Le Malawi, en forme longue la république du Malawi (en anglais Republic of Malawi, en chewa Malaŵi ; anciennement appelé Nyassaland jusqu'en 1964), est un État situé en Afrique australe, entre le Mozambique, la Zambie et la Tanzanie. Sans débouché sur la mer, il est baigné par le lac Malawi, ou Nyassa, troisième lac d’Afrique par sa superficie, qui couvre environ le cinquième de la superficie du pays et dans lequel affluent huit rivières principales et des centaines de petits cours d’eau.
En 1891, le territoire est colonisé par le Royaume-Uni comme le protectorat britannique d'Afrique centrale avant d'être renommé le Nyassaland en 1907. En 1953, le Nyassaland est intégré à la fédération de Rhodésie et du Nyassaland jusqu'à la dissolution de cette dernière en 1963. L'année suivante, le pays est renommé le Malawi et obtient son indépendance, en tant que royaume du Commonwealth, sous le mandat du premier ministre Hastings Kamuzu Banda. En 1966, ce dernier devient président en transformant le pays en république présidentielle. À partir du début des années 1970, Banda dirige le pays en tant que président à vie d'une dictature répressive à parti unique. En 1993, le multipartisme est instauré et Banda est battu aux élections générales de 1994. Depuis, le pays continue à éprouver des transitions pacifiques du pouvoir.
Des ethnies bantoues représentent la quasi-totalité de la population. Les langues officielles sont l'anglais et le chichewa.
L’origine du nom « Malawi » est attribuée, sans certitude, à celui du lac en langue bantoue ; ce nom évoquerait le scintillement du Soleil lorsqu’il se lève sur le lac, représenté sur le drapeau du pays, ou encore serait dérivé du nom d’une population du sud du pays.
Le territoire du Malawi, d'une superficie de 118 484 km2, s'étire le long du lac Malawi et est bordé au nord-est par la frontière avec la Tanzanie, au sud-est et au sud-ouest par la frontière avec le Mozambique et au nord-ouest par la frontière avec la Zambie. Le paysage malawite est directement influencé par les dépressions topographiques de la Vallée du Grand Rift. Il combine vastes plateaux, plaines alluviales et plaines côtières. Les plateaux s’étendent jusqu’à des altitudes atteignant 1829 m et sont majoritairement couverts par des formations de brachystegia à couvert herbacé bas et clairsemé. Les hauts-plateaux (couvrant les trois quarts du pays) sont au nord le plateau de Nyika (2 605 m), les hauts plateaux de la Shire, les monts Dedza (en) et les monts Viphya (en).
Les îles Likoma et Chizumulu appartiennent au Malawi, bien qu’elles se trouvent dans les eaux territoriales du Mozambique, où elles forment une exclave.
Le climat du Malawi est quasiment tropical. Une saison des pluies se déroule de novembre à avril, et il fait chaud et humide le long du lac et en aval de la Shire (avec des maximales diurnes de 27 à 29 °C). Le reste du pays est plus doux durant ces mois avec une moyenne maximale diurne d'environ 25 °C. De juin à août, les régions du lac et du sud ont des maximales diurnes moyennant 23 °C, mais ailleurs il peut faire frais la nuit (10 à 14 °C), tel que dans les régions en altitude de Mulanje et Nyika (6 à 8 °C). Le Malawi subit une intensification des phénomènes climatiques extrêmes marqués par sécheresse et pluies diluviennes.
Le pays est partout recouvert de savane boisée de type forêts claires à miombo (écorégion du miombo zambézien central), d'acacias et de baobabs. Les hauts plateaux abritent des paysages de dambos, caractérisés par des graminées, des joncs et du carex. Les plus hautes altitudes (monts Mulanje, Ntchisi) offrent un paysage d'afromontane typique.
