Ce Jour-là

Manuel Godoy

Politicien et militaire espagnol (1767-1851)

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Manuel Godoy, prince de la Paix et de Bassano, duc d'Alcudia et de Sueca, est un courtisan et homme politique espagnol, né le 12 mai 1767 à Badajoz en Espagne et mort le 4 octobre 1851 à Paris en France.

Il est deux fois secrétaire d'État (chef du gouvernement), mais à la suite de difficultés tant intérieures qu'extérieures, il ne parvient pas à empêcher l'invasion de l'Espagne et l'abdication de Charles IV d'Espagne. Napoléon Ier méprisait cet homme qui faisait de l'Espagne un allié incertain comme le montrent la campagne du Portugal en 1801 ou l'appel à prendre les armes contre la France au moment de la bataille d'Iéna.

Manuel de Godoy Álvarez de Faria Ríos Sánchez Zarzosa est le fils de José de Godoy y Sánchez de los Ríos et de Maria Antonia Justa Álvarez de Faria y Sánchez Sarzosa, d'origine portugaise.

Né le 12 mai 1767 dans la calle Santa Lucía à Badajoz dans une famille noble mais pauvre, il s'engage à 17 ans dans la Garde royale et est nommé dans les Gardes du Corps à Madrid comme son frère. Le roi Charles III d'Espagne exilera ce dernier de la cour pour ses avances à la princesse des Asturies, Marie-Louise de Parme.

Un jour d'escorte sur le chemin de Ségovie, le cheval de Manuel se cabre et le jette au sol et il remonte aussitôt, attirant ainsi par son éclat l'attention du prince et de son épouse. À 21 ans, il est présenté officiellement aux princes des Asturies (titre porté par l'héritier du trône d'Espagne). Doté d'une belle conversation et d'un certain charme, le jeune homme s'attire affection et amitié et est rapidement le favori du futur roi Charles IV d'Espagne, 40 ans, et devient l'amant de sa femme, Marie-Louise de Parme, 37 ans. Le 14 décembre de cette même année 1788, le roi Charles III d'Espagne s'éteint, laissant le trône à son fils.

Le 30 décembre 1788 (16 jours après l'accession au trône du prince des Asturies), Godoy est nommé cadet surnuméraire au Palais royal, en mai 1789 il est promu colonel de cavalerie, en novembre 1789 chevalier de l'ordre de Santiago, en août 1790 commandeur dans le même ordre, en février 1791 aide-de-camp, en mars gentilhomme de la cour, en juillet lieutenant général et chevalier Grand-Croix de l'ordre de Charles III, en 1792 duc d'Alcudia avec la grandesse d'Espagne, en novembre la Toison d'or et au printemps de 1793 le commandement en chef. Suivront les titres de duc de Sueca, marquis d'Alvarez, seigneur de Soto de Roma. Sa faveur suscite des jalousies et des commérages qui prétendent que l'infante Marie-Isabelle, née en 1789, et l'infant François de Paule d'Espagne, né en 1794, ne seraient pas les enfants du roi mais du favori.

En 1788, Charles IV d'Espagne monte sur le trône et nomme Godoy au poste de secrétaire d'État (chef du gouvernement), en 1792, en remplacement du comte d'Aranda.

Sa première décision est d'essayer de sauver Louis XVI. Sa tentative échoue et un conflit éclate avec la France (1793–1795) avec quelques succès et rapidement des défaites ; elle se termine par le traité de Bâle. Il reçoit alors le titre de prince de la Paix (Príncipe de la Paz en espagnol).

En 1796, Il renforce les liens avec la France par le traité de San Ildefonso.

En 1797, la reine Marie-Louise organise un mariage pour Manuel Godoy, dont elle espère qu'il l'attirera loin de sa maîtresse Pepita Tudó, et en même temps agira comme une couverture pour ses propres relations avec Manuel Godoy. María Teresa de Bourbon, la cousine de Charles IV et la fille de son oncle Louis Antoine de Bourbon (vivant en exil et déchu pour avoir renoncé à poursuivre une carrière ecclésiastique), est choisie pour être l'épouse de Manuel Godoy. Même si elle n'a pas encore rencontré Manuel Godoy, Maria Teresa accepte immédiatement le mariage qui assure la restauration de la fortune de sa famille. Il l'épouse le 21 octobre 1797 dans l'Escorial à Madrid. De cette union nait une fille unique Luisa Carlota Manuela de Godoy. Godoy reçoit un énorme règlement financier dans le cadre du mariage, mais il continue à faire vivre sa maîtresse Pepita Tudó dans la même maison que son épouse.

