Ce Jour-là

Marcel Robidas

Homme politique canadien

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Marcel Robidas (Montréal, 4 novembre 1923 - Longueuil 17 mai 2009) est un homme politique québécois. Il est maire de Longueuil de 1966 au 16 août 1969 et de nouveau du 1er novembre 1969 à 1982.

Fils de Joseph Olivier Raphaël Robidas et de Mary Albertine Isabelle Duquette, Marcel Robidas était l’aîné d’une famille de six enfants. En 1931, Joseph, qui travaille comme chaudronnier aux usines Angus est atteint d'un cancer. Voyant la fin approcher, il décide d’acheter une salle de billard, le Poolroom du 2316 rue Mont-Royal Est à Montréal, en espérant que cela assurera un revenu à sa famille. C’est le 4 janvier 1935 que la maladie a raison de lui. Il laisse du même coup une lourde tâche à Marcel, son aîné, soit le soin de s’occuper de la salle de billard tout en poursuivant ses études.

À la suite de la conscription de 1942, Marcel Robidas doit entamer son service militaire en 1943 tout en poursuivant toutefois ses études à l’Université de Montréal et en tentant de gagner le grade d’officier. En 1944, il prend conscience du favoritisme flagrant et injustifié qui favorise les étudiants de l'Université McGill pour l’obtention du grade d’officier, au détriment des francophones. Il formule une plainte officielle qui se terminait par ces mots : « Si nous combattons pour cette justice, eh bien, moi, je suis prêt à remettre mon fusil au quartier-maître, sentant l’inutilité de mon sacrifice. » Il comprit dès cet instant qu’il n’y avait pas une mais deux guerres à mener : une première contre les Allemands pour libérer la France et une seconde contre l’establishment anglais pour faire respecter les droits des Canadiens français.

Bien qu'on lui ait refusé le grade d’officier, il quitte Halifax en décembre 1944 pour Liverpool, où il arrive le jour de Noël. Finalement, le 9 février 1945, il débarque à Ostende, en Belgique, pour rejoindre à Gand le régiment des fusiliers Mont-Royal. Malgré ce qu'on lui avait appris, il prend conscience que le premier soldat allemand, qu’il avait découvert mort au combat, n’a rien de différent de lui. Avec son contingent, il participe à la libération de Gendringen, Beilen, Assen et Groningue, aux Pays-Bas. Par obligation morale et à cause du manque d’effectif, il devient brancardier. En arrivant au bord du Rhin, il découvre les atrocités de la guerre, et plus particulièrement lorsqu'il doit prodiguer les premiers soins à ses camarades, grièvement blessés par les tirs d’obus et les mitrailleuses ennemies. Malgré le manque de munitions et les pertes considérables en hommes, son contingent arrive en Allemagne et connaît la victoire.

En mai 1945, la guerre terminée, les troupes canadiennes sont déployées à travers l’Allemagne et les Pays-Bas. Durant son séjour à Sengwarden, en Allemagne, il crée un journal, le Fleur de lys, et il s’efforce d'alphabétiser ses camarades.

Il reçut d’un ami ayant débarqué en Normandie l'adresse et la photo d’une jeune normande de la commune de Lasson près de Caen. Renée Lacour, c'était son nom, était la sœur cadette de la fiancée de son ami Marcel Gauvin.

Fier de l’image que les troupes avaient laissée dans ce coin du pays de nos ancêtres, il écrivit à cette dernière, dans ses mots, l’histoire de la Nouvelle-France, en soulignant les liens profonds qui les unissaient. C’est de cette façon qu’il la charma. Ils se rencontrèrent pour la première fois, la veille de Noël 1945. Il se présenta avec des patins à glace autour du cou, ce qui suscita de grands rires car l’hiver, dans cette région de la France, ne permettait point de trouver une seule surface glacée.

Ils se marièrent le 9 avril 1946 dans la commune de Lasson. Depuis 2003, on y trouve un monument à la mémoire des soldats canadiens, et plus spécialement en l’honneur de Marcel Gauvin et de Marcel Robidas, ces soldats ayant respectivement épousé des filles de la commune, Jacqueline et Renée Lacour.

