Ce Jour-là

Malak Karsh

Photographe canadien

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Malak Karsh, né le 1er mars 1915 à Mardin (alors dans Empire ottoman, aujourd’hui en Turquie) et mort le 8 novembre 2001 à Ottawa (Ontario), est un photographe canadien d'origine arménienne. Il est surtout connu pour ses photographies de paysages canadiens, en particulier de la région d’Ottawa, ville où il s’était installé et pour la promotion de laquelle il avait conçu le Festival canadien des tulipes.

Né le 1er mars 1915 au sein de l'importante communauté arménienne chrétienne de Mardin en Anatolie du sud (aujourd’hui en Turquie), le jeune Malak était le deuxième fils d’Amsih Karsh (1872–1962) et de Bahia Nakash (1883–1958). Son père était un marchand de biens artisanaux, d’épices, de soie et autres textiles qu’il acquérait dans les marchés du golfe Persique; sa mère avait été éduquée dans une mission protestante et était graveure. Pour échapper au génocide arménien, la famille immigra d’abord à Alep en Syrie, et fit en sorte que l’ainé, Yousuf, immigre au Canada en 1924 où résidait déjà un oncle maternel, Georges Nakash, photographe portraitiste renommé à Sherbrooke (Québec), chez qui il demeura avant d’aller parfaire son éducation chez un ami de cet oncle, John H. Garo qui habitait Boston. En octobre 1937, Malak vint rejoindre son oncle. Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale que leur parents quitteront Alep pour rejoindre leurs fils au Canada .

À l’origine, le jeune Malak se destinait à aider son frère qui, une fois son apprentissage chez John Garo terminé, avait quitté Boston en 1931 pour établir son propre studio à Ottawa. Pendant trois ans, Malak lui servira d’assistant. Mais au cours d’une promenade dans les collines de la Gatineau, il fut si impressionné par la beauté et les couleurs des arbres en automne qu’il décida de devenir lui-même photographe, non pour photographier les célébrités à travers le monde comme son frère, mais pour photographier la nature de son pays d’adoption. Il décida en 1941 de s’établir à son compte et ouvrit son propre studio sur la rue Spark à Ottawa. Pour le distinguer de son frère qui utilisait généralement le seul nom de « Karsh », Malak utilisa son propre prénom et fut bientôt connu sous le nom de « Malak of Ottawa ». Il devait se spécialiser dans la photo de paysage et les scènes de nature.

Peu après l’ouverture de son studio, Malak engagea une assistante du nom de Barbara Holmes dont il tomba rapidement amoureux. Le couple se maria le 26 décembre 1942 et eut quatre enfants.

Les débuts furent difficiles, Malak ayant été atteint dans le milieu de la décennie 1940 par une tuberculose qui faillit le ruiner. Mais avec courage et détermination, il se remit et commença avec patience et endurance à voyager à travers le Canada, désireux de faire découvrir aux Canadiens la beauté de leur pays et en particulier de leur capitale nationale. Il ne prit jamais sa retraite et ses dernières photos, datant de 2001 montraient typiquement les édifices du Parlement avec en avant-scène des érables aux feuilles rougies par l’automne.

Malak devait s’éteindre à l’âge de 86 ans à Ottawa. Au moment de sa mort, le Musée des beaux-arts du Canada (alors la Galerie nationale) planifiait une rétrospective de ses œuvres. Celle-ci se tint tel que prévu au cours de l’hiver au Musée de la photographie contemporaine du Canada.

Au cours d’une carrière qui couvrit quelque soixante ans, Malak produisit plus d’un million de photographies qui forment probablement le plus important corpus de paysages canadiens, en particulier de la région d'Ottawa. Elles illustrent à la fois la grandeur des montagnes Rocheuses, les vagues déferlant sur les côtes de Peggys Cove en Nouvelle-Écosse, le style néo-gothique des édifices du Parlement sur la rivière des Outaouais, l’immensité des Prairies canadiennes et la majesté du Grand Nord.

En 2015, Bibliothèque et Archives Canada fit l’acquisition de quelque 200 000 photographies de Malak pour en numériser environ 40 000 qui seront mises à la disposition du public canadien.

De 1942 à 1945 la famille royale néerlandaise se réfugia au Canada pendant l’occupation nazie. Pendant ce séjour à Ottawa, la reine Juliana donna naissance à la princesse Margriet à l’hôpital Civic d’Ottawa; pour permettre à la princesse de n’avoir que la nationalité néerlandaise et lui permettre selon la constitution des Pays-Bas de pouvoir accéder au trône, le gouvernement canadien déclara l’hôpital « extra-territorial » pendant 24 heures. En reconnaissance, la famille royale néerlandaise envoya 100 000 bulbes de tulipes à Ottawa, don qui se renouvela d’année en année. En 1952, croyant que ce don, un des attraits de la capitale fédérale, pouvait attirer des touristes de partout au Canada il s’unit à la Chambre de commerce d’Ottawa pour créer le premier Festival canadien des tulipes qui se tint en 1953; Malak en demeurera le président d’honneur jusqu’à la fin de sa vie. En 1956, une photographie qu’il fit de la Tour de la Paix derrière une tulipe devint virale. En son honneur, un parterre de tulipes, la fleur qu’il avait tant photographiée, fut érigé par la Commission de la capitale nationale de l’autre côté de la rivière des Outaouais d’où l’on peut voir les édifices du parlement.

En 1954, la Banque du Canada décida d’émettre des billets de banque montrant au recto le portrait de la reine Elizabeth II montée sur le trône deux années plus tôt. Le portrait choisi fut celui pris par Yousuf Karsh. Au verso la banque désirait voir figurer des paysages canadiens présentant aussi peu que possible de traces d’activité humaine. Pour le billet de 1 $, on choisit une scène des prairies canadiennes. Celle-ci sera remplacée en 1974 par une photographie prise par Malak en 1963 montrant le flottage d’un train de billots sur la rivière des Outaouais avec comme toile de fond le Parlement fédéral. L’œuvre des deux frères se trouvait ainsi réunie sur un même billet qui demeurera en circulation jusqu’à son remplacement par une pièce de métal en 1987.

Par ailleurs, Poste-Canada utilisera ses photographies comme motif de base pour au moins onze timbres.

1968 : Master of the Photographic Arts, Association des Photographes professionnels du Canada

2000 : Récipiendaire des Clés de la Ville d’Ottawa

2003 : Création par la ville d’Ottawa du prix Karsh, destiné à un artiste en mi-carrière ou résidant à Ottawa pour son travail photographique

Albums photographiques de Malak Karsh

(en) Stanley Cameron (texte) et Malak Karsh (photos), Stones of History: Canada’s Houses of Parliament [« Témoin d’un siècle: le Palais du Parlement canadien »], Ottawa, Roger Duhamel, Queen’s Printer, 1967 (ASIN B000HVX7AM)

Malak Karsh et Victor Rabinovitch (préface), The Canadian Museum of Civilization/Le Musée canadien de la civilisation, Musée canadien de la civilisation, 2002, 104 p. (ISBN 978-0660507613)

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