Population des principales villes au recensement du 3 septembre 2020 :
De la préhistoire au royaume maravi
L’occupation par des hominidés remonte à deux millions et demi d’années. Les bords du lac sont habités par des populations préhistoriques entre 50 000 et 60 000 av. J.-C. Des ossements datant d’environ 8 000 ans av. J.-C. permettent de déduire que les caractéristiques physiques de la population locale étaient similaires aux ethnies qui habitent aujourd’hui la corne de l’Afrique. Un autre site daté de 1500 av. J.-C. abrite des restes présentant des similitudes avec les San. Ces populations utilisent des microlithes du Later Stone Age et cohabitent, à partir du IIe siècle, avec des groupes développant la métallurgie liés à la culture archéologique Nkope.
La région de ce qui est de nos jours le Malawi abrite donc une population de chasseurs-cueilleurs lorsqu'arrivent des vagues de peuples bantous, venus du nord, à compter du début de l'ère chrétienne. Bien que la plupart des peuples bantous aient continué vers le sud, certains restent de façon permanente et fondent des groupes ethniques unifiés autour de la notion d'ancêtres communs. Au XIIIe siècle, un autre type de poteries apparait en provenance des régions septentrionales.
Entre 1400 et 1409, durant une période de sécheresse, des groupes Maravis migrent à l'intérieur du territoire et s'y installent. Originaires des territoires Lubas, dans l'Est du Congo, la tradition orale mentionne l'instauration d'un nouveau royaume vers 1500, le royaume maravi. À son apogée, aux xvie et xviie siècles, il s'étend depuis Nkhotakota au nord, jusqu'au Zambèze et du lac Malawi à la rivière Luangwa, dans l'actuelle Zambie. Plusieurs groupes issus du royaume maravi étendent les territoires, formant plusieurs royaumes sujets au sein d'une confédération. Au nord du territoire maravi, un royaume Ngonde s'établit au nord du Dwangwa. D'autres petits groupes s'implantent dans le Tumbukaland. Ces sociétés sont régies par une autorité religieuse liée à un culte du serpent.
C'est dans ce contexte que les premiers échanges ont lieu avec les Portugais. Après 1600, les chefs de clans commencent à commercer et à faire des alliances avec les commerçants et les membres de l'armée portugaise. En 1700, le royaume est divisé en zones contrôlées chacune par un groupe ethnique.
Au XIXe siècle, le territoire du Malawi connait d’importantes incursions de peuples venus de l’extérieur. Les Yao, originaires du nord du Mozambique, migrent vers le sud du Malawi à la suite de pressions militaires et de famines. Déjà engagés dans le commerce de longue distance depuis le XVIIIe siècle, ils s’imposent dans le Shire à partir de 1863, où ils participent activement au commerce des esclaves et de l’ivoire, tout en s’alliant avec les marchands swahilis afin d'alimenter le port négrier de Kilwa. Une partie des Yao adopte l’islam, et leurs relations avec les missionnaires chrétiens oscillent entre coopération et affrontements. Le commissaire britannique Harry Johnston met fin à leur pouvoir esclavagiste en 1896.
Les Ngoni arrivent plus tôt, dans les années 1820-1830, après avoir fui les guerres menées par le roi zoulou Chaka. Organisés en puissantes formations militaires, ils s’installent dans différentes régions du Malawi, où ils soumettent les populations locales telles que les Chewas, les Tongas et les Tumbuka. Avec le temps, des processus d’assimilation se mettent en place, notamment par le mariage et l’adoption de langues locales, mais les Ngoni restent une force redoutée jusqu’à l’imposition du protectorat britannique en 1891.
Les commerçants swahilis venus de la côte orientale complètent ces incursions. Installés notamment à Nkhotakota et Karonga, ils établissent d’importants centres de traite des esclaves et de l’ivoire, en alliance avec certains groupes locaux. Ils forment une dynastie régnante, les Jumbes, dont l'influence suscite l’hostilité des missions européennes et, plus frontalement, des autorités britanniques, qui mettent fin à leur domination dans les années 1890.
David Livingstone (1813-1873), explorateur et missionnaire, remonte la rivière Shire puis parvient au lac en 1859. Dans son sillage, l’Église presbytérienne écossaise établit autour du lac plusieurs missions, afin d'appuyer la « mission civilisatrice » de la colonisation et d'endiguer la traite négrière, mais ce commerce continue jusqu’à la fin du XIXe siècle.