Ce Jour-là

Malika El Aroud

Militante belgo-marocaine de l'Islam

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Malika El Aroud (alias Oum Obeyda), née le 2 mars 1959 à Tanger (Maroc) et morte le 6 avril 2023 à Bruxelles, est une figure marquante de l'islamisme radical belge.

En 2010, elle est condamnée à huit ans de prison pour participation à un réseau terroriste. Elle s'occupait principalement de recrutement de jeunes combattants bruxellois pour une mouvance liée à l'organisation terroriste Al-Qaïda, en Afghanistan et au Pakistan.

Un an après sa libération, le 14 décembre 2016, elle est déchue de sa nationalité belge.

D'une fratrie de cinq enfants, fille d'un ouvrier de voirie, elle accompagne ses parents qui immigrent en Belgique en 1964. Scolarisée en Belgique, elle ne maîtrise pas la langue arabe, elle déclare à ce sujet en juillet 2008 « J’attends de retourner en Afghanistan pour enfin me remettre à étudier l’arabe car ici je suis empêchée de suivre des cours ».

Jeune adulte, elle fréquente, après plusieurs échecs affectifs, le prédicateur islamiste franco-syrien Bassam Ayachi, installé à Bruxelles, qui organise en 1999 son mariage avec Abdessatar Dahmane, un étudiant tunisien issu de la bourgeoisie, ayant dérivé vers l'islamisme radical à la suite, également, de déconvenues affectives.

Malika El Aroud accompagne ensuite son mari (dont le nom de guerre est Abou Obeyda (père d'Obeyda), d'où celui qu'elle se choisit après sa mort, Oum Obeyda, mère d'Obeyda) qui rejoint les talibans en Afghanistan et effectue divers va-et-vient avec l'Europe. Le 9 septembre 2001, se faisant passer pour un journaliste belge d'origine marocaine, il se fait sauter avec un complice pour assassiner un des dirigeants de l'Alliance du Nord anti-talibans, le Commandant Ahmad Shah Massoud. Elle est ensuite rapatriée par l'ambassade de Belgique. En 2003, la justice belge, faute de preuves suffisantes, la met hors de cause pour cet acte de terrorisme dont elle continue toutefois à revendiquer la légitimité, ce qui lui vaut un simple avertissement de la part du tribunal.

Elle se consacre à la propagande djihadiste sur internet sous le nom d'Oum Obeyda, sans pour autant cacher son identité, et s'installe en Suisse avec son nouveau mari tunisien, Moez Garsallaoui, de neuf ans son cadet et administrateur du site islamiste Minbar. Cela lui vaut le 22 février 2005 d'être arrêtée à Guin, dans le canton de Fribourg, au cours d'une rafle visant un groupe d'islamistes tunisiens. Elle passe dix jours en détention préventive, lui vingt-trois. Expulsée du territoire helvétique, elle revient s'installer dans la région bruxelloise. En juin 2007, elle est autorisée à revenir en Suisse avec un sauf-conduit pour son procès au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

Le Tribunal pénal fédéral suisse la condamne le 21 juin 2007 à six mois de prison avec un sursis de trois ans pour soutien à une organisation criminelle et complicité de diffusion d'images d'exécutions et de mutilations d'êtres humains, son mari est condamné à deux ans de privation de liberté, dont six mois ferme, pour soutien à une organisation criminelle, exploitation de plusieurs sites internet en vue de favoriser la propagande de la violence interraciale, incitation à la haine et à la violence et diffusion d'images et de séquences filmées d'exécutions et de mutilations d'êtres humains.

Oum Obeyda de retour en Belgique

En décembre 2007, elle est arrêtée, puis relâchée faute de preuve, avec d'autres militants de la mouvance djihadiste belgo-tunisienne notamment suspectés de préparer l'évasion de Nizar Trabelsi, un ancien footballeur tunisien condamné en Belgique pour terrorisme.

Dans une interview à l'International Herald Tribune publiée le 27 mai 2008, elle déclare « Ce n'est pas mon rôle de déclencher des bombes, c'est ridicule. J'ai une arme, c'est d'écrire. C'est mon jihad. Vous pouvez faire beaucoup de choses avec des mots. Écrire est aussi une bombe ». Le 5 juillet 2008, dans une autre interview à un journal arabophone marocain, elle déclare notamment « je me suis rangée du côté des Talibans et de Al-Qaïda en le clamant haut et fort ».

Le jeudi 11 décembre 2008, à la veille d'un sommet des chefs d'État européens, Malika El Aroud (49 ans) est une nouvelle fois placée sous mandat d'arrêt avec cinq autres personnes, Abdulaziz Ibnu Abdullah Bastin (25 ans), l'un des fils de Jean-François Abdullah Bastin, un Belge converti qui avait écrit la préface du livre de Malika El Aroud (et dont un autre fils, Muhammed el Amin Bastin, avait passé quelques mois en détention préventive en Turquie, suspecté d'être lié aux auteurs des attentats d'Istanbul en novembre, Youssef Harrizi, Ali El Ghanouti (23 ans) et Hicham Beyayo (25 ans), ce dernier étant notamment suspecté de préparer un attentat-suicide. Les trois derniers, des caïds du quartier de la place Lemmens à Anderlecht, auraient été des exécutants, alors qu'El Aroud, et Bastin seraient les têtes pensantes, Moez Garsalloui, époux d'El Aroud, assurant les techniques depuis le Pakistan.

Le 10 mai 2010, elle est condamnée par le tribunal correctionnel de Bruxelles à huit années de prison et 5 000 euros d'amende pour son implication dans la création, la direction et financement d'un groupe à visées terroristes, non sans que le président du tribunal, Pierre Hendrickx, émette des « doutes sur l’équilibre de la prévenue », « enfermée dans une logique maladive ».

Début 2021, le Maroc refuse de collaborer à son rapatriement.

Marie-Rose Armesto, Son mari a tué Massoud, éditions Balland, 2002 (ISBN 978-2-71581-418-9)

Malika El Aroud, Les Soldats de lumière, éditions La Lanterne, 2004 (ISBN 978-2-95220-949-6)

Profil (archivé) de Oum Obeyda sur le forum Minbar-sos.com, avec liste de tous ses messages du 6 février 2006 au 13 juillet 2008 (profil de son mari Moezeddin)

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