Ce Jour-là

Mahmoud Ahmadinejad

Homme d'État iranien

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Mahmoud Ahmadinejad (en persan : محمود احمدی‌نژاد / Maḥmud(-e) Aḥmadi-Nežâd [mæhˈmuːd(e) æhmædiːneˈʒɒːd] ), né le 28 octobre 1956 à Aradan (en) près de Garmsar, est un homme d'État iranien, sixième président de la république islamique d'Iran de 2005 à 2013.

Nationaliste et partisan des conservateurs, il est membre du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime et un fervent défenseur du programme nucléaire iranien. Il est également le principal dirigeant politique de l'Alliance des bâtisseurs de l'Iran islamique, une coalition de groupes politiques conservateurs du pays, et est maire de Téhéran de 2003 à 2005, annulant nombre des réformes de son prédécesseur.

La légitimité de sa réélection à un second mandat présidentiel en juin 2009 est fortement contestée par l'opposition menant à la création du Iranian Green Movement (en). Sa présidence est marquée par la poursuite du programme nucléaire national. Après sa présidence, il tente à plusieurs reprises de se présenter à plusieurs élections présidentielles mais est écarté par le guide suprême Ali Khamenei après un conflit ouvert avec celui-ci. Ses idées de nationaliser l'islamisme chiite, son opposition à la ségrégation sexuelle dans les stades ainsi que son entourage est baptisé « Courant déviant » par les conservateurs iraniens les plus durs. À l'international, ses attaques contre Israël, son négationnisme et ses liens avec des figures de l'extrême droite occidentale provoquent à plusieurs reprises des scandales internationaux.

Il est membre de la Société islamique des ingénieurs, mais possède une base plus puissante dans l'Alliance des bâtisseurs de l'Iran islamique (Abadgaran), et est considéré comme un des personnages les plus importants de l'alliance des conservateurs.

Après sa présidence, Ahmadinejad multiplie les déclarations montrant un éloignement vis-à-vis du pouvoir, contestant notamment la politique d'Hassan Rohani puis d'Ebrahim Raïssi. Il exprime par exemple ouvertement son soutien à l'Ukraine face à la Russie, allant à l'encontre de la ligne pro-russe adoptée par le régime. En 2025, il déclare également que le Mossad a retourné des individus, pourtant chargés de lutter contre l'infiltration du renseignement israélien.

Le 28 février 2026, sa résidence est touchée lors de frappes aériennes américano-israéliennes contre l’Iran ; sa mort est annoncée puis démentie.

Issu d'une famille modeste, Mahmoud Ahmadinejad est le quatrième enfant d'une fratrie de sept. Son père était forgeron lorsque la famille déménage à Téhéran, après avoir exercé les métiers d'épicier et de coiffeur. Le déménagement de la famille à Téhéran coïncide avec le changement de leur nom de famille, probablement afin d'éviter de porter leur nom d'origine à consonance arménienne : Sabordjian selon Hussein D. Hassan, Sabbaghian ou Sabarian selon Vincent Hugeux. Un sabor est un peintre sur fil, occupation commune autrefois au sein de l'industrie textile du tapis, notamment dans la région de Semnan. Le déménagement de la famille, désormais connue sous le nom d'Ahmadinejad, coïncide avec une période d'exode rural important en Iran. Selon Meir Javedanfar (en), lorsque le port du nom de famille est devenu obligatoire en Iran, de nombreux ruraux ont choisi des noms évoquant leur profession ou celle de leurs ancêtres. Souvent, ils changeaient de nom en s'installant à Téhéran pour éviter le snobisme et la discrimination des habitants de la capitale. La famille Ahmadinejad s'installe, comme des millions de personnes, dans un des quartiers pauvres de Téhéran. Abbas Milani, professeur d'histoire iranienne à l'université Stanford, rapporte que les parents du jeune Ahmadinejad participaient régulièrement aux événements organisés par les organisations religieuses de quartier, et leur fils mettait un zèle tout particulier à l'apprentissage du Coran et à l'accomplissement des devoirs religieux.

Mahmoud Ahmadinejad est marié et a deux fils et une fille.

À cette époque, le « mahdisme » a connu un renouveau dans les milieux populaires sous l'impulsion des « Hojjatieh ». « Cette secte, écrit Michel Taubmann, fondée en 1953, fut condamnée pour hérésie par le clergé chiite. En rupture avec l'interprétation majoritaire, les Hojjatieh considèrent en effet que les croyants, loin d'apprendre passivement, doivent au contraire hâter le retour du Al-Mahdi (le dernier Calife ou Imam) en précipitant le monde dans l'apocalypse. ». Michel Taubmann ajoute que l'on retrouve des membres des Hojjatieh dans l'entourage d'Ahmadinejad après son accession à la présidence et que lui-même reprend leurs thèses.

