvent des Rédemptoristes de Hanoï. Il y arrive le 16 juillet, mais on le renvoie presque aussi vite estimant, à cause de sa petite taille, qu'il n'a que 12 ans, alors qu'il en a 16. Pourtant, grâce à sa persévérance, trois mois plus tard, il est admis en communauté, et entre au noviciat le 17 octobre. C'est alors qu'il y reçoit le nom de Marcel. Dans sa biographie, Van indique que c'est à cette période que vont commencer ses dialogues avec Jésus. Le 14 novembre 1945, Van indique que lors d'un de ses dialogues avec le Christ, ce dernier lui donne une « prière de compassion pour la France ». À la demande de son supérieur, Van écrira le récit de son enfance, ainsi que ses colloques avec Jésus, Marie et Thérèse.