Ce Jour-là

Maquis de Saint-Marcel

Maquis français

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Le maquis de Saint-Marcel, dit aussi maquis de la Nouette, est un maquis qui exista en Bretagne occupée, dans le centre du Morbihan non loin du village de Saint-Marcel pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il a été créé en février 1943 par Émile Guimard, de Lizio, et Antoine Rolland, de Sérent, pour recevoir des parachutages d'armes. Ce terrain discret, dénommé « baleine » derrière la ferme de la Nouette près de Saint-Marcel avait été trouvé à la demande de la mission Cockle composée de deux agents secrets de la France libre, le lieutenant Guy Lenfant et le sergent radio André Rapin, parachutés près de l'étang au Duc entre Ploërmel et Loyat dans la nuit du 21 au 22 décembre 1942 pour armer les premiers réseaux de Résistance du Morbihan. Ces deux agents, missions remplies avec de multiples parachutages autour de Ploërmel et de Pontivy durant le premier semestre 1943, retournèrent en Angleterre le 15 juillet de la même année, embarquant avec eux le plan des défenses allemandes du Morbihan, remis par le commandant départemental de gendarmerie et résistant, Maurice Guillaudot. En mai, ces parachutages furent suspendus, après quelques ratés, pour ne pas attirer l'attention de l'occupant.

En mars 1944, plusieurs arrestations désorganisèrent la résistance locale. Le commandant Guillaudot, à Vannes, et son adjoint, le lieutenant de gendarmerie Théophile Guillo, à Ploërmel, son fils, Joseph Guillo, 20 ans (qui mourra en déportation), furent arrêtés, torturés et déportés. Plusieurs cadres FFI, de Ploërmel notamment (Henri Calindre, Louis Chérel, Lionel Dorléans, Paul Hervy) furent fusillés le 30 juin 1944 à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes.

Le 5 juin 1944, l'ordre est donné par le colonel Morice (Paul Chenailler), chef départemental F.F.I. (après l'arrestation du commandant Maurice Guillaudot), à tous les résistants FFI du Morbihan de se rassembler à la Nouette, la ferme de la famille Pondard près de Saint-Marcel (soit environ 3 000 hommes).

Une description précise du maquis de Saint-Marcel est fournie par un témoignage allemand (les résistants y sont qualifiés de « terroristes ») :

« À deux kilomètres environ à l'ouest de Saint-Marcel, près de Malestroit, le camp de terroristes s'étendait sur un carré de plus de deux kilomètres de côté et était entouré de points d'appui en fortification de campagne. En particulier, toutes les voies d'accès au camp étaient protégées par des obstacles en rondins avec des mines télécommandées et des abris renforcés par des sacs de terre. À l'intérieur du camp se trouvaient quelques bâtiments de ferme que les terroristes ont utilisés comme central radio ou comme poste de secours, le château étant occupé par le « quartier général ». Les hommes du camp cantonnaient en partie dans les broussailles d'environ deux mètres de haut, d'une superficie de quatre cents sur huit cents mètres où avaient été aménagés des layons le long desquels se trouvaient des cabanes de branchage et des tentes avec de la paille abritant dix à vingt hommes. À l'intérieur du camp, une prairie d'environ cinquante sur deux cents mètres servait de zone et de centre de rassemblement. »

FFI et Armée française de la Libération 2 500 hommes

4 chasseurs-bombardiers P-47 Thunderbolt de l'US Air Force.

2e régiment parachutiste de maintenance et d'instruction (300 hommes) ;

un commando de chasse du 17e état-major du génie de forteresse ;

éléments de la 275e division d'infanterie de Redon ;

une compagnie du 798e bataillon de Géorgiens ;

2 bataillons du 3e régiment d'artillerie ;

patrouille de la brigade de Feldgendarmerie no 790.

Dans le cadre de la bataille de Normandie (opération Overlord), 18 SAS (Special Air Service) des Forces françaises libres, commandés par les lieutenants Pierre Marienne et Henri Deplante, sont parachutés le soir du 5 juin 1944 (22 h 30, heure locale) près de Plumelec et de Guéhenno (Morbihan), à 15 km de Saint-Marcel : c'est l'opération Dingson. 18 autres SAS sont aussi parachutés dans les Côtes-d'Armor (forêt de Duault) (opération Samwest), pour ralentir les transports des forces d'occupation stationnées en Bretagne vers la Normandie. La Résistance Bretonne, inconnue des Alliés, avait déjà entrepris des sabotages. La mission des SAS va devenir par parachutages, l'armement des résistants bretons FFI et FTP.

Malgré un accrochage dans le Morbihan dès l'atterrissage qui fait un mort (le caporal Émile Bouétard) et trois prisonniers, 14 SAS guidés par les résistants arrivent à Saint-Marcel. Jusqu'au 18 juin, 160 parachutistes du 4th SAS vont les rejoindre, dont le commandant du régiment Pierre-Louis Bourgoin.

Dans la nuit du 17 au 18 juin quatre jeeps furent parachutées. Elles furent utilisées pour attaquer et pour transporter les blessés lors de la bataille puis de l'évacuation du camp.

Le 18 juin, le maquis est attaqué. Malgré un soutien aérien allié pendant une heure en milieu d'après-midi au moment où la pression ennemie s'aggrave (4 avions de chasse P-47 Thunderbolt américains mitraillant les convois allemands en direction du maquis), les 3 000 résistants et les parachutistes SAS français se disperseront à la faveur de la nuit, après toute une journée de combat.

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