Ce Jour-là

Madame Simone

Pseudonyme de Pauline Benda, actrice et autrice française

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Madame Simone, ou simplement Simone, dite Simone Le Bargy au théâtre, née Pauline Benda, est une comédienne et femme de lettres française, née le 3 avril 1877 à Paris 8e et morte le 17 octobre 1985 à Montgeron.

Figure du théâtre de boulevard dans la première moitié du XXe siècle, notamment associée aux pièces d'Henri Bernstein, elle succède à Sarah Bernhardt dans le rôle de L'Aiglon d'Edmond Rostand, puis crée en 1910 le rôle de la Faisane dans Chantecler du même auteur. À partir de 1930, elle développe également une œuvre de romancière, dramaturge et mémorialiste, couronnée en 1960 par le grand prix de littérature de l'Académie française. Membre du jury du prix Femina de 1935 jusqu'à sa mort, elle exerce également une importante activité de transmission de l'art dramatique à la radio et compte Jean-Laurent Cochet parmi ses élèves.

Origines, jeunesse et formation

Née en 1877 dans une famille de la bourgeoisie juive, alliée par sa grand-mère paternelle, née Emden, à la famille Reinach mais minée par la mésalliance de son père avec une danseuse, Pauline Benda est la petite-fille de Sigmund Benda et la cousine germaine de l’écrivain Julien Benda.

En 1898, elle épouse à l'église Saint-Philippe-du-Roule le comédien Charles Le Bargy (1858-1936), son professeur de diction au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, de presque vingt ans son aîné.

Elle fait ses débuts au théâtre en 1902 sous le nom de Simone Le Bargy dans une pièce d'Henri Bernstein, dont elle créera plusieurs autres œuvres. Après avoir succédé à Sarah Bernhardt dans le rôle-titre de L'Aiglon d'Edmond Rostand, Madame Simone retrouve l'auteur en 1910 lors de la création de Chantecler. Le 7 février 1910, au théâtre de la Porte-Saint-Martin, elle crée le rôle de la Faisane, grand rôle féminin de la pièce, aux côtés de Lucien Guitry dans le rôle-titre et de Jean Coquelin dans celui de Patou.

La réception de son interprétation est toutefois contrastée. Dans la Revue des Deux Mondes, René Doumic, très sévère envers l'interprétation d'ensemble de Chantecler, estime que le rôle de la Faisane interprété par Simone « disparaît purement et simplement ». Henri de Régnier porte en revanche un jugement plus favorable sur son incarnation scénique : bien que critique envers le réalisme des costumes du spectacle, il distingue Simone et Félix Galipaux des autres interprètes, estimant qu'ils semblent « n'avoir jamais été autre chose que merle et faisane ».

Dans la première moitié du XXe siècle, Madame Simone s'impose comme l'une des figures importantes du théâtre de boulevard, son nom étant notamment associé aux succès des pièces d'Henri Bernstein. L'historienne du théâtre Chantal Meyer-Plantureux souligne que sa réception critique est également marquée par les stéréotypes antisémites alors appliqués à certaines comédiennes, malgré l'admiration dont son jeu fait l'objet.

Activité littéraire et vie intellectuelle

À partir des années 1910, amie de nombreuses célébrités de son temps, elle reçoit au château de Trie-la-Ville de grandes personnalités littéraires comme Charles Péguy ou Jean Cocteau.

Son entrée en littérature est favorablement accueillie par la critique. En 1931, à propos de Le Désordre, Henri de Régnier relève dans Le Figaro l'indépendance du roman et souligne les qualités de l'œuvre ainsi que le pittoresque et le relief de sa langue.

En 1954, à propos de L'Autre Roman, Émile Henriot décrit dans Le Monde un récit autobiographique centré sur le drame familial de l'enfance, dont il souligne la sobriété et la retenue plutôt qu'un règlement de comptes.

Si le théâtre lui apporte d'abord la célébrité, l'écriture occupe progressivement une place essentielle dans son parcours. Pendant près d'un demi-siècle, Madame Simone publie romans, récits et textes autobiographiques et reçoit en 1960 le grand prix de littérature de l'Académie française. Le Monde relève qu'aucune femme n'avait obtenu cette distinction depuis trente ans.

Lors de la séance publique de l'Académie française de décembre 1960, Maurice Genevoix revient sur la réception de son œuvre littéraire : il rappelle que Le Désordre, Jours de colère et Le Bal des Ardents avaient suscité de nombreux éloges critiques et retient notamment le jugement d'Henri de Régnier sur Jours de colère, « qui ne ressemble à aucun autre ». Genevoix dit pour sa part accorder une préférence particulière à ses livres de souvenirs, notamment L'Autre roman et Sous de nouveaux soleils, dont il souligne l'acuité d'observation et la qualité des portraits. Il rappelle enfin qu'en 1910, un demi-siècle avant de recevoir elle-même le grand prix de littérature de l'Académie française, Madame Simone avait fait campagne pour que cette distinction soit attribuée à Charles Péguy.

Membre du jury du prix Femina de 1935 à 1985, elle anime aussi un salon littéraire, où elle lie des amitiés et exerce une influence dans le milieu parisien.

Au fil des décennies, son rôle au sein du jury du prix Femina devient particulièrement important ; en 1977, Claude Sarraute la présente dans Le Monde comme le « principal arbitre du prix Femina ». Son influence au sein du jury du prix Femina est notamment relevée en 1968 lors de l'attribution du prix à L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar : selon la sociologue Delphine Naudier, l'ouvrage est couronné à l'unanimité grâce notamment à la persuasion de Madame Simone.

En 1964, lors de la fondation de l'Académie d'Angoumois, Madame Simone en devient chancelière, tandis que Jacques Chardonne en accepte la présidence d'honneur.

Après son divorce d'avec Charles Le Bargy, elle adopte le pseudonyme de Madame Simone et se remarie en 1909 avec l'écrivain Claude Casimir-Perier (1880-1915), fils de l'ancien président de la République Jean Casimir-Perier.

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