Ce Jour-là

Manuel Fraga

Politicien espagnol

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Manuel Fraga Iribarne, né le 23 novembre 1922 à Villalba et mort le 15 janvier 2012 à Madrid, est un homme politique espagnol.

Ministre du Tourisme et de l'Information du général Franco entre 1962 et 1969, il est brièvement ministre de l'Intérieur de 1975 à 1976, après l'accession au trône de Juan Carlos Ier.

Cette même année 1976, il fonde le parti Réforme démocratique (en) (RD), avec des modérés du franquisme, qui participe à la création de l'Alliance populaire (AP) peu de temps après. Il devient secrétaire général de l'AP en 1977 et participe à la rédaction de la nouvelle Constitution, dont il fait partie des « pères ». Ayant été désigné président de l'AP en 1979, il fait du parti la première force de l'opposition aux élections générales de 1982.

Bien qu'il ait démissionné de la direction de l'AP en 1986, il y revient en 1989 en fondant le Parti populaire (PP), qui rassemble toutes les forces du centre droit. En 1990, alors qu'il est devenu président de la Junte de Galice, il cède la présidence du PP à José María Aznar et en est élu « président fondateur ».

Il passe quinze années à la tête du gouvernement régional galicien, abandonnant le pouvoir au socialiste Emilio Pérez Touriño après avoir échoué en 2005 à obtenir un cinquième mandat. En 2006, il est élu au Sénat, auquel il ne se représente pas en 2011.

Il apprend le français dans son enfance, grâce à sa mère basque française, María Iribarne Dubois. Son père, Manuel Fraga, est maire de Villalba sous la dictature de Primo de Rivera. Après des études de droit, science politique et économie, il devient avocat aux Cortes (letrado de las Cortes) en 1945 et professeur des universités en 1947.

Il est nommé en 1951 secrétaire général de l'Institut de la culture hispanique, fonction qu'il conserve jusqu'en 1953. Il débute alors une carrière au ministère de l'Éducation nationale, d'abord comme secrétaire du Conseil de l'éducation, puis secrétaire général technique en 1955. L'année d'après, il est choisi pour occuper le poste de directeur de l'Institut des études politiques. Il devient en 1957 délégué national aux Associations du secrétariat général du Movimiento.

Il intègre en 1962 le gouvernement de Francisco Franco en tant que ministre de l'Information et du Tourisme. À ce poste, Fraga est le précurseur du marketing politique espagnol[réf. nécessaire]. Il est l'auteur du slogan « L'Espagne est différente », justifiant à demi-mot le maintien du régime politique franquiste dans l'Europe occidentale majoritairement démocratique.

Alors que la classe moyenne européenne se développe et passe ses vacances en Espagne sur la Costa Brava ou la Costa del Sol, il fait transformer d’anciens monuments historiques en hôtels (les « paradores » souvent luxueux) pour répondre à une demande en infrastructure touristique de plus en plus forte et diversifiée. Les revenus du tourisme, associés à l'envoi d'argent par les émigrés et aux investissements étrangers dans le pays, permettent à l'économie espagnole de se développer fortement jusqu'au début des années 1970.

Membre du conseil des ministres qui refuse la grâce à Julián Grimau, un dirigeant du Parti communiste d'Espagne, arrêté, torturé, défenestré, condamné à mort et exécuté en 1963, c'est en tant que ministre de l'Information que Manuel Fraga qualifie alors Grimau de criminel et justifie son exécution.

En 1966, il se baigne à Palomares sur la côte d'Almería à l'endroit où un avion militaire américain a perdu accidentellement quatre bombes H, pour y démontrer que les eaux n'y sont pas polluées par la radioactivité. Prudemment, ils ont choisi une plage située à 15 kilomètres du lieu d’impact des bombes. Le ministre de l'Information veille pourtant, au nom de l'atlantisme, à une censure extrême sur cette bavure[réf. nécessaire] qui est le plus grave incident nucléaire jamais survenu en Espagne. En 2003, il est décoré par les États-Unis.

Il introduit également une nouvelle législation sur la presse (loi Fraga) et supprime la censure préalable, ce qui favorise la liberté de presse, toute relative et soumise à l'autocensure. En 1966-1967, il entreprend une série d'initiatives aboutissant au rétablissement des relations diplomatiques entre l'Espagne et Israël. En particulier, il abroge symboliquement le décret d'expulsion des Juifs d'Espagne, le décret de l'Alhambra, datant de 1492.

En 1969, il quitte le gouvernement. Il est ambassadeur au Royaume-Uni entre 1973 et 1975.

Pendant la transition démocratique espagnole, Manuel Fraga est ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement post-franquiste sous la présidence de Carlos Arias Navarro (décembre 1975 - juillet 1976). Quelques semaines après que la police a ouvert le feu sur des grévistes retranchés dans une église à Vitoria, il aurait prononcé la phrase La calle es mía (« La rue est à moi ») au cours d'une conversation téléphonique avec Ramón Tamames pour justifier son refus d'autoriser une manifestation de gauche pour la première Fête du Travail depuis la mort de Franco.

Il fonde l'Alianza Popular, qui accueille un grand nombre d'hommes politiques actifs durant la dictature. AP est d'ailleurs mal perçue les premières années puis a gagné en popularité après que l'UCD, parti de centre-droite de l'ancien chef de gouvernement Adolfo Suárez, fut dissous.

Présidence de la Xunta de Galice

De 1989 à 2005, il est élu puis réélu à trois reprises en tant que président de la Communauté autonome de Galice (Xunta de Galicia), l'une des régions les plus pauvres d'Espagne.

À la présidence de la Communauté autonome de Galice, il améliore les infrastructures, avec de nouvelles routes et d'autres travaux publics, essentiellement financés par des fonds européens[réf. nécessaire].

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