Marcel Bigeard, né le 14 février 1916 à Toul et mort le 18 juin 2010 dans la même ville, est un général et homme politique français.
Résistant, son nom reste associé à la guerre d'Indochine et à celle d'Algérie.
Le 27 septembre 1974, le président de la République lui remet les insignes de grand-croix de la Légion d'honneur alors qu'il est toujours en service actif, distinction que seuls deux autres généraux de recrutement interne ont reçue en deuxième section, les généraux Paul Gandoët et Alain Le Ray.
Après sa carrière dans l'armée, il est secrétaire d'État à la Défense nationale (1975-1976) et député de Meurthe-et-Moselle (1978-1988). Une fondation portant son nom est créée en 2011.
Son retrait de la vie publique a été marqué par des accusations d'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie, ce qu'il a constamment démenti. Aujourd'hui, ces accusations n'ont pas été prouvées de manière formelle.
Origines familiales et formation
Marcel-Maurice Bigeard est le fils de Charles Bigeard (1880-1948), aiguilleur à la compagnie des chemins de fer de l'Est, et de Marie-Sophie Ponsot (1880-1964). À l'issue de ses études à l'École supérieure de Toul, il obtient son brevet d'études élémentaires.
Le 6 janvier 1942, il épouse à Nice son amie d’enfance, Gabrielle Grandemange (Toul, 5 décembre 1919 - 4 juillet 2011). Ils se marient pendant la guerre après l’évasion de Marcel Bigeard d’Allemagne et avant son départ pour être parachuté dans le maquis. Dans chacun de ses discours ou de ses livres, Marcel Bigeard citait régulièrement « Gaby, son grand et seul amour ». Leur unique enfant, Marie-France, naît le 13 février 1946. Gaby Bigeard meurt le 4 juillet 2011 à Toul des suites d'une longue maladie.
Après avoir travaillé six ans à la succursale de Toul de la Société générale dans laquelle il gravit les échelons (coursier en 1930, puis service des portefeuilles, service des coupons, service des titres, le jeune homme se destinant à devenir directeur d'agence bancaire), Marcel Bigeard effectue son service militaire à Haguenau au sein du 23e régiment d'infanterie de forteresse. Incorporé comme soldat de deuxième classe en septembre 1936, il pratique la boxe et se distingue pour le service dans les troupes d’intervalle qui assurent la sécurité des ouvrages en surface. Caporal-chef, il est libéré de ses obligations militaires avec le grade de sergent de réserve en septembre 1938.
Six mois après sa libération, devant l'imminence du conflit, il est rappelé le 22 mars 1939 au sein du 23e régiment d'infanterie de forteresse et est promu au grade de sergent.
En septembre 1939, grâce à l'arrivée de réservistes, les bataillons du 23e RIF servent chacun de noyau à la création de nouveaux régiments d'infanterie de forteresse « de mobilisation ». Bigeard est affecté au 79e régiment d'infanterie de forteresse dans le sous-secteur fortifié de Hoffen de la ligne Maginot. Volontaire pour les corps francs, il prend la tête d'un groupe de combat à Trimbach en Alsace et devient rapidement sergent-chef puis adjudant à l'âge de 24 ans.
Le 25 juin 1940, il est fait prisonnier et passe 18 mois de captivité au Stalag 12A à Limbourg, en Allemagne. C'est à sa troisième tentative, le 11 novembre 1941, qu'il parvient à s'évader et à rejoindre la zone libre.
Volontaire pour l'AOF, il est affecté en février 1942 au camp de Bandia, près de Thiès au Sénégal, dans un régiment de tirailleurs sénégalais de l'Armée d'armistice. Nommé sous-lieutenant en octobre 1943, il est dirigé avec son régiment sur Meknès au Maroc.
Recruté comme parachutiste de l'armée française de la Libération, il effectue une formation, avec les commandos britanniques, au « Club des Pins » près d'Alger durant trois mois puis est affecté avec le grade « fictif » de chef de bataillon à la Direction générale des services spéciaux. Avec le titre de « délégué militaire départemental », le « commandant Aube » est parachuté dans l'Ariège le 8 août 1944 avec trois camarades afin d'encadrer l'action de la Résistance intérieure française. Lors de la libération du département le 22 août 1944, les pertes franco-espagnoles sont de 44 tués et blessés alors que les pertes allemandes comptent 1 420 prisonniers et 230 tués et blessés.
Au début de l'année 1945, Bigeard crée puis dirige pendant un semestre l'école régionale des cadres du Pyla, près de Bordeaux, destinée à former des officiers issus des Forces françaises de l'intérieur. Décoré de la Légion d'honneur et du Distinguished Service Order britannique pour ses actions en Ariège, Bigeard est nommé capitaine d'active en juin 1945.
Au milieu de l'année 1945, le capitaine Bigeard est chargé du commandement de la 6e compagnie du 23e régiment d'infanterie coloniale à Villingen, en Allemagne. Désigné pour participer au corps expéditionnaire en Indochine, le régiment débarque à Saïgon le 25 octobre 1945 et prend part, jusqu'en mars 1946, aux opérations de pacification en Cochinchine.
C'est à cette époque que l'on commence à lui donner le surnom de « Bruno », qui est son indicatif radio.
Le 8 mars 1946, un détachement de la 2e DB et un de la 9e DIC, dont fait partie le 23e RIC, débarquent à Haiphong, au Tonkin.