Après la défaite navale du cap Saint-Vincent, Manuel Godoy doit démissionner en 1798, mais reste toutefois influent.

Il revient aux affaires en 1801 et s'allie avec la France pour envahir le Portugal, allié de l'Angleterre. Cette guerre est connue sous le nom de guerre des Oranges ; elle aboutit à la capitulation du Portugal. Les intérêts de l'Espagne sont sacrifiés au traité d'Amiens en 1802. L'opposition au roi Charles IV d'Espagne grandit.

Il réussit à maintenir une certaine neutralité de l'Espagne, mais s'allie de nouveau avec la France et la marine espagnole alliée à la marine française subit une nouvelle défaite navale à Trafalgar.

Malgré tout, sa relation avec Napoléon Ier ne faiblit pas et aboutit au traité de Fontainebleau en 1807 qui organise le démembrement du Portugal au profit de l'Espagne, de la France et de Godoy. La zone sud du Portugal serait revenue à Godoy et sa famille comme principat de los Algarves.

En mars 1808, le soulèvement d'Aranjuez renverse Charles IV au profit de son fils Ferdinand VII d'Espagne et essaye de tuer Godoy. Napoléon Ier fait sauver Godoy par Joachim Murat en l'envoyant en France et ne reconnait pas Ferdinand VII. Après l'entrevue de Bayonne en avril 1808 où Charles IV d'Espagne échange son trône devenu ingouvernable contre des terres et des revenus en France et où Ferdinand renonce à ses prétentions à la couronne d'Espagne contre celle de Ligurie, Napoléon Ier désigne son frère Joseph Bonaparte comme roi d'Espagne, mais le soulèvement du Dos de Mayo entraîne une longue et sanglante guerre entre les deux anciens alliés.

Godoy passe les années suivantes en exil avec Charles IV d'Espagne, Marie-Louise, sa fille Luisa Carlota Manuela de Godoy issue de son mariage avec María Teresa de Bourbon, Pepita Tudó sa maîtresse, et leur fils Manuel Godoy (son épouse l'a quitté depuis longtemps). Ils vivent pendant plusieurs mois à Fontainebleau, puis à Compiègne, puis à Aix-en-Provence. En octobre 1808 ils arrivent à Marseille où ils passent les quatre années suivantes. En juillet 1812 ils s'installent à Rome, où ils vivent dans le palazzo Barberini.

En avril 1814 Ferdinand VII d'Espagne est restauré en tant que roi d'Espagne (il a vécu pendant six ans en France). Il refuse de permettre à Godoy de retourner en Espagne, et le pape Pie VII exile Godoy et sa maîtresse Pepita Tudó à Pesaro. Pendant les Cent-Jours, Charles IV d'Espagne et Marie-Louise de Bourbon Parme fuient la France pour Vérone, où ils sont rejoints par Godoy et Pepita Tudó. Godoy demande à l'empereur François Ier d'Autriche à Vienne, le droit d'asile, mais Ferdinand VII d'Espagne fait part de son opposition.

Après la défaite de Napoléon, Charles IV d'Espagne, Marie-Louise et Pepita Tudó retournent à Rome, mais le pape demande que Godoy continue de vivre à Pesaro. En septembre 1815, Charles IV d'Espagne et Marie-Louise demandent au pape de déclarer nul le mariage entre Godoy et María Teresa de Bourbon. Godoy est autorisé à rentrer à Rome, mais dans le but de préserver les apparences Pepita Tudó et son fils Manuel Godoy déménagent à Gênes. Ferdinand soudoie la police pour qu'elle expulse Pepita Tudó et sa famille de Gênes, la même chose se produisant à Livourne. Enfin, elle trouve un foyer à Pise.

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Manuel Godoy | World in Stories