Ce Jour-là

Marc Riboud

Photographe français

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Marc Riboud, né le 24 juin 1923 à Saint-Genis-Laval (Rhône) et mort le 30 août 2016 à Paris 13e, est un photographe français.

Il est connu, entre autres, par ses livres sur ses reportages en Asie : Les Trois bannières de la Chine, Face of North Vietnam, Chine Instantanés de voyage, et ses plus récents Vers l'Orient et Cuba.

Marc Eugène Riboud naît le 24 juin 1923 à Saint-Genis-Laval près de Lyon. Il est le cinquième enfant d'une fratrie de sept, et le frère des industriels Antoine et Jean Riboud. Il est élevé dans une famille bourgeoise lyonnaise. Son père, diplômé de Sciences Po, est un ami de jeunesse de Maurice Schlumberger, qui suivit la carrière des enfants Riboud, et son grand-père avait été l'un des fondateurs de la Lyonnaise de Banque).

Il commence la photographie avec l'appareil photographique Vest Pocket Kodak que son père utilisait en 1914-1918 dans les tranchées.

En 1937, à 14 ans, il prend ses premières photos à l'exposition internationale « Arts et techniques dans la vie moderne » à Paris. Il photographie aussi les châteaux de la Loire.

Traumatisé par le souvenir de la Première Guerre mondiale qui avait durement touché sa famille, son père se suicide quelques semaines après l’entrée en guerre en novembre 1939.

Marc Riboud passe les trois premières années de l'Occupation à Lyon, et étudie au lycée Ampère. En 1943, il prend le maquis avec le fiancé de sa sœur Françoise qui sera abattu par les nazis. Marc échappe de peu à l’arrestation par les Allemands dans le maquis du Vercors à l’été 1944.

Il entreprend alors des études à l’École centrale de Lyon pour devenir ingénieur. Il continue à faire de la photographie plus intensément et envisage d’en faire son métier.

En 1952, alors ingénieur à Villeurbanne, il « oublie » de rentrer d’un congé pris pour photographier Maria Casarès et Gérard Philipe aux festivals de danse de Lyon et d’Avignon, et s’installe à Paris où, grâce à son frère Jean, il rencontre Henri Cartier-Bresson puis Robert Capa, deux des créateurs de Magnum Photos.

En 1953, il photographie Le Peintre de la Tour Eiffel, où éclate déjà son talent et son goût de la composition de l’image. Cette photographie sera sa première publication dans Life et son ticket d’entrée à Magnum Photos.

Après un premier reportage en Yougoslavie, sur les conseils de Robert Capa, il part un an en Grande-Bretagne et photographie Londres et Leeds, qui se relèvent lentement de la guerre.

En 1955, Marc Riboud prend la route à Istanbul (avec la Land Rover de George Rodger) et traverse l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan pour atteindre l'Inde. Il y séjourne une année avant d’obtenir son visa pour la Chine, où il fait en 1957 son premier long séjour.

En 1958, il termine son voyage en Extrême-Orient par un séjour au Japon qui sera avec Women of Japan le sujet de son premier livre (avec un texte de Christine Arnothy). Il reprend à nouveau la route à partir de l’Alaska en hiver 1958 jusqu’à Acapulco.

De 1960 à 1962, Marc Riboud photographie les indépendances africaines, fait plusieurs séjours en Algérie et photographie la liesse de l’indépendance en juillet 1962.

En 1965, il retourne en Chine et photographie les prémices de la révolution culturelle ; il publie Les Trois Bannières de la Chine aux éditions Robert Laffont.

En 1967, à Washington lors d'une manifestation contre la guerre au Viêt Nam, il photographie une militante qui tend une fleur aux soldats. Cette photographie, La Fille à la fleur, deviendra une icône de la paix. En 1968, il photographie les manifestations étudiantes de mai à Paris et voyage au Nord et au Sud Viêt Nam. Il retourne au Viêt Nam en 1969, en 1972 et aussi en 1976 ; il photographiera la rééducation forcée des cadres par le pouvoir communiste.

Au cours des années 1970, il retrouve la Chine où il retournera régulièrement pour suivre son évolution et ses transformations jusqu’à son dernier séjour à Shanghai en 2010. En 1973, il couvre le procès du Watergate à Washington. Il se rend plusieurs fois à Prague pour soutenir les signataires de la Charte 77 et surtout son amie Anna Farova, historienne de la photographie. En 1979, il est à Téhéran lors de la prise d'otages de l'ambassade des États-Unis et pour photographier les foules en délire fêtant le retour de l'ayatollah Khomeini.

En 1980, il se rend en Pologne pour un long reportage sur les débuts de Solidarnosc. En 1987, il photographie à Lyon le procès de Klaus Barbie. À partir de 1986, sur les conseils de son ami le peintre Zao Wou-Ki, il découvre Huang Shan, et est fasciné par la beauté de ces montagnes qui ont inspiré les peintres chinois. Il fait aussi plusieurs séjours à Angkor, amoureux de ces temples envahis par les racines et les arbres séculaires.

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