Marcel G. Lefrancq, né le 9 octobre 1916 à Mons et mort le 15 novembre 1974 à Vaudignies, est un photographe, archéologue et collagiste surréaliste belge.
Marcel Lefrancq naît à Mons, en Belgique, le 9 octobre 1916. Son père est boucher, originaire de Ath, et issu d'une longue lignée de forgerons établis dans cette ville depuis le XVe siècle. En 1922, il est envoyé chez une tante, à Boitsfort (Bruxelles), où il fait ses études primaires à l'école publique, en néerlandais. De retour chez ses parents, il commence ses études classiques à l'athénée royal de Mons en 1928, section latin-grec.
Son activité de photographe commence vers 1932 : les négatifs les plus anciens conservés datent de cette année. Il est très probable qu'il ait appris les premiers rudiments de la technique chez un photographe montois, M. Rousseau, chez qui il se procure les films et autres produits nécessaires. C'est vers la même époque qu'il est initié à la préhistoire par le conservateur du musée local, Jean Houzeau de Lehaie. Il n'abandonne jamais cette activité, se formant et se spécialisant au fil des années.
En 1934, il entreprend des études d'ingénieur commercial à l'Institut Warocqué à Mons, fortement poussé dans cette voie par son père. Étudiant moyen, il préfère fréquenter les élèves de l'Académie royale des Beaux-Arts de Mons, dirigée à cette époque par le peintre Louis Buisseret. Il visite à plusieurs reprises l'Exposition universelle internationale de Bruxelles en 1935 où il réalise quelques très belles photos, notamment du pavillon italien. Du 13 au 27 octobre 1935, il participe à l'organisation de l'Exposition Surréaliste de la Louvière.
Pendant la guerre d'Espagne, Marcel Lefrancq est membre du Secours Rouge, il s'implique dans des actions de soutien à la République aux côtés du Parti communiste de Belgique. Il est également membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes belge.
Sa participation au Groupe Rupture, réuni autour d'Achille Chavée, est attestée en 1938 par les photos qu'il prend lors de la réunion du 8 mai. Le 1er juillet 1939, il est un des membres fondateurs du Groupe surréaliste en Hainaut.
Après la signature du Pacte germano-soviétique, il est arrêté et emprisonné durant quelques jours par les autorités belges comme tant d'autres membres d'organisations ou partis de gauche. Il est engagé comme photographe par l'Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) et participe à un inventaire photographique des œuvres d'art risquant d'être détruites par la guerre qui s'annonce.
En février et avril 1940, il publie une photo dans les numéros 1 et 2 de la revue L'Invention collective, dirigée par Magritte et Ubac. En mai, il fuit l'invasion allemande, à vélo, avec son frère, André, et Loulou Dieu, qu'il épouse à leur retour. Leur voyage les mène jusqu'en Dordogne, aux Eyzies-de-Tayac, où il fait la connaissance de l'abbé Henri Breuil avec qui il travaille à des fouilles archéologiques. Il reste en contact avec l'abbé Breuil jusqu'au décès de ce dernier. De retour en Belgique, il épouse Loulou Dieu en octobre.
L'année suivante, il crée « L'œil de verre », section photographique montoise du Touring-Club de Belgique, en opposition au Photo Club de Mons qu'il trouve beaucoup trop conservateur dans son approche esthétique. Durant la guerre, il fait partie d'un réseau de secours et de résistance, faisant des photos pour de faux papiers d'identité, cachant des Juifs ou des pilotes alliés en fuite vers l'Espagne.
Victime d'une dénonciation anonyme comme terroriste et espion, il est arrêté en 1943 par les autorités militaires allemandes et emprisonné durant 6 semaines. Il est libéré faute de preuves et grâce à l'intervention, notamment, du directeur de l'IRPA. L'année suivante, après le bombardement de Saint-Ghislain par l'aviation américaine (fin avril), il est parmi les premiers sauveteurs qui travaillent au dégagement des victimes. Il fait de nombreuses photos de la ville entièrement détruite, dont une (Fait divers) est reprise dans son portfolio en 1948. Il se présente aux troupes américaines qui libèrent Mons en septembre et est incorporé à l'armée américaine en qualité d'interprète au Civil Affairs Office. Il parle en effet couramment le français, l'anglais, l'allemand et le néerlandais. Il est depuis plusieurs années avant la guerre l'interprète officiel des Old comptentibles, anciens combattants britanniques de 14-18, qui viennent chaque année commémorer la bataille de Mons.
En 1945, il participe avec un texte à la revue Le Salut public, et à la réunion du 15 novembre, à Bruxelles, dont l'objectif est le regroupement des surréalistes belges. En décembre, il participe avec 14 œuvres à l'exposition Surréalisme à la galerie des éditions La Boétie (Bruxelles).
Il ouvre son studio, La Lanterne magique, à Mons en 1946, l'année où le Groupe surréaliste de Hainaut se dissout.
En 1947, il participe à la création du Groupe Haute Nuit. À partir du 22 juin, il séjourne quelques semaines en Allemagne (Dachau), à nouveau sous l'uniforme américain, comme témoin puis interprète temporaire dans une cour annexe du tribunal de Nuremberg. Durant toute l'année il participe à de nombreuses activités surréalistes, expositions, réunions, signatures de tracts, etc.
L'année suivante, il publie son porte folio Aux mains de la lumière, 25 photographies et 8 poèmes, aux éditions de Haute Nuit.
En 1949 son éditeur réduit ses activités. Christian Dotremont écrit à Marcel Lefrancq « …Adhérez à CoBrA… Mettons-nous en contact étroit, mon cher Lefrancq, et tout ira bien… Soyons unitaires ! ». Marcel Lefrancq participe au second numéro de la revue Cobra, à l'exposition Les développements de l'œil, organisée par Cobra à Bruxelles, puis au sixième numéro de la revue. Il est invité dans une série d'émissions sur la photographie à Radio-Hainaut.
En 1951, il participe aux activités du groupe Le Tour puis expose avec celui-ci à Bruxelles l'année suivante.
Il fonde l'Association des Amis du Musée de Préhistoire de Mons (AMPM) en 1953. Depuis plusieurs années, il participe à des fouilles archéologiques organisées par le conservateur du musée de préhistoire de Mons. L'AMPM devient en 1962 la Société de Recherche préhistorique en Hainaut (SRPH). Il en est toujours un membre parmi les plus actifs. L'association organise des fouilles sur des sites préhistoriques de la région, des conférences, des colloques, etc. Elle reçoit des personnalités scientifiques de renommée internationale, dont l'abbé Henri Breuil, et mène des chantiers de fouille de plus de dix ans sur le site des minières néolithiques de silex de Spiennes, au lieu-dit Petit-Spiennes, qui compte de nombreux puits d'extraction de silex. Marcel Lefrancq publie au fil du temps plusieurs articles sur ces recherches dans des revues spécialisées. Durant les années suivantes, il n'y a plus d'activités surréalistes de groupe, mais il reste en contact avec ses amis surréalistes. Il poursuit discrètement son œuvre personnelle, tout en continuant son activité archéologique.
En 1970, Marcel G. Lefrancq organise à Mons une exposition et un colloque sur l'art naïf avec Georges Schmits et Anatole Jakovsky comme orateurs. Il s'intéresse en effet également à cette forme d'art depuis de nombreuses années, comme à l'histoire de la pipe en terre, comme au folklore régional.