Mémona Hintermann-Afféjee, née Mémoona Afféjee le 19 janvier 1952 au Tampon (La Réunion), est une journaliste, grand reporter de télévision et présentatrice de journal française.
Après une carrière sur la chaîne FR3 puis France 3, de 1976 à fin 2012, elle devient membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de janvier 2013 à janvier 2019.
À partir de 2026, elle devient intervenante régulière sur CNews et Europe 1.
Mémona Afféjee est la fille de Cassim Ismaël Afféjee, Indien musulman (Zarabe), commerçant au Tampon, ruiné par ses dettes de jeu et alcoolique, et de Marie-Claire Séry, créole issue d'une famille bretonne originaire de Plougastel-Daoulas, ayant émigré au XVIIIe siècle. Ses parents ne se sont jamais mariés. Sa mère est rejetée par son père pour s'être mise en couple avec un Indien musulman. Elle grandit dans une famille très pauvre, vivant dans une case sans eau ni électricité. Sa mère a onze enfants dont sept ont survécu : Sara, Bène, Mamode, Farouck, Ahmed dit Tati, Mémona et Doudou.
À l'état civil, elle se prénomme Mémona, un prénom musulman. Elle est élevée dans la religion musulmane, allant à l'école coranique, jusqu'à ses huit ans, âge où elle reçoit le baptême catholique au Tampon et se choisit pour prénoms de baptême Marie Andrée Colette.
Après avoir obtenu le baccalauréat au lycée Roland Garros du Tampon, elle remporte en 1971 le concours de l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) à Saint-Denis-de-la-Réunion où elle officie pendant quatre ans. En 1973, elle obtient une maîtrise en droit.
Voulant exercer son métier en France métropolitaine, elle choisit Orléans où elle arrive le 7 septembre 1976 et commence par présenter le journal télévisé régional à FR3-Orléans (aujourd'hui France 3 Centre-Val de Loire) avant de présenter le journal national.
En 1984, Mémona Hintermann devient grand reporter au service Étranger de FR3 et part couvrir la plupart des grands conflits dans le monde ; elle a ainsi couvert la chute du mur de Berlin et les guerres de Yougoslavie. Elle est notamment spécialiste du Moyen-Orient et de l'Afghanistan. En complément, dans les années 1980 et durant l'été 2005, elle présente Soir 3, le journal de seconde partie de soirée de France 3.
En 2007, elle publie une autobiographie, Tête haute, qui relate son enfance à La Réunion dans une famille multiculturelle très pauvre. Entre autres choses, elle y « témoigne vigoureusement de sa foi chrétienne » et y défend les principes sur lesquels elle a bâti sa vie : « méritocratie, respect de la pluralité religieuse, ascenseur social républicain ».
En décembre 2007, elle prend position contre les honneurs accordés au colonel Kadhafi lors de sa visite officielle en France, et affirme qu'en 1984 en Libye, ce dernier aurait tenté de la violer après lui avoir laissé entendre qu'il lui accorderait un entretien.
En janvier 2009, elle publie un ouvrage en collaboration avec son mari, le journaliste allemand Lutz Krusche : Quand nous étions innocents : Un amour franco-allemand. À la même date, elle officie en tant que présentatrice « joker » de France 3, puisqu'elle présente le Soir 3 tout au long de l'été, et comme grand reporter.
Membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel
En janvier 2013, Mémona Hintermann est nommée pour six ans conseillère au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) par le socialiste Jean-Pierre Bel, président du Sénat. Conformément aux règles déontologiques du CSA, elle démissionne de ses fonctions à France 3 pour se consacrer à cette charge.
Pendant, son mandat, son principal combat est celui de la représentation de toutes les diversités françaises à la télévision. Ses sorties médiatiques et son franc-parler font d'elle une personnalité atypique dans le conseil des sages.
Son mandat se termine en 2019.
Après le CSA, retour au journalisme
En 2020, elle fait partie des intervenants réguliers de l’émission La Belle Équipe, présentée par Clélie Mathias. À la même époque, la journaliste Sophie Gastrin, lui consacre un documentaire, diffusé sur Réunion la 1re.
De septembre 2020 à octobre 2022, elle signe, Sans filtre, un édito chaque dimanche dans Midi libre. À partir de septembre 2022, sa chronique est aussi publiée dans les colonnes de La Dépêche du Midi.