Ce Jour-là

Manhattan

Arrondissement de la ville de New York, États-Unis

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Manhattan (prononcé en anglais [mænˈhætən] et en français [ma.na.tan]) est l'un des cinq arrondissements (en anglais : borough) de la ville de New York, les quatre autres étant le Bronx, Queens, Brooklyn et Staten Island. Le sud de l'île de Manhattan constitue le cœur historique de la ville de New York. L'arrondissement correspond en majeure partie à l'île de Manhattan, d'une superficie de 56,98 km2, entourée par le fleuve Hudson à l'ouest, l'Upper New York Bay au sud, l'East River à l'est et la Harlem River au nord.

L'arrondissement de Manhattan coïncide avec le comté de New York (en anglais : New York County), découpage administratif de l’État de New York, mais ce dernier ne fonctionne pas comme un comté à proprement parler, puisqu'il n'a aucun pouvoir et dépend entièrement de l'autorité municipale.

En 2017, sa population est de 1 694 251 habitants et sa densité très supérieure à celle de tout autre comté des États-Unis. Manhattan est mondialement célèbre pour ses gratte-ciel et son activité trépidante. Manhattan est le cœur économique et financier de la ville, bâti autour de Wall Street qui accueille le New York Stock Exchange, ainsi que Midtown, qui compte plusieurs sièges sociaux d'entreprises comme la Time Warner, Bloomberg LP et MetLife. Il s'agit également du centre culturel de New York, avec ses institutions renommées comme le Metropolitan Museum of Art, le musée américain d'histoire naturelle, le Museum of Modern Art (MoMA) et le quartier des théâtres de Broadway. La plupart des gratte-ciel les plus célèbres sont également situés dans ce quartier, avec notamment l'Empire State Building, le Chrysler Building, le Comcast Building et le One World Trade Center, symbole de la puissance économique et du renouveau du World Trade Center détruit lors des attentats du 11 septembre 2001.

Cette densité urbaine, sa diversité et sa qualité morphologique et architecturale, la présence de musées d'importance internationale, en font l'arrondissement le plus touristique de la Big Apple et une destination de premier plan aux États-Unis. Manhattan est l'arrondissement le mieux desservi par le métro de New York : toutes les lignes y transitent, à l'exception de la ligne G.

Manhattan dans l'histoire coloniale

Le nom de « Manhattan » provient du lenape, l’une des langues de la famille de l'algonquin. Tout d'abord écrit Manna-hata, le nom signifiait probablement « île aux nombreuses collines » ou « île vallonnée ». Il apparaît pour la première fois en 1609 sur le journal de bord de Robert Juet, un membre de l'expédition néerlandaise d'Henry Hudson[source insuffisante] qui conduira à ouvrir la voie à une future immigration européenne et, plus tard, à la fondation de New York. En 1610, le nom Manahata apparaît à deux reprises, désignant les deux rives de la Mauritius River (le fleuve Hudson). Les Algonquins sont les plus anciens habitants connus de ce territoire qu'ils habitaient de façon saisonnière, au moment où les ressources y foisonnaient. Leur mode de vie tournait principalement autour de la chasse au castor et aux animaux à fourrure. L'île fut colonisée sur l'ordre de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, qui essaye alors d'établir un monopole sur le commerce atlantique, et un fortin y est construit, le 2 février 1625. La région colonisée s'étendait de l'actuel État du Delaware (nom donné aux Lenapes par les Britanniques), jusqu'à Rhode Island.

La colonie de La Nouvelle-Amsterdam naquit officiellement le 24 mai 1626 avec l'achat par Pierre Minuit du territoire à ses occupants (les Manhattes) pour quelques articles de verroterie et autres colifichets, d'une valeur de 60 florins (24 dollars actuels). Pierre Minuit était le fils de calvinistes wallons de Tournai (actuelle Belgique), installés à Wesel (Rhénanie) où il naquit. La Compagnie néerlandaise des Indes occidentales l'envoie comme gouverneur de la colonie, où s'établissent de nombreux immigrants wallons d'où le toponyme néerlandais Waal Straat (Rue wallonne) devenu Wall Street. Pierre Minuit se distingue par son attention à préserver les intérêts des colons mais aussi ceux des Amérindiens.

Le 2 février 1653, la ville se constitua municipalité. La Nouvelle-Amsterdam se rendit aux Anglais en 1664. L'île fut officiellement cédée par les Hollandais aux Anglais par le traité de Bréda de 1667, qui mettait fin à la deuxième guerre anglo-néerlandaise. Elle fut aussitôt rebaptisée en l’honneur du duc d'York, le futur Jacques II d'Angleterre.

