Marcel Chassard est un peintre et lithographe français né le 29 juin 1907 à Paris où il est mort le 17 octobre 1997.
Également directeur artistique dans l'édition d'art, designer publicitaire et dessinateur d'ex-libris, il vécut dans le 15e arrondissement de Paris et avait un second atelier dans le château de Montgermont à Pringy. Il signait ses toiles en lettres capitales, M.R.CHASSARD, toutes assorties à partir de 1947 de l'empreinte digitale de son index droit.
Marcel Chassard nait impasse du Rouet dans le 14e arrondissement de Paris. André Flament restitue « une enfance sans histoires et dont il n'y aurait rien à dire si ce n'est qu'elle fut tout entière tendue vers le dessin et la peinture ». Il décide de consacrer sa vie à cette vocation lorsqu'à l'âge de treize ans, en 1920, il obtient la plus haute récompense du concours de dessin qu'ouvre la Ville de Paris aux meilleurs élèves de toutes les écoles communales. Il entre ainsi en 1921 à l'École des arts appliqués Germaine-Pilon où il a pour maîtres Robert Wlérick en sculpture, Jules Chadel (1870-1942) en dessin et Pierre-Paul Montagnac (1883-1961) en décoration.
Après un bref passage à l'École nationale supérieure des beaux-arts en 1924, après aussi que son tempérament se soit senti partagé entre la tentation cubiste « qui ne fut pour lui qu'une étape » et le recentrage vers le classicisme favorisé par les conseils de Pierre Laurens et André Favory, Marcel Chassard entre au service artistique de l'imprimerie Draeger de Montrouge en 1925. Y revenant en 1929 — année où il épousera Janine Schmidt — après un service militaire de deux ans au 34e régiment d'aviation du Bourget, pour y travailler avec des artistes comme Jean Piaubert et Victor Vasarely, il fréquente assidûment les cours du soir de l'Académie Colarossi où il reçoit les conseils d'Othon Friesz. En 1933 — année de naissance de sa fille Colette —, il est directeur de la revue Synthèse. Aux fins d'en illustrer les publications bibliophiliques, il réalise ses premières lithographies chez Fernand Mourlot.Puis il devient directeur artistique et technique de la revue Le Jardin des modes en 1936. Pour Claude-Saulvy, « si les réalités quotidiennes obligèrent Marcel Chassard à pratiquer un métier, il sut garder, des dix ans passés chez Draeger, un apport dont son talent profita. Et c'est peut-être aux disciplines de la mise en page et des procédés d'impression qu'il doit ses qualités d'équilibre et de construction et aussi cette force tranquille et sûre qui émane de ses toiles ».
Mobilisé en 1939, alors que ses toiles récentes évoquent des villégiatures dans le Pays basque (L'Église de Biriatou), en Corrèze (La Cascade à Gimel), en Suisse (L'Église San Lorenzo à Lugano), Marcel Chassard est élève officier de réserve. En 1942, il suit les cours de l'Académie de la Grande Chaumière. Sa première rencontre avec Jean Jansem date de 1945. Dans une amitié durable, les deux artistes peindront ensemble des paysages, des nus, ainsi que, réciproquement, un portrait de l'un par l'autre.
Si l'année 1947 inaugure une période de quarante années d'expositions, l'après-guerre montre un Marcel Chassard toujours en quête d'approfondissement de ses connaissances, notamment par l'approche de deux maîtres qui n'ont rien de commun sinon de le fascinner : Sandro Botticelli qu'il découvre réellement dans les musées à la faveur d'un voyage en Italie en 1947 et dont « les paysages et les portraits lui procurent un viatique spirituel et matériel absolument nécessaires » ; Lyonel Feininger dont en 1959 « il étudie passionnément la construction des toiles avec leur chromatisme coloré du prisme ». Entretemps, en 1957, Marcel Chassard fait la connaissance de Camille Hilaire dont il édite la monographie avec un texte de Robert Rey.
Dès cette époque, la peinture de Marcel Chassard énonce l'attirance de la Seine-et-Marne (Pique-nique à Fontainebleau, toile de 1950). S'installant un atelier dans le château de Montgermont à Pringy, il brosse des paysages qui vont de Moret-sur-Loing à Misy-sur-Yonne et participe aux expositions annuelles organisées par Guy Isnard à Barbizon. Si des toiles de 1970 (La Maison des viviers à Quiberon) à 1987 (Masques d'or à Venise) reflètent encore quelques villégiatures plus éloignées, Marcel Chassard montre par sa dernière exposition, à Paris en avril 1991, que son réel thème de prédilection, celui qu'il affectionna toujours, fut bien « l'éternel féminin ».
Marcel Chassard meurt le 17 octobre 1997 dans le 15e arrondissement de Paris.
Portrait de Charles Lindbergh après sa traversée de l'Océan Atlantique, huile sur toile, 1927.
Portrait de Janine Sagny-Marsay dite « Praline » (1921-1953), mannequin chez Christian Dior, huile sur toile, 1950[réf. nécessaire].
Portrait de la baronne Evelyn von Schumacher-Nager (de), huile sur toile, 1950.
Estrela Faria devant son chevalet, huile sur toile, 1950.
Mariette Lydis dessinant, huile sur toile, 1950.
Portrait du Maréchal Alphonse Juin, huile sur toile, 1952.
Portrait de Maria Callas, huile sur toile.
Cannes, péristyle de Lou Souléou Pergola, 1973.
Somerset Maugham, Une riche nature, sept illustrations de Marcel Chassard, Synthèse, revue mensuelle réservée au corps médical, n°10, octobre 1935.
Roger Baschet, « Quand les Parisiennes ont froid », article illustré de deux dessins de Marcel Chassard, L'Illustration, 28 mars 1942.