Möngke, également retranscrit en Mongka, aussi appelé Mangu Khagan, également retranscrit en Mangu Khan, né en 1209 et mort en 1259, petit-fils de Gengis Khan, est le khagan (khan suprême) des Mongols à partir de 1251.
Il est le fils aîné de Tolui, lui-même quatrième et dernier fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte. Sa mère est l'épouse principale de Tolui, Sorgaqtani. L'élection de Möngke marque la mise à l'écart de la branche d'Ögedei, troisième fils de Gengis Khan, khagan après la mort de son père en 1227.
À la mort de Güyük (fils d’Ögedeï), en 1248, son épouse Oghul Qaïmich exerce la régence, et voudrait faire attribuer le trône à un prince de la lignée d'Ögedeï. Son choix se porte soit sur son propre fils, Qoutcha, qu'elle avait eu avec Güyük mais qui est trop jeune, soit sur Chirämön, neveu de Güyük.
Batu, petit-fils de Gengis Khan, et doyen de la famille gengiskhanide depuis 1241, est résolu à écarter les Ögödéides. À cet effet, il accepte la proposition de la veuve de son oncle Tolui, Sorgaqtani, d’élever à la dignité de grand khan son fils ainé Möngke.
Pour parvenir à ses fins, Batu convoque en 1250 un qurultay dans son campement de la région d’Alamag, au nord du lac Yssyk Koul. Les représentants des branches d’Ögedeï et de Djaghataï n’y participent pas ou le quittent avant le terme, seules les maisons de Djötchi et de Tolui sont donc représentées. Lorsque les deux branches absentes apprennent la désignation de Möngke, elles s'y opposent en arguant du fait que l'assemblée s'était tenue trop loin des lieux saints genghiskhanides, et qu'elle était trop incomplète.
Batu juge alors nécessaire de convoquer un deuxième qurultay, sur l'Onon ou le Kéroulèn. Ses opposants refusèrent de s'y rendre, mais, passant outre ces oppositions, Batu charge son frère Berké de convoquer une assemblée à Ködä’ä-aral (ou Kötö’ü-aral), sur le Kéroulèn. Malgré l'opposition de la maison d’Ögedeï soutenue par celle d'Yissou-Mangou, khan de l’oulous de Djaghataï, Berké réunit le qurultay et proclame Möngke grand khan, le 1er juillet 1251.
Les Ögödéides écartés du pouvoir, Chirämön, petit-fils d'Ögedeï, se rend au qurultay finissant au prétexte de rendre hommage au nouveau khan, mais veut surprendre ce dernier et le détrôner avec ses troupes. Son intention découverte, ses troupes sont désarmées, et il est arrêté.Möngke punit sévèrement les Ögödéides impliqués, et les conseillers de Chirämön, dont Qadaq et Tchinqaï, sont exécutés. Oghoul Qaïmich, la tante de Chirämön, que Möngke hait (il la décrit à Rubrouck comme une « femme plus vile qu’une chienne »), est dénudée pour être interrogée, cousue dans un sac et noyée entre mai et juillet 1252. Khubilai emmène Chirämön auprès de l'armée chinoise pour le sauver, mais Möngke le noya également plus tard. Qoutcha, fils de Güyük, est relégué à un canton à l'Ouest de Qaraqoroum. Qada’an qui se soumet spontanément et Qaïdou sont épargnés et conservent l’oulous ogodaïde de l’Imil. Yissou-Mangou, chef de l’oulous de Djaghataï, qui s'était opposé à lui est également exécuté et remplacé par Qara-Hulägu, autre Djaghataï, puis par sa veuve, la princesse Orghana (1252). Büri, autre petit-fils de Djaghataï qui avait offensé Batu lors de la campagne d'Europe, est mis à mort par ce dernier.
Durant son règne, Möngke rétablit en partie l’unité de l’empire en écartant les descendants d'Ögödei et de Djaghataï de la succession, accusés d'avoir comploté contre lui. Il les fait massivement exécuter afin de restaurer l'unité de l'Empire. Seul Batu préserve une forme d'indépendance et l'autorité sur les territoires de la Horde d'or en récompense de son soutien et de son rôle décisif dans le processus électoral.
Il engage une série de réformes visant à pacifier les régions soumises et à préparer de nouvelles conquêtes. Il restaure le mécanisme administratif impérial et apporte de nouvelles mesures plus efficaces qui permettent de mobiliser toutes les ressources de l'Empire pour approvisionner les armées. Il améliore les méthode de recensement de ses sujets et met en place un système de taxation plus rationnel. Il place également ses frères Kubilai et Houlagou à la tête des armées mongoles. Le premier a pour mission de pacifier la péninsule de Corée.
En 1253, Möngke tient un qurultay à la source de l’Onon où il donne à ses frères l’ordre d’aller conquérir le monde. Il charge le cadet Hülegü d’annexer au Turkestan le califat de Bagdad ainsi que la Mésopotamie, et à Kubilay de conduire une expédition contre la Chine des Song du Sud.
Sous son règne, il cède en 1266 des parts de la péninsule de Crimée à la république de Gênes, qui y fonde la Gazarie. Le Khanat de Crimée sera installé plus tard sur la péninsule par la Horde d'or et existera aux côtés de la colonie génoise[réf. nécessaire].
La deuxième invasion mongole du Tibet a lieu entre 1251 et 1253, décidée par Möngke, voit d'une part Qoridai (5e fils de Kubilai Khan, qu'il eut avec Qoruchin Khatun), le commandant des troupes mongoles, soumettre à la domination mongole toute la région jusqu'à Damxung (Dangquka), au nord-est de Lhassa, d'autre part une armée commandée par Dupeta (ou Dobeta) pénètre dans le pays jusqu'à Dam, tuant, pillant, incendiant des maisons, détruisant des temples.
Selon Hugues-Jean de Dianous, Möngke Khan n'envoie des troupes au Tibet qu'en 1253, qui est alors intégré à l'Empire.
Dans les écrits tibétains, il est nommé tibétain : བོད་ཀྱི་མོན་མཁར་མགོན་པོ་གདོང, Wylie : Bod kyi-mon-mkhar-mgon-po-gdong, THL : bö kyi mönkhar gönpo dong.
C'est sous le règne de Möngke que débute la conquête du sud-est asiatique :
Le Royaume de Dali (correspondant à peu près à l'actuel Yunnan) dont la capitale, Dali, située au bord du lac Erhai se trouve sur les contreforts du plateau du Tibet, conquis par Kubilai Khan en 1253.
Le Tonkin en 1257. Cette dernière conquête reste toutefois, selon Jean-Paul Roux, « incertaine et précaire », empêchant une véritable domination de la région.
Möngke charge son frère Houlagou d'établir « les coutumes (rusum va yusum) et la loi (yasa) » des Mongols de l'Oxus à l'Égypte, ce qui implique notamment : l'assujettissement des Lors, un peuple du sud de l'Iran ; la destruction de la secte des Nizârites (dits « Haschichim », « Assassins ») ; la destruction du califat des Abbassides à Bagdad, c'est-à-dire le cœur du monde musulman de cette époque ; la conquête des territoires dirigés par les Mamelouks d'Égypte, qui incluent la Syrie.