Ce Jour-là

Marc-Édouard Nabe

Écrivain et pamphlétaire français

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Alain Zannini, dit Marc-Édouard Nabe, est un écrivain français, né le 27 décembre 1958 à Marseille.

En 1985, il publie son premier livre, Au régal des vermines, un ouvrage aux accents pamphlétaires qui suscite un important scandale. Auteur d'essais, de romans, de recueils de nouvelles et de poèmes, il publie également quatre tomes de son journal intime et de nombreux textes dans des revues, notamment L'Infini et L'Idiot international. Il pratique également la peinture et la guitare.

Longtemps publié par les éditions du Rocher, il perd cet éditeur en 2005 et reste plusieurs années sans publier. En 2008, à l'issue d'un procès, il récupère les droits de vingt-deux de ses livres. En 2010, il revient avec L'Homme qui arrêta d'écrire, qu'il auto-édite.

Marc-Édouard Nabe est un écrivain controversé depuis son premier livre, qui lui a notamment valu des accusations d'antisémitisme. Dans ses livres et ses articles, il s'en prend à de multiples cibles de manière injurieuse, voire ordurière. La publication de son journal intime, notamment, a contribué à le brouiller avec une grande partie des milieux littéraires. Dans les années 2000, il fréquente la mouvance d'extrême droite antisémite d'Alain Soral et Dieudonné avant de se brouiller avec eux par opposition au complotisme. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, il fait l'apologie du terrorisme islamiste. En 2025, il est condamné à six mois de prison ferme dans le cadre d'une affaire de harcèlement en ligne.

Alain Marc Édouard Zannini naît le 27 décembre 1958 à Marseille. Il est le fils de Marcel Zanini, musicien de jazz d'origine gréco-turco-italienne. Il est baptisé catholique le 8 février 1959 et grandit à Marseille. En 1970, au moment où son père devient célèbre grâce à la chanson Tu veux ou tu veux pas, la famille s'installe à Paris. Grâce à son père, il côtoie à l'époque des musiciens de jazz, ainsi que des artistes de music-hall, des dessinateurs comme Fred, Jean Giraud et Siné.

Durant son service militaire débuté le 2 août 1979, Marc-Édouard Nabe rencontre Hélène Hottiaux (née le 17 juin 1954) à la gare de Charleville-Mézières le 22 juin 1980. Deux mois plus tard, ils s'installent dans le 14e arrondissement de Paris mais se séparent quelques mois plus tard. Ils finissent par se mettre en couple en 1981, pendant 19 ans, et divorcent en 2000. Le 17 septembre 1990, Hélène donne naissance à un fils, Alexandre Zannini. Sa mère et lui sont sujets d'un grand nombre des livres de Marc-Édouard Nabe. Par ailleurs, la grossesse d'Hélène est évoquée dans Kamikaze, le quatrième tome du journal intime de l'auteur, paru en mars 2000.[réf. nécessaire]

Adolescence et premières publications

En 1973, encore adolescent, il adopte le pseudonyme « Nabe », qui est le diminutif du sobriquet « nabot » que lui donnaient ses camarades de lycée. Il signe sous ce nom des dessins dans Hara-Kiri, entre 1974 et 1975.

En juillet 1977, il expose ses peintures à la galerie du Mole, au Cap d'Agde. À partir de 1983, il tient un journal intime. En 1984, il recommence à fréquenter la rédaction d'Hara-Kiri et assiste ensuite régulièrement aux bouclages, organisés les mardis soir rue des Trois-Portes avec le professeur Choron, Gébé et Cavanna. Nabe apparaît à diverses reprises dans les romans-photos comiques de Choron. Il décrit dans plusieurs tomes de son journal intime l'ambiance du Hara-Kiri de l'époque, autour de Choron.

Il publie ses premiers textes dans les revues Sud et le Jazzophone. En 1984, il collabore à la revue Vertiges des lettres, dirigée par Siné, et signe un texte dans L'Infini, la revue littéraire dirigée par Philippe Sollers.

À la demande de son père, il étudie la musique et devient guitariste rythmique. Plus tard, il se produit occasionnellement en accompagnant son père. Le jazz demeure par la suite l'une de ses passions et l'un des thèmes récurrents de ses écrits.

Son premier ouvrage publié, Au régal des vermines, sort le 25 janvier 1985 chez Bernard Barrault. Dans cet essai, Nabe fait part de son admiration pour des auteurs comme Louis-Ferdinand Céline, André Suarès, Lucien Rebatet, Sade ou encore Léon Bloy. Abordant de multiples thèmes, le livre tourne cependant avant tout autour de Nabe lui-même, qui dit vouloir « faire de son nombril le maelstrom du monde ». Il y décrit, sur un ton pamphlétaire et virulent, ses goûts (le jazz, les femmes, les Noirs, ses écrivains préférés…) et ses dégoûts (le rock, les féministes, les « pédés » et les milieux culturels contemporains).

