Ce Jour-là

Malala Yousafzai

Militante pakistanaise pour l'éducation des filles

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Malala Yousafzai ou Malala Yousufzai (en ourdou : ملالہ یوسف زئی), née le 12 juillet 1997 à Mingora, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, est une militante pakistanaise des droits des femmes et colauréate du prix Nobel de la paix en 2014. Elle s'oppose au Tehrik-e-Taliban Pakistan et au Tehrik-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi qui tentent d'interdire la scolarisation des filles.

Dans les années 2010, elle vit à Mingora, principale ville du district de Swat, dans le Nord-Ouest du Pakistan, une zone proche de l'influence des talibans. Symbole de la lutte pour l'éducation des filles et contre les talibans pakistanais, elle reçoit plusieurs distinctions nationales et internationales à la suite de ses prises de position alors que sa région est l'objet d'une lutte entre les talibans pakistanais et l'armée. Durant son enfance, Malala écrit un blog pour la BBC, racontant son point de vue sur l'éducation et sa vie sous la domination des talibans pakistanais.

Le 9 octobre 2012, âgée de 14 ans, elle est victime d'une tentative d'assassinat en rentrant chez elle, la blessant grièvement (tir d'une balle dans la tête pendant qu'elle prenait le bus), un attentat revendiqué par le Tehrik-e-Taliban Pakistan. Elle est transférée à l'hôpital de Birmingham au Royaume-Uni le 15 octobre pour la suite de ses soins. Cette attaque conduit à la médiatisation internationale de Malala Yousafzai.

En 2014, âgée de dix-sept ans, elle obtient le prix Nobel de la paix avec l'Indien Kailash Satyarthi, ce qui fait d'elle la plus jeune lauréate de l'histoire de ce prix.

Malala Yousafzai est en grande partie éduquée par son père, Ziauddin Yousafzai. Elle a deux frères plus jeunes qu'elle, Khushal et Atal. Leur père est un poète et militant pour l'éducation, propriétaire d'une école de filles dans la vallée de la Swat, et proche du parti national Awami, de gauche.

Malala Yousafzai se fait connaître du grand public début 2009, à 11 ans, par son témoignage intitulé Journal d'une écolière pakistanaise, sur un blog en ourdou de la BBC. C'est son père, Ziauddin Yousafzai qui la pousse à témoigner. Sous le pseudonyme de Gul Makai, elle dénonce les violences du Tehrik-e-Taliban Pakistan qui, après avoir pris le contrôle de la vallée de Swat en 2007, incendie les écoles pour filles et assassine ses opposants. Elle apparaît alors en larmes dans une vidéo et dit vouloir devenir médecin. Lors de l'occupation talibane, sa famille quitte la région et se sépare.

Après la reprise de la vallée par l'armée pakistanaise, lors de la seconde bataille de Swat en mai 2009, elle retourne avec sa famille à Mingora. Elle est reconnue comme une héroïne et son nom est attribué à son école. Son père est également connu pour son opposition aux talibans pakistanais et a soutenu une intervention de l'armée dans sa région. Le 10 décembre 2012, il est nommé conseiller spécial de l'ONU pour l'éducation. À travers son combat, elle a créé la fondation Malala. Dès 2013, cette fondation commence à recevoir des dons destinés à la reconstruction d’écoles ou à l’amélioration des conditions de vie dans celles-ci.

À partir de 2013, elle rencontre notamment la reine Élisabeth II et Barack Obama et intervient dans plusieurs régions du monde. Ainsi, elle fait connaitre son histoire et son opinion dans le monde entier. Le 12 juillet 2013, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, Malala Yousafzai parle de l'accès à l'éducation pour les filles. Elle y déclare notamment que « Les extrémistes ont peur des livres et des stylos. Le pouvoir de l'éducation les effraie ». Ce plaidoyer est salué par une ovation debout de l'assemblée.

Le 9 octobre 2012, elle est victime d'une tentative d'assassinat par des membres du Tehrik-e-Taliban Pakistan dans un bus scolaire à la sortie de son école. Le tireur tire trois fois : le premier tir atteint Malala au visage ; les deux autres tirs atteignent d'autres écolières. Très grièvement blessée au cou et à la tête, Malala est transférée à l'hôpital de Saidu Sharif, puis à l'hôpital militaire de Peshawar par hélicoptère de l'armée. Alors que son transfert à l'étranger pour subir des opérations est évoqué, l'hôpital militaire annonce le 10 octobre vers 17 heures que la balle qui a traversé son crâne et son cou a été retirée avec succès après cinq heures d'opération. Selon un médecin de l'hôpital, la balle a percé le crâne mais n'a pas touché le cerveau. Malala restait alors inconsciente et, vu son état préoccupant, l'armée précise qu'un avion se tient prêt à la transférer vers Dubaï. Le 11 octobre, elle est transférée dans l'hôpital militaire de Rawalpindi, mieux équipé.

Le 15 octobre, elle est finalement transférée vers l’hôpital de Birmingham au Royaume-Uni à bord d'un avion médicalisé fourni par les Émirats arabes unis, accompagnée d'une délégation de militaires pakistanais. Les médecins britanniques et internationaux parlent d'un long chemin vers la guérison et mettent en avant leur importante expérience concernant les blessés de guerre, puisque l’hôpital soigne les soldats britanniques grièvement blessés en Afghanistan.

Le 3 janvier 2013, Malala Yousafzai quitte l'hôpital Queen Elizabeth de Birmingham afin de poursuivre sa rééducation à domicile, avant un éventuel retour pour une opération de reconstruction du crâne.

Le chef de l'armée pakistanaise Ashfaq Kayani ainsi que l'un des meneurs de l'opposition Imran Khan se rendent à son chevet, de même que le Premier ministre Raja Pervez Ashraf.

L'agression est condamnée par le président Asif Ali Zardari, le gouvernement, le Parti du peuple pakistanais, parti au pouvoir et le principal meneur de l'opposition Nawaz Sharif ainsi que par Imran Khan, qui s'oppose par ailleurs à la lutte armée contre les talibans. Un avis juridique (fatwa) provenant de 50 savants musulmans (ouléma) du Sunni Ittehad Council condamne également l'attaque.

L'attaque est revendiquée par le Tehrik-e-Taliban Pakistan qui menace de nouvelles attaques au cas où Malala Yousafzai survivrait. Des théories du complot se répandent néanmoins dans la société et sur Internet, mettant en cause une manipulation de la CIA.

Son agresseur s'enfuit après l'attaque et des recherches sont lancées peu après. Le ministre de l'Information de la province de Khyber Pakhtunkhwa, Mian Iftikhar Hussain, annonce une récompense de 10 millions de roupies pakistanaises (soit environ 80 000 euros) pour toute personne aidant à sa capture. Au 13 octobre, quatre suspects ont été arrêtés à Mingora.

L’organisateur de l’attaque et coparticipant est identifié par la police comme un homme d'environ 30 ans, du nom d'Attaulah. Il a déjà été arrêté lors de la seconde bataille de Swat par l'armée et a été détenu en prison pendant trois mois, avant d'être libéré. Il se serait enfui en Afghanistan, selon les autorités. Ces dernières identifient Maulana Fazlullah, chef du TNSM, comme en étant le commanditaire.

En 2009, elle est nommée au prix international des enfants pour la paix de la fondation KidsRights.

Le 19 décembre 2011, elle reçoit le premier prix national de la jeunesse pour la paix du gouvernement pakistanais, des mains du Premier ministre Youssouf Raza Gilani. Elle évoque alors la création d'un parti politique. Cette distinction est par la suite renommée « prix Malala ».

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