Le manichéisme (en persan : آیینِ مانی, Āyīn-e Mānī) est une religion fondée par Mani (216-274/277) au IIIe siècle.
C'est un syncrétisme du judaïsme, du bouddhisme, du brahmanisme, du christianisme, et du zoroastrisme, ce dernier ayant constitué la religion officielle de l'empire perse sassanide, où le manichéisme est apparu.
Il a pour fondement la séparation du monde entre royaume de la Lumière et royaume des Ténèbres. Par déformation et simplification de cette croyance, est qualifiée aujourd'hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuance, voire simpliste, où le Bien et le Mal sont clairement définis et séparés.
Le manichéisme dans l'histoire
Le manichéisme fut créé par Mani, durant le IIIe siècle.
Grâce à la protection du roi de Perse Chapour Ier, Mani put prêcher le manichéisme à travers tout le Moyen-Orient. Sa religion s'est répandue à travers l'Afrique du Nord et l'Europe jusqu'en Gaule et à travers l'Asie jusqu'en Chine, où elle s'appelle le « Bouddha de lumière ». Mani est tué en 276, à l'instigation du grand prêtre Kerdir, sous le règne de Vahram II. D'autres persécutions contre les manichéens ont lieu dans l'empire perse qui l'a vu naître, à partir de 287.
Peintre de grande qualité ainsi que ses disciples et successeurs les plus habiles, Mani créa une tradition d'illustration des manuscrits religieux, qui a bien pu avoir sa part dans la naissance de la miniature persane.
Le manichéisme s'introduisit dans l'Empire romain, notamment en Égypte et en Afrique romaine. Il fit l'objet d'un décret de persécution en 297, en raison de sa nouveauté, opposée au culte romain traditionnel et de son origine persane, comme provenant des ennemis des Romains. Les décrets de tolérance religieuse de 311 et 313 (édit de Milan), principalement énoncés pour arrêter la persécution contre les chrétiens, mirent fin à cette période de persécution.
À la même époque, le manichéisme se répand également dans la péninsule arabique.
Les Ouïghours du Khaghanat de l'Orkhon (744-840), protecteurs de la Chine des Tang à la suite de la rébellion d'An Lushan qui s'acheva en 762, se convertirent au manichéisme à l'exemple de leur khagan Bögü. Leur religion s'épanouit dans ce qui est la Mongolie moderne et le bassin du Tarim jusque vers la fin du Ier millénaire.
La dernière branche de cette religion semble s'éteindre au XIVe siècle en Chine du sud.
Jusqu'au XXe siècle, le manichéisme était une religion connue principalement à travers les écrits de ses adversaires (comme saint Augustin et Sévère d'Antioche). La découverte de plusieurs manuscrits en Chine (cf. manichéisme en Chine) permit de mieux la connaître.
Un jour, les esprits des Ténèbres voulurent donner l'assaut au royaume de la Lumière. Ils parvinrent en effet jusqu'à la frontière de ce royaume nitescent (lumineux, rayonnant) et voulurent en faire la conquête. Ils ne pouvaient rien contre le royaume de la Lumière, étant donné sa suprasensibilité[Quoi ?]. Les esprits du royaume de la Lumière mêlèrent alors une partie de leur propre royaume au royaume matériel des Ténèbres.
Grâce à ce mélange d'une partie du royaume de la Lumière avec le royaume des Ténèbres, il y aurait eu dans le royaume des Ténèbres comme un levain, une sorte de substance provoquant la fermentation qui plongea le royaume des Ténèbres dans une danse tourbillonnante chaotique par quoi il reçut un nouvel élément, à savoir la mort — relevant pour l'homme d'une sorte de transsubstantiation.
Résultat : le royaume des Ténèbres se consume constamment et porte ainsi en lui le germe de son propre anéantissement — ou pour l'homme, d'une transmutation en lumières passant par la formidable coruscation de la mort.
La pensée profonde qui réside dans ce récit est que le royaume des Ténèbres doit être surmonté par le royaume de la Lumière, non par le châtiment, plutôt par la douceur et par l'amour ; non pas en s'opposant au Mal ni en le combattant, mais en se mêlant à lui ; afin de rédimer le Mal.
L'un des fondements du manichéisme sépare le monde en deux :
le royaume de la Lumière, le royaume de la Vie divine, où s'exprime ce qui relève de l'éternité ;