Après son retour à Montréal, Marcel travailla chez J.J. Joubert et Renée dans le domaine de la haute couture. Tous les deux gagnaient 25,00 $ par semaine, soit plus du double du salaire d'un soldat. Marcel passa ensuite au Dominion Bureau of Statistics (en), ce qui lui donna l'occasion de parcourir la province en quête de statistiques. En 1947, il obtint sa licence (baccalauréat) en sciences sociale, économique et politique.

En 1949, Les jeunes mariés s’installent dans un logement sur la rue Saint-Thomas à ville Jacques-Cartier, qui fait aujourd'hui partie de Longueuil, découvrant une frontière bien définie entre la ville et la campagne : Longueuil avait des rues et un aqueduc tandis que Jacques-Cartier n'avait rien de cela.

Ayant l’opportunité d’acquérir une maison, il déménage à Montréal, sur la rue Beaugrand, dans le quartier Longue-Pointe. Peu de temps après son arrivée, il est sollicité pour faire partie d’une organisation secrète, La Patente, qui fut créée par un curé d’Ottawa et des fonctionnaires fédéraux francophones dans le but de favoriser l’avancement de l’élite canadienne française. Chaque paroisse était divisée en petits regroupements que l’on appelait XC. Comme les membres du XC Jeanne-Mance était convaincus que Marcel Robidas pourrait rendre service à la nation et le nommèrent Grand Commandeur, tout comme le fut Jean Drapeau.

En 1951, Marcel Robidas obtient le poste de vérificateur des finances nationales. Il découvre, durant son mandat, que beaucoup d’effectifs militaires prétendument détruits sont plutôt transférés en Israël. Déçu par l’accueil de ces révélations, il accepte en 1956 le poste de directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Il tente alors de convaincre le milieu financier de la nécessité de déménager la bourse de Montréal dans une nouvelle construction qui serait située à l’emplacement actuel du Complexe Desjardins. Malgré le fait que 60 % de cette tour ait déjà trouvé preneur, il ne trouva aucune plateforme financière pour lancer le projet. Ce n’est que plusieurs années plus tard que ce projet se réalisera.

En 1959, l’Aluminum Company of Canada lui propose de s’occuper de ses relations extérieures. Pendant les quinze mois qu’il passa chez Alcan, il sera appelé à donner une multitude de conférences et profitera de chaque occasion pour sensibiliser les milieux financiers à la nécessité de combattre le chômage et de procurer aux Canadiens français un plus grand accès à une formation en économie. Par la suite, il se joindra au gouvernement de Maurice Duplessis comme sous-ministre adjoint au ministère de l’industrie et du commerce. À l’arrivée au pouvoir des libéraux de Daniel Johnson, il se retrouve à jouer un rôle anodin dans l’appareil gouvernemental. Il arrivera toutefois à créer l’exposition technique Française qui servira de pont entre le Québec et la France grâce auquel s’effectuera l’achat des premiers wagons de métro par Jean Drapeau pour la ville de Montréal.

En 1956, comme Marcel Robidas avait déjà huit enfants, il décide d’acheter une grande maison à Longueuil, au numéro 80 de la rue Marie-Victorin. En 1961, alors qu’il venait d’être nommé président des loisirs Saint-Antoine et qu’il était insatisfait de la gestion municipale de Longueuil, il décida de faire le saut comme échevin. Dès son arrivée, on le charge de l’étude des infrastructures de Longueuil devenues désuètes et de représenter la ville au comité pour l’abolition du péage sur les ponts Jacques-Cartier et Victoria. Ce comité réussit à faire plier le gouvernement fédéral et à avoir gain de cause en juin 1962.

En 1963, Marcel Robidas entreprend un autre type de combat. Sa fille Hélène souhaite vivement poursuivre ses études à Longueuil, à l’externat classique de Longueuil, mais cet établissement est réservé aux garçons. Malgré la forte opposition du clergé qui dirigeait l'externat, les conclusions de Vatican II lui font gagner sa cause et Hélène sera la première fille à être admise dans cette institution.

Marcel Robidas amena à la cité de Longueuil une vision progressiste. Il négocia avec Jean Drapeau l’emplacement de la station de métro Longueuil, fit tout ce qui était en son pouvoir pour permettre que le centre commercial Place Longueuil voie le jour, favorisa la construction de tours à logements multiples entre le futur emplacement du métro et de la Place Longueuil. Malgré toute l’énergie qu’il déployait, il dut attendre jusqu’en novembre 1966 pour accéder à la mairie et ce tout juste après la naissance de son quatorzième enfant.

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