La sortie de ce premier livre est accompagnée de polémiques publiques. L'ouvrage contient en effet de nombreux passages provocateurs et s'en prend violemment à diverses catégories de personnes (les femmes, les enfants, les vieillards, certains écrivains et musiciens, les socialistes…). Nabe écrit entre autres : « Je suis très raciste. J'espère que les Noirs vont finir par enculer tous les blancs et les assombrir pour toujours. Le métissage n'est pas une solution pour empêcher le racisme mais pour l'accroître. C'est sa seule vertu… Tout est race dans la vie. Je prétends qu'il existe des différences essentielles entre la race noire, blanche, jaune. […] La plus belle race du monde, ce sont les nègres ! », « Les pédés, je les hais, mais ils ne sont qu'une minorité parmi d'autres. », et « Du moment que je vomis le monde entier, il n'y a aucune raison pour que les Juifs soient exclus de ma gerbe d'or. […] Les Juifs sont responsables de la civilisation écœurante de cette ordure de Dieu. Les Hébreux d'Israël je les dégueule donc, je les colle contre leur ignoble mur croulant des larmes. […] Plus les ondes du Juif swinguent dans le néfaste, plus le monde est judaïque ». Ce sont les passages sur les Juifs qui occasionnent le plus de controverses, Nabe étant accusé d’antisémitisme.

Le 15 février 1985, Nabe est invité par Bernard Pivot dans son émission Apostrophes dont le thème est ce jour-là « Les mauvais sentiments ». À l’antenne, l'écrivain revendique une « haine totale » de l'humanité, déclare que les livres des autres invités lui sont tombés des mains et qualifie la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) de « gens qui se servent du monceau de cadavres d'Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune ». Un échange très tendu l'oppose à l'un des invités, Morgan Sportès qui trouve le livre de Nabe « insensé de connerie » et se dit dérangé par son admiration pour des écrivains antisémites. Après l'émission, le journaliste Georges-Marc Benamou s'introduit dans les studios et frappe Nabe au visage. La LICRA, quant à elle, assigne l'écrivain et son éditeur en justice, pour diffamation et provocation à la haine raciale. La défense de Nabe et Barrault est assurée par l'avocat Thierry Lévy. La LICRA est finalement déboutée en appel, puis en cassation le 8 février 1989, le juge ayant admis la prescription invoquée par la défense.

Au régal des vermines reçoit un accueil critique contrasté, certains articles soulignant le talent d'écriture de l'auteur tandis que d'autres restent sceptiques, voire rebutés, devant sa personnalité. À la suite de ce premier livre, Nabe conserve durablement une réputation d'écrivain sulfureux. Lui-même considère avoir fait une sorte de hara-kiri lors de son passage à Apostrophes et commente, dans Nabe's Dream, « C'est une expérience unique chez un écrivain : se tuer au moment de sa naissance ». Incidemment, il devient l'ami du truand en cavale Albert Spaggiari, qui avait apprécié sa prestation dans l'émission.

Son deuxième livre, Zigzags, publié en 1986 chez Barrault, est un recueil de textes. La même année, Denoël fait paraître L'Âme de Billie Holiday, essai consacré à la chanteuse américaine de jazz. Ce livre est bien accueilli par la critique. Lors de sa réédition en 2007, Delfeil de Ton écrit que chaque page « est éclairante, poétique, écrite ». Toujours en 1986, Nabe sort également Chacun mes goûts, un recueil d'aphorismes édité au Dilettante. En octobre de la même année, il écrit des chroniques pour le festival Nancy Jazz Pulsations. En 1987, il travaille à son premier roman, Le Bonheur, qui est publié par Denoël en janvier de l'année suivante. Tournant autour du thème de la peinture, ce long roman mêle la passion de l'écrivain pour l'art pictural et son intérêt pour la religion. L'accueil critique est inégal : si dans Le Figaro littéraire, Patrick Grainville salue le talent de Nabe en le comparant à Céline et Cendrars, Patrice Delbourg, dans L'Événement du jeudi, conseille de s'éviter « deux bonnes journées d'ennui » en ne lisant pas Le Bonheur. À l'occasion du bicentenaire de la Révolution française et contre les célébrations qui sont alors organisées, Nabe publie en septembre 1989 La Marseillaise, texte sur le morceau éponyme du saxophoniste de free jazz Albert Ayler.

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