Ahmadinejad raconte que c'est à sept ans, en 1963, qu'il tombe sous le charme de l'ayatollah Khomeini. « L'ayatollah Rouhollah Khomeini, un dignitaire religieux parmi d'autres dans la ville sainte de Qom, est sorti de l'anonymat en s'opposant à la loi électorale votée par le Parlement à l'instigation du Shah et qui accorde le droit de vote aux femmes ».

Il suit sa scolarité primaire et secondaire à Téhéran, et il est admis à l'université de science et de technologie (en) (Elm-o Sanaat) en 1976. Des incertitudes subsistent sur son entrée à l'université, détaillées plus loin. « En arrivant à Elm-o Sanat, il a été révulsé par le spectacle de jeunes femmes habillées à l'occidentale, symbolisant selon l'expression qu'il utilise sur son blog “la débauche, la promiscuité, la perversité et la liberté des mœurs” ». « L'étudiant Ahmadinejad, poursuit Michel Taubmann, ne se reconnaît ni dans les groupes gauchistes ni dans les Modjahedines du Peuple. La lutte des classes, même à la sauce islamiste, n'est pas sa tasse de thé. Lui, milite en faveur d'une conception stricte de la "foi islamique" la seule qui à ses yeux puisse créer un élan révolutionnaire ».

Premiers engagements politiques pendant la révolution iranienne

En 1978, « Ahmadinejad participe à la fondation d'une association islamique des étudiants d'Elm-o Sanat. Peu après, celle-ci se coalise avec d'autres associations comme celles des Universités Téhéran, Polytechnique ou Aryamehr, rebaptisée Sharif après la révolution. Ensemble, elles fondent l'Organisation des associations islamiques (…) qui sera connue sous le nom d'OSU. Ahmadinejad fait partie du Conseil central de cinq membres qui dirigent l'OSU ». Hassan Daioleslam se souvient : « Dans les universités, les partisans de Khomeini, dont Ahmadinejad faisait partie, compensaient leur impopularité croissante par le recours à la violence. Ils faisaient la chasse aux femmes qui ne portaient pas de tchador, ils leur interdisaient l'accès aux cours ». Ahmadinejad représente alors le pouvoir clérical dans l'université, avec Mojtaba Samareh Hachémi (en), lequel accompagnera Ahmadinejad durant toute sa carrière, en tant que conseiller ou chargé de missions spéciales.

Au début de l'année 1979, « les partisans de Khomeyni s'organisent pour traquer les opposants et vont créer leur propre organisation politico-militaire : le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI). (…) Ils sont aussi une police idéologique au service de l'ayatollah Khomeini. Ils s'organisent dans les usines et partout dans les universités. Les "Pasdarans" étaient nés. (…) Selon Mohsen Sazegara (un des fondateurs du Corps des Gardiens de la révolution islamique), le futur président iranien était membre des Pasdarans en 1980 mais ne jouait alors aucun rôle notable ».

Après 1979, il s'engage résolument dans l'aile la plus conservatrice du Bureau pour le renforcement de l'unité, une organisation fondée par l'ayatollah Mohammad Beheshti pour assurer la liaison entre les universités et les séminaires théologiques. Son rôle actif dans ces organisations étudiantes lui vaudra de participer à la planification de la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran : Alireza Haghighi et Victoria Tahmasebi rapportent en effet que lors de la préparation de l'opération, deux délégués de chaque université se sont rencontrés pour planifier l'opération, et Mahmoud Ahmadinejad était un des deux délégués de l'université de science et de technologie. Selon Abbas Milani, il aurait cherché à obtenir une fatwa de l'ayatollah Khomeini pour justifier l'opération, mais les organisateurs voulant laisser Khomeini en dehors de l'affaire pour ne pas le compromettre, Ahmadinejad fut écarté de l'opération. Quelques semaines plus tard, quand il devint clair que Khomeini se servait de cette prise d'otages pour consolider son pouvoir, Ahmadinejad essaiera d'intégrer de nouveau le comité des étudiants à l'ambassade, mais il ne sera pas le bienvenu. Une controverse s'est élevée après son élection sur son rôle dans l'affaire des otages, certains des otages l'accusant d'avoir été l'un des gardiens. D'autres personnes participant à la prise d'otage nient la participation d'Ahmadinejad.

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