Ce Jour-là

Manuel Santa-Cruz Loidi

Curé et guerillero espagnol

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Manuel Santa-Cruz Loidi, né le 23 mai 1842 à Elduain (Gipuzkoa, Pays basque) et mort le 10 août 1926 à San Juan de Pasto (Colombie), est un curé et guérillero combattant, en 1872-1873, lors de la Troisième Guerre carliste.

Connu sous le nom de « curé Santa-Cruz » ou simplement « Santa-Cruz », il acquiert une renommée internationale en raison de ses exploits militaires, mais également par son tempérament austère et fanatique. Menant son groupe de guérilla à travers le Gipuzkoa et la Navarre, il tient tête aux forces libérales et s'aliène les dirigeants carlistes, jaloux de ses succès et lui reprochant son indépendance vis-à-vis de l'état-major.

Contraint à l'exil, il quitte l'Europe, pour la Jamaïque, où il suit de nouveau la voie ecclésiastique. En 1892, il parvient en Colombie où il fonde une mission auprès des indigènes près de San Juan de Pasto. Il y meurt en 1926.

Né dans une famille pauvre d'Elduain, dans le Pays basque, ses parents sont Francisco Antonio Santa Cruz Sarove (1784-1842), marié en 1824 avec Juana Josefa Loidi Urrestarazu (1803–1871). Orphelin de père à l'âge de 4 mois, Manuel Ignacio Santa-Cruz Loidi passe son enfance entre l'école et les travaux de la ferme.

Pris en charge par un cousin, ecclésiastique, celui-ci note la prédisposition de l'enfant pour les études et l'envoie étudier au séminaire de Vitoria-Gasteiz (province d'Araba). Étudiant la théologie mais également les Lettres et suivant un parcours classique, il obtient de bons résultats, mais ses études au séminaire sont interrompues par la maladie. Étant considéré comme un élève appliqué, le Vicaire Apostolique lui permet d’achever son cursus à distance.

Il est ordonné prêtre en 1866, et affecté au village d'Hernialde où il assiste le prêtre jusqu'au décès de ce dernier.

En 1870, l'agitation politique qui touche l'Espagne atteint aussi Hernialde. Bastion du mouvement carliste, le Pays basque voit alors se constituer des bandes armées en faveur de la succession au trône d'Espagne du prétendant en exil Don Carlos de Bourbon (1848-1909, « Charles VII »). Le clergé basque est à l'avant-garde de cette agitation, considérant que le régime libéral alors en place en Espagne menace la religion et les droits du peuple basque (les fueros).

Santa-Cruz, prêche des sermons enflammés à l'encontre du libéralisme et du gouvernement. De plus, il soutient activement les groupes carlistes opérant dans les environs en convoyant armes et ravitaillement.

Ces activités conduisent la Députation du Gipuzkoa à envoyer un bataillon de miquelets l'interpeller après la messe le dimanche 6 octobre 1870.

Par le biais d'une ruse, le prêtre parvient à fausser compagnie aux soldats et s'enfuit.

Il gagne la frontière française grâce à des complicités et trouve refuge au Labourd.

Le 21 avril 1871, tandis que le prétendant Don Carlos publie un manifeste appelant à l'insurrection, Santa-Cruz repasse la frontière au sein d'une compagnie de volontaires carlistes sous les ordres du colonel Recondo. Il y officie en tant qu'aumônier. La compagnie progresse en Navarre et livre quelques escarmouches.

Arrivés à Segura (Navarre), les volontaires sont bloqués par un bataillon libéral, et apprennent au même moment la défaite de l'armée carliste à la bataille d'Orokieta.

Santa-Cruz veut poursuivre la lutte, mais les capitaines décident de suivre le reflux des troupes carlistes en repli qui repassent la frontière.

Cet événement, et le deuxième exil au Pays basque Nord conduisent le prêtre à choisir de lever son propre groupe armé. Écœuré par l'inaction de l'état-major carliste qui mène la grande vie entre Saint-Jean-de-Luz et Bayonne, las de l'inaction, il repasse la frontière avec 16 hommes le 1er décembre 1871, bien décidé à mener le combat.

Aussitôt il se livre à diverses actions de guérilla : sabotage des télégraphes, attaques, train, et surtout une embuscade contre un convoi d'armes qui lui permet de s'emparer de 42 fusils.

Le 12 août 1872, il est capturé par une troupe libérale lancée à sa poursuite et conduit à la mairie d'Aramaio avant son transfert en prison. Il parvient une seconde fois à s'évader en sautant du balcon, trouvant refuge dans la rivière toute proche. Secouru par des paysans des alentours, ceux-ci le conduisent en sécurité à l'abri de la grotte d'Izizpe (Araba) avant de l'exfiltrer en Pays basque Nord.

Dès lors, sa tête est mise en prix, mort ou vif par la Députation du Gipuzkoa.

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