Pendant la troisième guerre anglo-néerlandaise la ville se rendit aux Hollandais en 1673 et fut rebaptisée La Nouvelle-Orange. En 1674 durant les négociations de paix, les Hollandais échangent la ville pour le Suriname. C’est l’un des douze comtés originaux de l'État — qui était à l'époque une province —, en 1683. À cette époque, il coïncidait avec la ville de New York et occupait l’île de Manhattan, comme aujourd’hui.

Manhattan fut au cœur de la campagne de New York, une série de batailles importantes livrées au début de la guerre d'indépendance américaine. L'Armée continentale, vaincue sur Long Island, dut abandonner la ville aux Anglais, débarqués à Kips Bay le 15 septembre 1776 ; les Américains parvinrent cependant à se replier hors de Manhattan après la bataille de Harlem Heights. Placé sous l'autorité britannique, Manhattan devint le centre des opérations du royaume de Grande-Bretagne en Amérique du Nord jusqu'à la fin de la guerre. Cette période fut marquée par une catastrophe, le grand incendie de 1776, durant lequel un tiers de la ville fut détruit, soit 500 maisons. Elle s'acheva avec le retour de George Washington dans la ville, et le départ des forces britanniques, le 25 novembre 1783 : c'est l'Evacuation Day.

Entre le 11 janvier 1785 et l'automne 1788, New York devint la cinquième capitale des treize États confédérés depuis la signature des Articles de la Confédération, le 15 novembre 1777. Le Congrès continental était alors installé dans la Fraunces Tavern, située à Manhattan. Lors de l'entrée en vigueur de la Constitution américaine le 4 mars 1789, New York devint la première capitale des États-Unis. L'administration du pays s'installa alors au Federal Hall situé à Wall Street. L'année suivante, le congrès déménagea à Philadelphie le 12 août.

Forte croissance du XIXe siècle puis du XXe siècle

Au cours du XIXe siècle, New York grandit et devient un centre économique, profitant, entre autres, de l'ouverture du canal Érié en 1825. En 1835, sa population dépasse celle de Philadelphie, ce qui en fait la plus grande ville du pays. Dans la seconde moitié du siècle, l'arrivée massive des immigrants, entrant par Ellis Island aux États-Unis, renforce la position de Manhattan. New York commence dès lors à s'étendre au-delà de l'île originelle. En 1874, une portion de ce qui est aujourd’hui le Bronx est rattachée au comté de New York, puis la totalité en 1895.

En 1898, la ville de New York (Manhattan et le Bronx) annexe Brooklyn, Queens et Staten Island. Le Bronx fait toujours partie du comté de New York. Le 1er janvier 1914, la Législature de l'État de New York crée le comté du Bronx, et le comté de New York est réduit à ses limites actuelles. L'apparition des autres arrondissements ne diminue pas le pouvoir grandissant de Manhattan, qui reste le véritable cœur de la ville. La construction de nombreux gratte-ciel dès le début du XXe siècle témoigne du dynamisme de l'arrondissement et accroît sa célébrité dans le monde entier. Il en va de même sur le plan culturel. Dans les années 1920, la Renaissance de Harlem fait de ce quartier de l'arrondissement, la « capitale mondiale de la culture noire ». Malgré les effets de la Grande Dépression, les années 1930 voient l'édification de plusieurs des plus grands gratte-ciel du monde, dont certains, comme l'Empire State Building ou le Chrysler Building, par leur célébrité, suffisent à symboliser New York.

Dans les années 1970, Manhattan connaît une crise financière et démographique : les usines et les ateliers ferment, une partie de la population quitte le centre pour les banlieues ou pour la Sun Belt. Dans les années 1980, avec la renaissance de Wall Street, Manhattan effectue son retour en tant que centre mondial de l'économie et des finances. La forte baisse de la criminalité, entreprise durant les années 1990 et rendue possible par la politique de tolérance zéro du maire Rudy Giuliani, a contribué à changer le visage de nombreux quartiers de l'arrondissement. Depuis quelques années, on assiste ainsi à la mutation de plusieurs quartiers de Manhattan. Les anciens ateliers de textile ou les installations portuaires sont transformés en lofts ou en galeries d'art à SoHo, dans Midtown et autour du Lincoln Center. De nombreux blocs sont rénovés et réhabilités, y compris dans certains secteurs de Harlem ; cette reconquête du centre par les populations aisées entraîne un phénomène de gentrification, peu profitable aux plus défavorisés et qui peut menacer l'héritage culturel des quartiers, à l'instar du Lower East Side.

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